C. VII
372 LES ÉCRITS DE SALOxMON
sein de Dieu, dit- il, avait été créée en quelque façon lorsqu'elle s'était imprimée et, pour ainsi dire , figurée elle-même dans son ouvage... En cette sorte, outre la Sagesse créatrice, on reconnaît dans l'univers une sagesse créée et une expression si vive du Verbe de Dieu , qu'on dirait qu'il s'est transmis lui-même tout entier dans son ouvrage, et que cet ouvrage n'est autre chose que le Verbe produit au dehors *. »
Le sens littéral du texte hébreu du chapitre vu des Proverbes , rendu fidèlement par la Vulgate , désigne donc la personne du Verbe elle-même, qui sous le nom de Sagesse de Dieu préside à l'organisation du monde. Tous les interprètes catholiques sont d'accord sur ce point. Saint Augustin explique ce nom de Verbe, donné par saint Jean à la Sagesse des Proverbes , par ce fait que le Verbe est la manifestation de la sagesse de Dieu le Père *.
« Il y a en Dieu, continue Bossuet, une Sagesse essentielle qui , étant primitivement et originairement dans le Père, le rend fécond pour produire dans son sein cette Sagesse qui est son Verbe et son Fils, le bouillonnement, pour ainsi dire, de la première effusion de son cœur ^ Salomon, par des comparaisons, cherche à nous faire entendre une génération qui n'altère point ni n'entame la substance, et, dans le Père et le Fils, une distinction qui n'en ôte point l'unité. La Sagesse, dit-il, sortie du sein de Dieu, est la délicate vapeur, la très pure
1 yje Avertissement aux protestants, 1, 72.
2 Vecbum p.utem Patris ideo dictum est, quia per ipsum innotesçit Pater. Illa Sapientia, quam Pater génuit, quoniam per ipsam innotesçit Pater, Vertlim ejus convenientissime nominatur.
3 Elevât, sur les myst., 2« sem., viiie élév.