CHAPITRE IV
vite et depuis, on a pu retoucher et rajeunir, quant à leur forme et quant aux mots, les textes vieillis ou altérés de l'Ecriture sainte , substituer des araméismes à des locutions moins compréhensibles ou simplement moins agréables et surannées. La substance des ouvrages n'en a pas été atteinte.
Concluons. Les modernes n'ont découvert aucun fait ni aucune raison péremptoire qui autorise à repousser les témoignages des plus anciennes et des plus constantes traditions. Le Kohéleth est donc substantiellement un livre où nous trouverons les pensées , les réflexions , les jugements de Salomon. Alors même que la voix du grand monarque nous arriverait un peu confuse , répétée comme elle l'a été par tant d'échos successifs, elle n'en serait ni moins précieuse ni moins vénérable. Elle éveillerait toujours l'attention et appellerait la méditation des hommes sérieux ; qu'importerait après tout que la sagesse de l'antique synagogue se fût mêlée quelquefois à la sagesse de Salomon? Le livre du Kohéleth n'en est pas moins inspiré.