‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 199 sur 339 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

qui maudit son père et qui ne bénit pas sa mère, de la race qui exalte sa sainteté et qui n'a pas lavé son impureté ; de la race au regard orgueilleux , aux yeux superbes et pleins de hauteur ; de la race dont les dents sont des épées , et dont les morsures sont un poignard, qui dévore les malheureux de la terre et supprime les pauvres du nombre des hommes ^ »

Le discours d'Aghur tourne ici à l'énigme. Il en propose plusieurs très dignes d'attention. Elles sont des spécimens des énigmes que les rois et Salomon échangfeaient entre eux. Plusieurs donnent à la fois l'énigme et le mot de l'énigme. Si on supprime celui-ci, on aura une idée juste des luttes et des provocations, j'oserais dire des tournois entre les rois du temps de Salomon dans le domaine de l'esprit. Voici une énigme sans le mot :

a L'alouka a deux filles appelées : Apporte , Apporte ^ »

Bossuet a voulu résoudre le problème, et il a trouvé que les deux filles de l'alouka sont l'usurier et la femme débauchée.

Voici des énigmes qui portent avec elles leur mot :

(( Je sais trois choses insatiables , et une quatrième qui ne dit jamais assez : l'enfer, le sein de la femme, la terre qui n'est jamais rassasiée d'eau, et le feu qui ne dit jamais : Assez, assez ^.

* Prov. XXX, 6-14.

^ Prov. XXX, 15. L'hébreu npnbs, alouka, est traduit par pSéXXr,, sangsue, dans les Septante, et par sanguisuga, sangsue, dans la Vulgate. D'après les targumim , l'alouka tourne autour des hommes et leur suce le sang. C'est sans doute ce que les Indiens appellent galouka : elle habite les cimetières et se nourrit de la chair et des os des morts. larchi voit dans l'alouka l'indication du schéol. Nous croyons que alouka exprime un démon femelle qui a deux filles.

^ L'Hitopadésa (édition Lassen, p. 66) exprime, sous d'autres

« Trois choses me sont difficiles à décrire, et la quatrième m'est entièrement inconnue : la trace de l'aigle dans l'air, la trace du serpent sur la pierre , la trace du navire au milieu de la mer, et le mystère de la génération. »

Le lecteur peut voir la suite des énigmes jusqu'à la fin du chapitre.

L'énigme , plus encore que le proverbe , au temps de Salomon , était un des moyens les mieux trouvés d'enseigner la sagesse et d'intéresser à ses austères leçons.

En relatant les énigmes, l'Ecriture poursuivait deux buts : celui de nous instruire assurément , mais aussi celui d'apporter une nouvelle preuve de la grande perspicacité de Salomon , roi entre tous les rois, Sage entre tous les Sages, poète entre tous les poètes, et toujours quand il est comparé à ses émules, facile princeps. C'était en outre un grand devineur d'énigmes, comme un grand justicier. La perspicacité et la finesse sont encore aujourd'hui un titre incomparable de gloire parmi les Arabes.

Septième recueil.

Ce recueil a pour titre : « Paroles du roi Lemuel, vision par laquelle sa mère l'a instruit. »

images, la même idée d'avidité et d'insatiabilité. «Le feu ne peut pas se rassasier de bois ; les fleuves ne pourraient étancher la soif de l'Océan ; la vie de toutes les créatures ne pourrait satisfaire le dieu de la mort; les belles ne peuvent pas se rassasier d'hommes. » (Traduction de Lancereau.) Il se pourrait, selon les commentateurs allemands, qu'Aghur, puisque Massa, ville dont sa mère aurait été princesse, n'était pas très éloignée de la Perse et des contrées indiennes , ait eu connaissance de la galouka de l'Inde, d'autant plus que Massa se trouvait sur la route des caravanes des Sabéens et des Indiens.

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