‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 330 sur 339 · ÉPILOGUE o · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE o

être domestique et l'argent. Une plus égale répartition de la richesse, moins de travail et plus de salaire : voilà Tunique préoccupation du pauvre et de l'ouvrier. Les spéculations heureuses, les plaisirs avec les honneurs politiques : voilà la passion des autres.

L'Evangile, en faisant pénétrer au cœur des sociétés le principe de la fraternité des hommes, qui n'ont tous qu'un seul Père et un seul Rédempteur ; le dogme d'un Dieu qui s'est fait homme et a versé son sang pour tous les hommes; d'un Christ qui s'est fait pauvre et a montré une si grande sollicitude pour les indigents, les opprimés, les affligés de toute sorte ; le christianisme , qui affranchit l'esclave et le serf, encourage et bénit le travail et toutes les industries utiles et fécondes ; la charité, la générosité chrétienne, les sollicitudes pour le vieillard, pour l'enfant, pour le misérable à tous les degrés ; tant de ressorts divins mis en jeu pour alléger les épreuves humaines, et qui ont fait dire à Montesquieu : a Chose admirable ! la religion , qui semble ne vouloir conduire l'homme qu'aux félicités futures , fait encore son bonheur sur la terre ; » cette religion dont l'histoire est si solide, la dogmatique si consolante et si admirable, tout cela, on le dirait aujourd'hui, au dédain que l'on témoigne à la religion , à ses ouvriers , à ses œuvres , au lieu d'attirer les esprits à l'Evangile, les en éloigne. Son règne, qui réaliserait les meilleures aspirations populaires , excite des répulsions : tout ce qui le représente est délaissé et même souvent persécuté. Et cependant il ne combat que les cupidités égoïstes, les ambitions dangereuses et l'injustice sous toutes ses formes.

Les progrès qu'il a inlrodiiits font, contrairement à ses intentions, aimer excessivement la terre. La terre, devenue si libérale pour l'homme, concentre et absorbe toute son activité, toute son affection. Par le fait de l'habitude , l'homme se plaît au milieu d'une société qui n'est plus bien dure pour personne, qui est au contraire agréable presque pour tous. On aime l'existence , le pays encore , la famille aussi ; mais malheureusement on n'aime plus que cela. Et, ce qui est un crime, on n'aime rien autant que soimême : la jouissance, le plaisir, en un mot la vie pour soi, telle qu'elle s'offre ou telle qu'on la rêve.

Sans doute, il y a encore de nobles et belles affections, de nobles et belles amitiés, de grands patriotes et de larges cœurs ; il y a des saints dans le clergé , dans les cloîtres , cela va sans dire ; il y en a jusqu'au sein des Babylones modernes , parmi les hommes et les femmes du monde. Mais ce n'est guère qu'une divine originalité, une exception dont on détourne les yeux, une minorité presque sans influence sensible , et cependant aussi redoutée qu'elle est impuissante dans ses généreux efforts. Le cœur, en général, n'a plus d'ailes; il reste sur la terre : c'est l'amour humain dans sa médiocrité stérile. Gomment, dans un ordre social pareil, -voudrait -on étudier avec nous Salomon , voir ce qui se cache ou se manifeste en lui : le Dieu Sagesse et Providence, que l'on nie et dont on croit n'avoir plus besoin; le Christ, que l'on abandonne et dont Salomon était à la fois la figure et le prophète ?

Autrefois, au sein de la souffrance, de la douleur résultant tantôt des privations quotidiennes d'une indigence qui était le sort du grand nombre, tantôt des duretés d'un régime où ceux qui commandaient,

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