‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 22 sur 339 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l'état du royaume a la mort de DAVID

Avant d'entrer dans l'histoire du règne de Salomon^ et de dire ses grandes œuvres, il importe de nous rappeler sommairement la part initiale dont la gloire revient à David, et de savoir exactement où finit l'œuvre de l'un et où commence l'œuvre de l'autre. Nous n'offrons ici au lecteur qu'un court aperçu de ce que nous avons développé dans le volume précédent, un résumé que nous estimons nécessaire.

Dieu avait comblé David de dons extraordinaires , soit naturels , soit surnaturels , pour en faire l'instrument providentiel de la gloire d'Israël et de la préparation du règne du Messie.

Quand Dieu veut accomplir une grande œuvre, il suscite ordinairement un homme à qui il inspire ses propres desseins et qu'il dote de toutes les qualités propres à les servir. L'histoire d'un peuple comme le peuple de Dieu, objet d'une Providence miraculeuse, en fournit de nombreux exemples. Dieu, en David, suscita un soldat d'un courage, d'une fermeté, d'un sang-froid, d'un coup d'œil et d'une ténacité extraordinaires. Il suscita en lui un fondateur, un organisateur d'empire aux vues politiques grandes et sûres. Il suscita en David un poète dont il inspira lui-même l'esprit et le cœur. Enfin

il lui donna une âme douée d'une exquise sensibilité, qualité maîtresse par son excellence et sa puissance ; don dangereux si celui qui en est enrichi abaisse son regard seulement sur la terre , mais don fécond si le cœur remonte incessamment à Dieu.

Ce portrait de l'homme se reflète dans son œuvre comme l'objet placé devant le miroir. Voyons d'abord le soldat. Ce que Moïse avait promis au nom de Dieu, ce que Josué n'avait pu assurer, ce que les Israélites au temps des Juges avaient laissé ravir ou compromettre, ce que Saûl tenta vainement, le guerrier David le fît , soutenu par Dieu, qui lui servit d'égide et guida ses armes victorieuses à travers mille dangers. Le guerrier donna à sa nation un territoire respecté des voisins et vaste au delà des espérances. Israël, après les conquêtes de David, sera une nation forte, capable de se défendre et de tenir dans la crainte , non seulement n'importe lequel des peuples voisins, mais encore tous les peuples limitrophes coalisés: Israël aura une patrie magnifique. Il est vrai qu'il n'étendra pas son territoire national au delà des limites que Dieu a tracées : il se contentera des tributs de ses voisins vaincus ; mais il n'en possédera pas moins un des plus riches pays de la terre, et il fera rayonner au loin son influence.

Voyons le fondateur et l'organisateur d'empire.

Gomme fondateur et organisateur, David ne néglige rien de tout ce qui importe à la vie d'une nation. Sur les bases de la loi mosaïque, donnée par Dieu lui-même à son peuple et dont il respecta toutes les prescriptions , il ordonne tous les services d'Etat : culte, armée, finances, justice, travaux publics, relations politiques et commerciales , administration à tous les degrés. On s'étonnerait de tout ce que

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