CHAPITRE IX
conclusion s'impose à celui qui l'a compris : il faut fuir les séductions inséparables de la femme. « Car, dit-il, la sagesse, je l'ai rencontrée dans un homme entre mille; mais, parmi les femmes,- jamais : » Virum de mille unum reperi, mulierem ex omnibus non inveni ^
Les commentateurs signalent tous ici l'hyperbole, et, au lieu de serrer d'aussi près le texte que nous l'avons fait, ils le paraphrasent avec une bienveillante charité. Salomon parle de son expérience particulière, du temps où il a vécu, des compagnies qu'il a fréquentées. Il serait absolument injuste et faux de convertir en fait général les mauvaises rencontres d'un homme. Les femmes dont parle Salomon étaient celles qu'il nourrissait dans ses palais et ses jardins. Au reste, il ne déclare pas que toutes étaient perverses, et de nombreux commentateurs avancent que ce qu'il leur reproche , c'est de n'avoir pas trouvé en elles ce qui était capable de l'édifier toujours et en tout et de fortifier sa vertu. Il n'en a pas rencontré qui fussent exemptes de toute vanité. Salomon ne parle point des saintes femmes de la Bible ; il ne parle point surtout des femmes chrétiennes qui pratiquent toutes les délicatesses de l'Evangile.
Toutefois Salomon a parlé avec une énergie bonne à méditer par tous les hommes et à toutes les époques.
§ V. Peinture de la vieillesse.
Ce que nous avons dit jusqu'ici de l'Ecclésiaste suffit pour en donner une exacte idée. Il nous pa-
^ Eccle. VII, 22-29.
raît superflu d'en pousser plus loin l'analyse , d'autant plus que la variété et la succession des sujets, dont l'un n'appelle pas l'autre, rend le travail difficile.
Nous devons renvoyer le lecteur au livre luimême : il verra que toutes les pensées rentrent dans le cadre général que nous leur avons assigné. C'est toujours l'imperfection de reff"ort humain et son impuissance , au sein de la nature considérée en elle-même.
Toutefois nous ne voulons point priver le lecteur d'un morceau littéraire qui se recommande à plusieurs égards et qu'on aime à citer. C'est le tableau, la peinture des caducités du vieillard.
Cette peinture est une allégorie bien capable de nous faire comprendre le goût des Orientaux pour les jeux d'esprit, concetti. La vieillesse comparée à une vieille maison réjouirait aujourd'hui encore les Arabes par tout ce qu'elle renferme de subtil, de fin, de suivi et d'heureux.
Nous paraphraserons ici la sainte Ecriture ; et même nous le traduirons librement, sans toutefois nous écarter du sens général de la Vulgate. Car le texte est une énigme, et dans sa brièveté et sa nudité il serait incompréhensible à la plupart des lecteurs. La beauté comme l'agrément du morceau disparaîtraient entièrement.
« Réjouis -toi, jeune homme, dans ton adolescence, que ton cœur goûte le bien au jour de ta jeunesse... Mais sache que Dieu sur toutes choses t'appellera en jugement. Souviens-toi de ton Créateur aux jours de ta jeunesse. »
(( Jeune homme, arriveront pour toi les jours de la vieillesse et de l'affliction et les années .dont tu