CHAPITRE IV
l'étranger qui l'observe ; père et tuteur plein de sollicitude en présence des besoins d'Israël menacé de subir les entraînements de la fortune et du luxe ; docteur entre tous, imposant l'admiration à ses voisins; FEcclésiaste d'Israël, donnant à son peuple des enseignements utiles, prenant la peine de les formuler, de les prêcher, de les écrire de sa plume royale , persuadé que nul parmi ses sujets ne le fera aussi opportunément et aussi efficacement. Car chacun des proverbes se recommandera par son origine , par son sens et par sa forme. On les recherchera, on les méditera, et si par hasard on les discute, il faudra s'en féliciter, car on les approfondira, et on en goûtera mieux la sagesse. L'étranger s'inclinera devant la suprématie du royal maître en sapience et reconnaîtra la souveraineté de sa parole, comme il a reconnu la souveraineté de son sceptre. Jéhovah sera glorifié bien au delà des frontières de son peuple, et Israël sera enseigné. Ainsi se découvre le but des Proverbes salomoniens.
Ce que les exégètes appellent le premier grand recueil s'étend du chapitre x au verset 17 du chapitre XXII. La doctrine repose sur le décalogue, résumé divin du devoir et de l'honnêteté, comme une colonne sur ses bases. Salomon s'adresse tour à tour aux hommes et aux femmes , aux pères et aux mères, aux riches et aux pauvres, aux jeunes gens et aux vieillards, aux rois et aux sujets.
Conformément à l'économie de la Providence qui, sous la»loi de Moïse, stimule la pratique du bien par les récompenses temporelles \ on remar-
* In illo Testamento quod proprie vêtus dicitur, non invenitur promitti apertissime, nisi terrena félicitas. (August. De gestis Pelagii, XIV.)
quera dans les Proberbes le soin que l'auteur y, a mis de montrer que le Dieu d'Israël est juste, qu'il récompense les amis de la sagesse par la fortune, la longue vie et toutes sortes de bénédictions , comme l'estime des hommes, et même la gloire, en un mot, par tous les biens qui figurent les récompenses éternelles. Les dieux syriens , au contraire , au dire de leurs prêtres et comme ces prêtres, étaient aussi ingrats qu'exigeants.
La vertu , dans les Proverbes , apparaît un devoir sans doute , mais aussi le moyen le plus sûr de vivre heureux ici -bas. La perspective des avantages qui résultent d'une vie sagement réglée et des inconvénients qui suivent le péché, n'est-ce pas encore aujourd'hui pour un grand nombre l'aiguillon le plus puissant pour exciter à la pratique de la vertu?
D'ailleurs Salomon écrivait sous la loi ancienne, et dans son livre il n'expose pas la théorie de la morale , mais sa pratique. S'adressant au commun des hommes, il développe les considérations les plus accessibles au commun des hommes, celles qui agissent le plus efficacement. Outre qu'il ne met pas l'excellence de la vertu dans les avantages temporels qui la suivent, personne ne niera qu'il prêche une justice intérieure, vraie, sincère, pratiquée en vue de Dieu, dans le sentiment de la dépendance de l'homme à l'égard du Créateur. Ne pourrait-on pas aussi conclure d'un assez grand nombre de proverbes que Salomon parle de récompenses et de punitions ultra - terrestres ? Des auteurs Tout pensé, entre autres Spiess *.
* Entwickelungsgeschichte der Vorstellungen vom Zustande nach dem Tode. Voici l'indication de ces passages : ii, 18; m,