‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 209 sur 339 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Augustin, nous donnerons une idée des enseignements magnifiques que les Pères des premiers siècles, que tous les docteurs, jusqu'à saint Thomas et Bossuet, ont puisés dans l'idée et dans la notion du Verbe -Sagesse considéré d'après les saintes Ecritures et la tradition. On y verra que l'identification du Logos et de la Sagesse ne faisait pas question pour eux.

Au commencement, // principio , in principio^ de toute éternité, disent-ils. Dieu était, et il était à lui-même son lieu, son monde et toutes choses. Seul par rapport au monde, qui n'existait pas, il n'était pas seul en lui-même; car il avait en lui son Verbe ou sa Raison et sa Sagesse. Lorsque le moment fut venu où il voulut créer toutes choses, il proféra ce Verbe, cette Raison, cette Sagesse; ou encore, conformément à sa volonté, ce Verbe qui était en lui sortit de lui. Alors , de concert avec son Verbe, sa Sagesse ainsi proférée, mais qui demeurait toujours en lui, il forma et ordonna toutes choses ^

L'on voit donc clairement distingués chez les Pères deux états du Verbe : le Verbe Sagesse créatrice, le Verbe Sagesse communiquée : l'un avant la création, l'autre dans la création. Dans le premier état, le Verbe, la Sagesse, est avec le Père et délibère avec lui ; dans le second , la Sagesse se répand au dehors par la création et dans la création.

Bossuet résume en deux lignes toute cette doctrine : « La Sagesse, éternellement conçue dans le

^ Justin. Apol. II, VI ; Bial. n. 62. Tatian. Orat. v. Tert. Advers. Prax. V, VI. Cf. Ginoulhiac, le Dogme catholique, I^e part. 1. XII,

Page 1