CHAPITRE V
ticilis, et non sapientia participât^. Que le lecteur nous permette aussi, afin de lui faire comprendre toute notre pensée , d'ajouter une seconde observation.
Nous n'entendons pas que la Sagesse, attribut essentiel de Dieu, appartienne en propre à l'une des trois personnes. Toutefois, comme la sagesse de Dieu s'est surtout manifestée par le Fils , on peut dire avec l'Apôtre que le Christ est la sagesse de Dieu : Dei sapientia ^, de même que saint Jean a pu appeler le Fils Verbe, parce que Verhum, Aoyo;. exprime l'intelligence, et que par lui principalement s'est manifestée rintelligence de Dieu , attribut qui est cependant commun aux trois personnes de la Trinité.
La Sagesse personnifiée des Proverbes, telle que l'a caractérisée Salomon , reproduit trait pour trait les caractères du Verbe tels qu'ils sont exposés dans l'évangéliste saint Jean : « Le Verbe était au commencement; il était en Dieu, tout a été fait par lui; en lui était la vie, vita, et la vie était lumière. » La Sagesse personnifiée des Proverbes, elle aussi, était en Dieu, in principio, dès le commencement : Dominus possedit me in iniiio viarum suarum, antequam quidquam faceret a principio. Nondum erant abj/ssi , et ecjo jam concepta eram. Dominas sapientia fundavit terram. « Tout a été fait par le Verbe. » Tout a été fait avec la Sagesse : Cum eo eram cuncta componens. « Le Verbe était la vie ; » la Sagesse aussi est la vie : Qui me invenerit, inveniet vitam, et hauriet salutem a Domino... Ipsa est
vita.
^ I Cor. 1 , 24 et 30.
(( Le Verbe était la lumière, et ce qui était en dehors de lui était ténèbres. » Les commandements de la Sagesse sont lumière, et en dehors d'elle il n'y a que ténèbres. Elle compare ses sentiers à une lumière brillante, quasi lux splendens.
« Le Verbe est descendu sur la terre, il a habité au milieu de nous : » Et Verhum caro factum est, et habitavit in nohis. La Sagesse aussi est venue sur la terre pour instruire les hommes. Comme le Christ, elle a dit : 0 viri, ad vos clamito^ et vox mea ad filios hominum. Tout le monde n'a pas voulu entendre le Verbe ni le recevoir : Et sui eum non receperunt. Les méchants n'ont pas voulu non plus entendre la Sagesse; ils l'ont haïe; ils ont aimé la mort : Omnes qui me oderunt, diliqunt mortem.
Le Christ envoyait ses Apôtres : la Sagesse a envoyé ses servantes. Comme le roi de l'Evangile, elle a invité à un banquet mystérieux préparé pour tous; comme le Christ à la Cène, elle a dit aux conviés : « Venite, comedite panent meum, et hihite vinum quod niiscui vobis. »
La ressemblance de la Sagesse des Proverbes de Salomon avec le Verbe fait chair de l'Evangile nous semble complète, et nous concluons à l'identité de l'une et de l'autre. Sous deux noms se cache une même personne : Dieu le Fils.
Salomon, comme David, a donc vu dans ses ardentes prières, dans les visions mystérieuses ménagées aux prophètes, le Messie appelé par tant de désirs; à travers les siècles, il a vu son règne dans celui de la Sagesse.
Admirons une fois de plus les corrélations que Dieu seul pouvait établir entre la personne des prophètes et le Messie, entre leurs œuvres et les