‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 183 sur 339 · LES PROVERBES — LEUR AUTHENTICITÉ · texte numérisé non relu

LES PROVERBES — LEUR AUTHENTICITÉ

I. L'opinion des anciens différait de celle des modernes quant aux conditions de l'authenticité. Le livre des Proverbes en est un témoignage. — IL Autorité du livre. Sa formation. Réfutation de quelques objections contre l'origine salomonienne des Proverbes.

Nous avons souvent dit et nous ne nous lassons pas de répéter que la définition de l'authenticité des livres de l'Ancien Testament n'est point celle de l'authenticité des livres modernes. Ceux-ci, dans l'estimation générale, pour être vraiment authentiques, doivent émaner entièrement de la plume de celui qui les a signés. C'est lui qui distribue souverainement toutes les parties de son ouvrage. D'après les règles admises aujourd'hui, il doit avertir qu'il emprunte toutes les fois qu'il cite textuellement.

Personne ne peut être autorisé à introduire dans le tissu du livre des fragments non seulement d'auteurs étrangers, mais encore de discours et d'autres écrits de l'auteur lui-même. Les textes ne peuvent être remaniés par une main étrangère , transportés , retouchés en quelque manière que ce soit ; les mots sont ceux-là même dont l'auteur s'est servi. Pour que le livre conserve son authenticité, il faut qu'il garde son identité absolue : donc point de retranchements et point d'additions.

Les Juifs et les chrétiens n'ont point autrefois mis cette rigueur dans l'idée de l'authenticité. C'est ainsi que , par le titre qu'ils leur ont donné , ils ont attribué les deux premiers livres des Rois à Samuel et tout le psautier à David. Il leur a souvent suffi qu'un auteur ait écrit la majeure partie du livre qui en porte le nom. Si l'on a inséré dans son texte ou à la suite des discours ou des écrits qui ont paru émaner plus ou moins directement de lui ; si même quelque prophète a commenté, développé, éclairci ce qui avait besoin de l'être , ils ont fait honneur de tout cela à l'auteur principal; et, considéré dans son ensemble , le livre , à leurs yeux , mérite l'inscription qu'ils lui donnent, celle d'un seul auteur : livres de Samuel, Psaumes de David, Proverbes de Salomon *.

* Nous n'appliquons point ceci aux livres des prophètes. Nous parlons surtout des livres de Salomon. Le] Pentateuque a son authenticité spéciale et réservée par les paroles du Concile de Trente. Le grand point pour les Hébreux était que les livres dits de Salomon fussent inspirés de son esprit, et reproduisissent ce que l'histoire lui attribue en prenant principalement en considération sa large part de travail propre et personnel. « Il paraît, dit dom Galmet, que les Proverbes , tels que nous les avons , sont un recueil fait en divers temps et par plusieurs personnes, des sentences ou de différents ouvrages de Salomon rassemblés en un corps par Esdras ou par ceux qui revirent les livres sacrés après la captivité de Babylone, et qui les mirent en corps tels que nous les avons. On y remarque un assez grand nombre de répétitions; ce qui ne serait pas arrivé si une seule personne les eût écrits de suite, ou eût travaillé seule à cette compilation. Enfin des sentences qui se trouvent dans les Septante et dans la Vulgate ne sont pas dans l'hébreu. Elles sont au nombre de douze ou treize et ont été ajoutées au texte latin depuis saint Jérôme. Kimchi a cru qu'Isaïe avait fait le recueil des Proverbes. D'autres le rapportent à Helcias et à Sobna, officiers d'Ézéchias. Il est certain que ce dernier fit faire une collection des plus belles maximes de Salomon et peut-être aussi des autres sages. Mais on ne sait ni quand ni par qui il la fit, ni si nous l'avons sans

Page 1