‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 249 sur 339 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

l'assimilation est difficile. Nous répondons que la Sulamite a eu ses torts; elle n'a pas toujours obéi à la voix de son époux qui l'appelait; elle n'a pas su garder sa vigne ni la blancheur de son teint. Hengstenberg voit ici des fautes graves correspondant aux torts d'Israël. Mais le peuple juif ne pouvait être représenté dans le Cantique des cantiques avec ses infidélités trop réelles et trop fréquentes. Les reproches n'auraient pas convenu au genre de l'épithalame. Gomme un époux qui aime véritablement, Jéhovah voulait louer son épouse sans montrer ses torts et ses imperfections ; il ne pouvait en dire du mal ; l'églogue et la pastorale ne comportent rien de plus que de tendres reproches, et la poésie n'est pas l'histoire.

L'alliance figurative de Jéhovah avec Israël a été l'occasion et l'objet immédiat et prochain du Cantique des cantiques K Elle a formé comme le premier plan du tableau qui se déroulait devant Salomon. Mais l'amour de l'époux et de l'épouse du Cantique des cantiques, dans ses manifestations, dépasse, nous le répétons, même les prévenances et les tendresses de Jéhovah pour Israël. Ici, Salomon, comme David dans les psaumes, chante ce qui ne s'est complètement réalisé que par Jésus- Christ et dans l'Eglise. Si donc on veut voir s'accomplir tout ce que le Cantique des cantiques a chanté , il ne faut pas s'arrêter à l'ancienne alliance; il faut aller à la nouvelle, et comprendre combien Dieu a aimé l'humanité en revêtant la nature humaine , et combien

* Actio hujus carminis est tetatis messianicse... In Cantico agere et loqui censenda est antiqua Synagoga , nisi eatenus , quatenus Ecclesia prima est ipsa radix illa sancta perseverans in V. T. (P. Gietmann, Cursus Script. S., auct. Gornely, comment, in Gantic, p. 407).

Jésus-Christ a chéri son Eglise : il l'a aimée jusqu'à la mort et au delà, par le sang qu'il a versé, par les grâces dont il l'a dotée , et surtout par l'Eucharistie.

Osée, prophétisant la substitution de l'Eglise à l'ancien peuple, de la réalité à la figure, et annonçant aussi la conversion d'Israël, s'était écrié : « Alors je vous épouserai pour toujours..., je vous rendrai mon épouse par une inviolable fidélité. Je dirai à celui que j'appelais : Non mon peuple : Vous êtes mon peuple, et il me dira : Vous êtes mon Dieu*. »

§ IL Hymen de la divinité avec la nature humaine.

Salomon, en célébrant l'ancienne alliance de Jéhovah avec Israël, prophétise en même temps une alliance d'un autre genre : celle de Dieu avec l'humanité, union plus étroite que celle de l'époux et de l'épouse dans le mariage, mais dont le mariage est une figure ; c'est une sorte d'hymen, où la nature divine s'unit à la nature humaine dans une même personne. Les théologiens, au moyen âge, appelaient cette union, union physique , parce que le Verbe de Dieu s'est uni personnellement à la nature de l'homme^ à son corps comme à son âme. L'humanité, qu'il a revêtue dans l'Incarnation, est une véritable épouse, suivant cette parole de saint Augustin : « Le Verbe épouse véritablement la chair : c'est une union nuptiale. Le lit des noces est le sein de la Vierge Marie , et de l'union des deux natures dans le Verbe fait chair on a pu dire, et avec plus

. * Os. II, 19,20,24.

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