‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 154 sur 339 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Au culte des morts , en Egypte , était intimement liée la magie ^ Aussi Moïse s'appliqua à détruire la magie au même degré que le culte superstitieux des morts ^. Saûl viola ouvertement la loi en allant consulter la pythonisse d'Endor.

Moïse inspiré savait que, pour ses contemporains , il n'y avait qu'un pas du culte des morts à l'idolâtrie. Les Israélites devaient, croire comme leurs pères, que l'âme est immortelle , et attendre le temps où il plairait à Dieu d'éclairer le mystère. Nulle part, dans le Pentateuque, il ne proposera au sens propre et littéral, mais seulement fîgurativement, la béatitude ou les châtiments éternels aux Hébreux, même pour exciter au bien et alimenter la vertu ^ a Moïse, dit Bossuet, était envoyé pour réveiller par des récompenses temporelles ces hommes sensuels et abrutis. Il était réservé à Jésus -Christ d'inspirer à l'homme des pensées plus hautes , et de

souillure qui ne pouvait s'effacer que par de nombreux sacrifices : « Il a péché , dit l'Écriture , en voyant ce mort , et tout le temps passé depuis sa première consécration lui devient inutile. »

* « L'embaumeur, dit M. Maspero, était nécessairement un magicien, un prêtre en même temps qu'un chirurgien. Tout en macérant les chairs et en roulant les bandelettes , il récitait des oraisons , accomplissait des rites mystérieux, consacrait des amulettes souveraines. »

^ Consulter les magiciens et les devins était regardé par la loi comme une fornication qui attirait la colère de Jéhovah et méritait l'extermination du milieu du peuple (Lev. xx, 6. Cf. xix, 31. Deut. XVIII, 11).

^ Origen. {Contra Cels. c. v, n. 42). Euseb. {In Psalm. i). Ghrysost. {Homil. xvi et xxxii in Matth.). August. {De c/estis Pelag. xiv; Epist. cxx, 2). D. Thomas (apud Suaresium, De lege divina veteri, no 19). — Parmi les théologiens citons seulement Pérère : « Verba divinarum illarum promissionum proprie significant bona temporalia, seterna vero non significant nisi figurative {In Gènes, xv, 27).

lui faire connaître, dans une pleine évidence, la dignité, rimmortalité et la félicité éternelle de son âme. Avant Jésus -Christ, ce que l'âme connaissait de sa dignité et de son immortalité l'induisait le plus souvent à erreur. Le culte des morts faisait presque tout le fond de l'idolâtrie. Tant il est dangereux d'enseigner la vérité dans un autre ordre que celui que Dieu a suivi, et d'expliquer clairement à l'homme tout ce qu'il est, avant qu'il ait connu Dieu parfaitement ^

« C'est pourquoi, ajoute Bossuet, la loi de Moïse ne donnait à l'homme qu'une première notion de la nature de l'âme et de sa félicité, et Dieu n'en a répandu dans les Ecritures que quelques étincelles. C'était au jour du Messie que cette grande lumière devait paraître à découvert. »

Le peuple juif croyait à l'immortalité de l'âme. On l'a victorieusement prouvée L'Ecclésiaste lui-

* Disc, sur Vhist. univ., 11^ p., c. xix. — Voir sur ce sujet le beau livre de M. H. Martin sur la Vie future, ch. ii.

^ Cette question devrait être définitivement jugée. A l'occasion d'une traduction nouvelle de M. J. Halévy de l'inscription phénicienne du tombeau d'Eschmounazar, plusieurs membres de l'Institut ont posé la question de savoir si les anciens Hébreux ont cru à l'immortalité de l'âme. Aux négations de M. Derenbourg et de M. Renan, les plus savants et les plus judicieux ont répondu victorieusement. Nous analysons leurs paroles. « Les livres Sapientiaux de Salomon (Ecclésiaste, Proverbes, Cantique), se conformant aux appréhensions de Moïse j qui craignait de voir la superstition égyptienne envahir son peuple, ont conservé, dit M. Halévy, même dans leurs plus vifs élans, une certaine réserve sur ce qui touche aux destinées ultra -terrestres de l'homme. Ils n'ont point développé le thème de la rémunération des actes, c'est-à-dire celui de la punition du mal et de la récompense du bien. Le peuple hébreu n'a pas cessé pour cela de croire à cette doctrine. Certaines superstitions, comme les offrandes aux mânes et même la nécromancie , en témoignent hautement. Ces pratiques si anciennes, si enracinées, démontrent que la

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