‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 189 sur 339 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

On doit considérer ces six versets comme un titre explicatif. On trouve des titres analogues dans les plus anciens livres orientaux. Les auteurs aimaient à résumer en quelques paroles le but de leur livre et son contenu.

Gomme pour préparer le lecteur à entendre avec le sentiment de la crainte de Dieu la voix de la sagesse , Salomon fait suivre le titre de ce qui suit :

(( La crainte du Seigneur est le principe de la sagesse. Ce sont les insensés qui méprisent la Sagesse et son enseignement. »

Il se tait aussitôt et cède la parole à la Sagesse, car c'est elle qui parle au verset 8 et aux suivants :

(( Mon fils, dit-elle, écoutez les instructions de votre père ; n'abandonnez pas la loi de votre mère : elles seront un ornement pour votre tête, de riches colliers à votre cou. »

Au verset 1 1 , la Sagesse rapporte les discours des méchants au temps de Salomon. Ils tiennent des propos analogues au fond dans tous les temps, mais avec des expressions très différentes. On voit , par le texte des Proverbes, combien le siècle de Salomon était encore, à quelques égards, barbare, et, malgré les progrès moraux accomplis, combien la vie d'un homme était peu de chose alors. Le brigandage et l'assassinat étaient une profession dont beaucoup ne rougissaient pas*.

« Viens avec nous, disent les méchants à celui qu'ils veulent séduire. Nous avons l'art détendre des embûches et de cacher nos pièges ; nous ne reculons pas devant le sang; nous dévorons nos victimes,

* Cf. Job, I, 15 et 17. En Italie, dans lesCalabres, il y a eu longtemps des bandes de brigands organisées, en révolte contre les lois et persistant en dépit des gendarmes.

comme Tenfer ensevelit les vivants; toutes sortes de richesses tombent entre nos mains; nous remplirons nos maisons de dépouilles ; entre en société avec nous; n'ayons tous qu'une même bourse*. »

Tout le reste du morceau capital que nous analysons est la suite de ces deux invitations contraires. La Sagesse aura le plus souvent la parole pour combattre et flétrir la doctrine des méchants. Tandis qu'elle, et elle seule, conduit au bonheur, les méchants mènent à la ruine. Il faut l'écouter ; on est sans excuse si l'on est sourd à sa voix : elle fait retentir partout ses paroles. Malheur à celui qui ne veut pas l'entendre ! Elle est terrible pour ceux qui la dédaignent. Ils la chercheront, ils ne la trouveront plus ^

Puis viennent les conseils qu'elle donne et les doctrines qu'elle professe. Il faut se défier de soi, ne pas s'étonner des épreuves, et même des corrections que Dieu nous ménage pour nous avertir. La Sagesse récompense par une longue vie , par le bienêtre et la paix. Il faut être juste et bienfaisant, marcher fidèlement dans la route droite où elle fait entrer : le sentier des justes est comme une lumière qui s'avance et qui croît jusqu'au jour parfait; le méchant, lui, ne sait où il se précipite^.

Il faut garder son cœur , éviter la médisance , prévoir et regarder à ses pieds. Il faut surtout se défier de la femme , il faut la fuir ; elle dévore le bonheur et la richesse. Elle mène aux regrets, aux remords, à la honte. Que l'homme reste chez lui, et se contente du bonheur que procure une bonne épouse.

^ Prov. I, 41-44.

2 Prov. I, 45-28.

3 Prov. II.

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