CHAPITRE JX
contre. Les filles de Jérusalem lui proposent un moyen infaillible de retrouver son bien -aimé : c'est de mettre en liberté les chevreaux et de les suivre. Puisque l'époux a conduit les mères aux pâturages ;, l'instinct naturel guidant leurs petits les mènera vers elles ; ainsi la Sulamite trouvera son époux.
Dès qu'il aperçoit sa bien -aimée accourant vers lui, l'époux s'écrie : « Je te compare, ô mon amie, aux cavales attelées aux chars du Pharaon * . » Tour à tour les deux époux se prodiguent les louanges les plus gracieuses et se promettent mutuellement des présents. L'épouse se jette dans les bras de son bien-aimé , languissante d'amour. Dans sa joie de le revoir, elle tombe de défaillance. L'amour terrestre va rarement jusque-là ; mais l'histoire des saints nous montre les contemplatifs tombant dans l'extase, comme la bergère du Cantique. C'est un caractère de la sainteté de vivre plus en Dieu qu'en soi-même, et d'habiter le ciel par .une constante volonté.
Enfin la bien-aimée s'endort. L'époux, de la main gauche, soutient sa tête appesantie, et de la droite la tient embrassée.
* Les chevaux d'Egypte étaient la grande nouveauté du jour, la grande admiration, à ce moment du règne de Saloraon. On cite ce trait comme indice du temps de la composition du poème. La comparaison ne paraîtra pas étrange , si l'on se représente la Sulamite marchant très vite, et si l'on se rappelle ce que nous avons dit dans la première partie de cet ouvrage ; à savoir que les chevaux de luxe étaient couverts de draperies , de colliers de perles , de broderies , c'est-à-dire des ornements que portait l'épouse, ainsi qu'en fait foi ce verset : « Tes joues sont belles à travers les réseaux de perles; ton cou est beau à travers les colliers. »
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