‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 196 sur 339 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

gères, et ton cœur laissera échapper des paroles dérégflées. Tu seras comme un homme endormi et seul dans une barque au milieu de la mer, comme un homme endormi au sommet d'un mât. Tu diras : qu'importe? Ils m'ont battu, mais je ne l'ai point senti; ils m'ont frappé, mais je ne m'en suis pas aperçu. Quand me réveillerai-je , pour pouvoir boire encore ' ? »

Beaucoup de commentateurs s'accordent à voir dans le troisième recueil un appendice contenant des proverbes d'origine salomonienne sans doute, mais des proverbes dilués, des proverbes ayant souvent dans leur cours, comme les monnaies, perdu leur relief.

Quatrième recueil.

Gomme le précédent, ce quatrième recueil du livre des Proverbes de Salomon commence par un titre qui, selon nous, en attribue, c'est le senti-

* L'ivrognerie était la grande passion des Égyptiens. Dans les peintures qui retracent les scènes de leurs réunions de plaisir, les artistes se sont même assez souvent amusés à figurer des dames de qualité obligées de recevoir l'assistance de leurs esclaves dans le trouble d'estomac que leur causait l'ivresse. (Cf. Lenormant, op. cit. y t. III, p. 65.) Les moralistes s'élevaient fortement contre ce vice honteux. Rapprochons un passage de leurs livres du passage des Proverbes que nous venons de citer : « Ne sois pas glouton , dit Ani à son fils; ne remplis pas ton ventre à ne plus pouvoir tenir ferme : c'est pour un autre bonheur que je t'ai donné l'existence. Ne t'échaufle pas dans la maison où l'on boit la liqueur enivrante; évite toute parole révélatrice du fait du prochain qui sortirait de ta bouche et que tu ne saurais pas avoir dite. Tu tombes d'ivresse, les membres brisés ; personne ne te tend la main ; ils se lèvent et disent : « Ote- « toi de là, homme qui as bu. » On vient te chercher pour parler affaires; on te trouve gisant à terre, semblable à un petit enfant. ^ {Ici., p. 143.)

liment commun, la rédaction dernière aux Sages. Car les paroles du texte * doivent, nous le pensons, être ramenées au sens suivant : « Voici encore des proverbes qui nous viennent des Sages. »

La doctrine et les leçons de cet appendice répondent exactement aux enseignements des recueils précédents. L'ensemble est dWigine salomonienne ; Delitzsch le reconnaît quand il dit de ces proverbes : « Ce sont des échos mourants de la sagesse de Salomon. »

Cinquième recueil.

Nous arrivons au cinquième recueil. En voici le titre : « Les paraboles suivantes sont aussi de Salomon ; elles ont été recueillies par les serviteurs d'Ezéchias, roi de Juda. »

Ce titre jette une grande lumière sur la composition du livre entier que nous étudions. Il est donc vraiment composé de recueils divers de proverbes puisés à la grande source salomonienne, à celle des 3 000 mislé composés par le fils de David. Mais ces proverbes n'avaient pas été écrits : on les retrouva dans la mémoire des anciens , sur les lèvres du peuple ; ou bien , s'ils ont été conservés écrits , ils étaient au loin semés et dispersés comme les feuilles sibyllines. Nous sommes en présence de proverbes recueillis et sauvés par les Sages du temps d'Ezéchias. Trois cents ans déjà s'étaient écoulés depuis que Salomon les avait composés. Ils avaient

^ Prov. XXIV, 23. — î3>oDnb, Lachkamim, peut signifier des sages oupour les sages. La Vulgate embrasse ce dernier sens : Hœc quoque sapientihus.

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