‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 177 sur 339 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Noms et définition des Proverbes de Salomon; leur forme. — Antiquité des proverbes. Les proverbes chez les Égyptiens, les Grecs, les Romains, etc. — Les proverbes chez les Hébreux. — Caractère des Proverbes de Salomon. — Pourquoi Salomon écrivit les Proverbes. — Son peuple et ses rapports avec les nations étrangères.

Le livre des Proverbes, appelé en hébreu ''Sxya, mislé, en grec, 7uapotp,tat, et par la Vulgate, Proverbia, c'est-à-dire similitudes, paraboles, est un recueil de sentences rythmées, exposant les enseignements de la sagesse et les règles de la vie. Ces sentences répondent en partie à ce que les Grecs appelaient yvoj(i,ai, maximes courtes et populaires, faciles à graver dans la mémoire, et assimilées aux dictons que le peuple a sur les lèvres, aux proverbes.

Les Pères de l'Eglise ont donné au livre de Salomon la qualification de IIocvàpeToç, Panarète, pour indiquer qu'il est un traité de morale presque complet. Quelques-uns, d'après Méliton de Sardes, l'appelaient aussi Socpt'a, la Sagesse. C'est sous ce

dernier nom que l'Eglise a continué de désigner les Proverbes dans sa liturgie.

En réalité, les Proverbes correspondent à ce que nous nommons des Pensées, comme les Pensées de Pascal, de Joubert, de Maine de Biran, sauf, bien entendu, le caractère inspiré et le rythme de l'œuvre de Salomon.

La poésie sentencieuse ou gnomique fut la première poésie didactique et resta toujours chère aux Orientaux. Elle consiste en aphorismes, en apophtegmes, parfois en phrases énigmatiques , en sentences rapides et ailées. Chez Salomon, les Proverbes sont une suite de maximes morales , pleines de sens et de poésie, et affectant l'antithèse ou la synonymie.

Ils forment communément un court verset composé de deux membres de six ou sept mots : trois ou quatre mots dans le premier membre du distique, et trois dans le second. Les deux membres de la phrase sont mis en regard suivant les règles du parallélisme; et, dans son analogie ou dans son opposition, un des membres correspond mot pour mot à l'autre. Par exemple :

Un fils sage réjouit son père , Un fils insensé centriste sa mère.

Ordinairement les Proverbes sont placés les uns à côté des autres sans suite, sans rapport d'idées et même de nuances. D'autres fois, deux, trois versets développent une même idée.

L'auteur, quant à la distribution des Proverbes, à leur rang, à leur place , s'est donné une grande liberté.

En Orient, le proverbe s'est élevé à la hauteur

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