‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 47 sur 339 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

nord, semblent s'être coalisés, en ce moment de leur histoire, dans un dernier effort contre Israël, pour échapper à sa domination. C'est ce qui explique comment ils perdirent, sous Salomon, les derniers restes de leur autonomie, et pourquoi ils s'affaissèrent de plus en plus au sein de l'anarchie.

C'est Salomon en personne qui réprima la révolte des pays du nord^ Il conquit Hamath, ville fort importante par sa situation et qui commandait la vallée de l'Oronte ^, et l'incorpora au royaume de Juda. Les autres Chananéens et anciens habitants du pays, plus ou moins indépendants, que ni Josué, ni Saûl, ni David n'étaient parvenus à soumettre entièrement, furent réduits à une sorte de servage % et Salomon demeura le plus puissant des souverains qui se partageaient l'intérieur de la Syrie ^.

En voyant le bonheur avec lequel il triomphait de ses redoutables adversaires, le jeune roi dut s'affermir de plus en plus dans la conviction que le Dieu de son père et de son peuple était avec lui. Si David s'était considéré comme l'instrument de Dieu conduisant, à travers tous les obstacles, sa maison et son peuple à leurs hautes destinées, Salomon, lui aussi , dut être pénétré de ce sentiment qui , depuis Moïse, était la conscience même de la nation, à savoir que le règne messianique se préparait au sein d'Israël, et que cette préparation progressait tou-

1 II Parai, viii. Josèphe, Ant.jucL, viii, 2.

2 Cette ville est souvent mentionnée dans l'Écriture sous le nom de Hamath ou de Emath. Elle se nomme aujourd'hui Hama. Au commencement de ce siècle, Burchkard signala dans ses ruines l'existence d'inscriptions hittites, gravées en relief, qu'on n'a pu encore déchiffrer.

3 IIIReg. IX, 20-22.

• III Reg. V, 7.

jours. Son œuvre était celle de Dieu, et lui n'était qu'un instrument. Cette conviction était inébranlable; elle reposait sur des révélations divines. Il ne s'étonnait plus dès lors du rang élevé d'Israël parmi les peuples de la terre , et de la place honorée qu'il tenait lui-même parmi les rois.

En se rappelant les paroles prophétiques du cantique de son père : Quare fremuerunt gentes; en songeant aux destinées immortelles du trône de David, il se trouvait placé à des hauteurs où rien ne pouvait troubler son âme unie à Dieu dans la méditation et la prière.

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