‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 289 sur 339 · CHAPITRE Xï · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xï

j'ai cueilli ma myrrhe et mon baume. « Et c'est la vérité, dit un Père'; car le Verbe est venu dans son propre jardin, l'humanité, quand il a pris un corps dans le sein de la Vierge et qu'il s'est fait homme. Son corps était un corps mortel, auquel la myrrhe était réservée; mais il exhalait une odeur de baume à cause de son union avec le Verbe très saint. »

« L'époux divin, dit à son tour saint François de Sales, comme berger qu'il est, prépare un festin somptueux, à la façon champêtre, pour son épouse sacrée, lequel il décrit, en sorte que mystiquement il représentait tous les mystères de la Rédemption humaine : Je suis venu en mon jardin, dit-il; j'ai moissonné ma myrrhe avec tous mes parfums, j'ai mangé mon bornai^ avec mon miel, j'ai mêlé mon vin avec mon lait. Et quand fut-ce, je vous prie, que notre Seigneur vint en son jardin, sinon quand il vint en très pures, très humbles et très douces entrailles de sa Mère, pleine de toutes les plantes fleurissantes des saintes vertus? Et qu'est-ce à Notre- Seigneur de moissonner sa myrrhe avec tous ses parfums, sinon assembler souffrances à souffrances jusqu'à la mort, et à la mort de la croix, joignant par celles mérites à mérites, trésors à trésors, pour enrichir ses enfants spirituels? Et comment mangeat-il son bornai avec son miel, sinon quand il vécut d'une vie nouvelle, réunissant son âme plus douce que le miel à son corps percé et navré de plus de trous qu'un bornai? Et lorsque, montant au ciel, il prit possession de toutes les circonstances et dépen-

' Athanas, Synopsis.

2 Bornai, gâteau de miel.

oi4 LES ECRITS DE SALOMON

dances de sa divine gloire, que fit -il autre chose, sinon mêler le vin réjouissant de la gloire essentielle de son âme avec le lait délectable de la félicité parfaite de son corps, en une sorte encore plus excellente qu'il n'avait pas fait jusqu'alors *? »

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