‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 197 sur 339 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

été dits et redits , copiés et recopiés ; à cause de cela, ils avaient beaucoup perdu de la pureté de leur forme et de la vivacité de leur allure. C'étaient bien les Proverbes de Salomon, mais appesantis, pour ainsi dire , comme l'homme l'est par les surcharges des graisses et des chairs , quand sont loin déjà les jeunes années et que l'on a perdu, comme dit l'Ecclésiaste , sa taille de sauterelle.

Tous les commentateurs remarquent que les maximes sont moins courtes , moins prégnantes , si nous osons rajeunir cette expression de la langue. A cause de cela , quelques auteurs ont pensé que ces proverbes étaient le fruit du travail de Salomon devenu vieux. La plume comme le corps s'appesantit avec le temps. Il est toutefois plus naturel dépenser que les proverbes du temps de Salomon s'étaient peu à peu modifiés dans leur expression et embarrassés de surcharges. On diluait un proverbe, qui devenait deux ou trois versets, ou bien on en mettait deux ou trois plus ou moins mutilés dans une phrase allongée. On croit que plusieurs proverbes ont été allongés, d'autres, en plus grand nombre, ont été condensés dans un seul, et qu'il se pourrait que les 500 proverbes qui nous restent reproduisissent en entier la substance des 3000 proverbes de Salomon.

Les sentences recueillies par les Sages d^Ezéchias mettent en lumière les règles que nous devons suivre dans nos rapports avec le prochain et surtout avec les amis. Les amis médisants et paresseux à servir leurs amis y sont flagellés. Là encore on trouve la préoccupation des habitudes et des devoirs des rois, particulièrement à la fin du chapitre xxvii : tant il est vrai que Salomon ne parlait pas seulement pour Israël, mais aussi pour les peuples

étrangers. Partout apparaissent des maximes de sagesse qui , exprimées dans de fortes images , étaient de nature à se graver profondément dans les esprits. Ce sont ces maximes recueillies au temps d'Ezéchias qui forment ce que les commentateurs appellent le second grand recueil des Proverbes.

Sixième recueil.

A la fin du cinquième recueil , apparaissent trois appendices qui semblent des additions complémentaires. Ils forment la fin du livre des Proverbes.

Le premier (chap. xxx) se distingue nettement des proverbes recueillis par Ezéchias. Il porte un titre qui a fort embarrassé les commentateurs. Le texte hébreu est celui-ci : « Paroles d'Aghur, fils de Jaké ; discours de l'homme à Ithiel et Ukal * » .

* Le texte massorétique , tel qu'il est ponctué, doit être littéralement interprété de la manière suivante : « Paroles d'Aghur, fils de Jaké. Discours de l'homme à Ithiel , Ithiel et Ukal. » Ithiel et Ukal seraient ici considérés comme les fils d'Aghur, et nous aurions, au chapitre xxx, un discours qu'Aghur leur aurait adressé. Cette traduction , qui paraît très littérale , est néanmoins combattue par les meilleures raisons. On ne sait pourquoi le nom d'Ithiel serait répété deux fois. Les Septante et la Vulg-ate se sont refusé à cette traduction; ils ont cru découvrir dans les mots qui, dans le texte massorétique , paraissent des noms propres , le sens de congregantis et vomentis, et ils appliquent allégoriquement le mot de vomentisj « qui répand les vérités, » à David, et le mot de congregantis, « qui assemble le peuple pour l'instruire, » à Salomon. Il est douteux que les Septante et saint Jérôme aient été absolument satisfaits de leur traduction, et qu'ils aient estimé résoudre définitivement le sens qui se cache sous les mots Aghur, Jaké, Ithiel et Ukal. — Les commentateurs modernes n'ont pas craint de se livrer à des conjectures hasardées et de modifier gravement en plusieurs points la version des Massorètes, pour y substituer un texte meilleur à

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