‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 251 sur 339 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

Ce que l'Apôtre dit ici de l'Eglise universelle, il le dit ailleurs d'une église particulière, de celle de Gorinthe : « Je vous ai fiancés à un unique Epoux, qui est le Christ, pour vous présenter à lui comme une vierge chaste * . »

Enfin le même apôtre insinue clairement que tous les fidèles, c'est-à-dire l'Eglise, sont liés à Jésus- Christ par une union aussi étroite que l'union nuptiale. « Nous sommes, dit -il, les membres de son corps, de sa chair et de ses os ^ »

Saint Jean, dans son Apocalypse, continue d^employer la même image d'époux et d'épouse; il parle des noces de l'agneau^, il montre l'Eglise, la Jérusalem céleste , parée comme une épouse ^ : « L'époux et l'épouse disent : Venez ^ »

Les saints Pères et les commentateurs ne pouvaient manquer d'être frappés de l'analogie que le Nouveau Testament admet entre les sentiments mutuels de l'époux et de l'épouse du Cantique des cantiques , et les sentiments mutuels du Christ et de l'Eglise. Ils élèvent la tendresse du Verbe fait chair envers le peuple qu'il a racheté bien au-dessus de l'amour que Jéhovah eut jadis pour Israël. Israël, disent-ils, n'a été aimé de Jéhovah que temporairement et comme figure ; tandis que Jésus-Christ aime et aimera l'Eglise, qui accomplit toutes les figures, d'une manière permanente et jusque dans l'éternité.

Selon Bossuet, le véritable Salomon du Cantique,

1 II Cor. XI, 2; Cf. I Cor. vu, 34.

2 Ephes. V, 30.

^ Apoc. XIX, 7, 9.

* Apoc. XIX, 8, XXI, 2.

^ Apoc. XXII, 17.

4o4 LES ECRITS DE SALOMON

celui qui, roi, prend un rôle de berger, c'est le Christ quittant le royaume de son Père pour revêtir notre humanité ; cette fille du Pharaon , cette reine quittant le pays de ses pères pour devenir l'épouse du roi et se mettant derrière son époux, c'est la Gentilité , ce sont toutes les nations de la terre se réunissant pour former FEglise. En un mot, le Cantique chante le Verbe de Dieu, la Sagesse des Proverbes s'unissant aux âmes et les aimant, et les âmes, à leur tour, aimant Jésus-Christ.

§ IV. Amour de Dieu éclatant dans l'union du Christ avec les âmes et notamment avec la Vierge Marie.

Le Christ témoigne son affection pour l'Église par la tendresse dont il entoure chaque âme en particulier; et c'est dans les rapports qui s'établissent entre Jésus et l'âme fidèle que l'on reconnaît le mieux l'amour divin pour l'homme tel qu'il est chanté dans le Cantique des cantiques.

Bellarmin veut même que le Cantique ne se rapporte pas tant à l'union du Christ et de l'Eglise qu'à l'union du Christ et de l'âme chrétienne.

C'est aussi l'opinion de saint François de Sales : « Le grand Salomon, dit le saint, décrit d'un air délicieusement admirable les amours du Sauveur et de l'âme dévote, en ce divin ouvrage que, pour son excellente suavité, on appelle le Cantique des cantiques. Et pour nous élever plus doucement à la considération de cet amour spirituel qui s'exerce entre Dieu et nous par la correspondance des mouvements de nos cœurs avec les inspirations de sa divine majesté, il emploie une perpétuelle représen-

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