SALOMON EPOUSE LA FILLE DU PHARAON
Le seul royaume qui, dans les conditions politiques internationales du moment, pouvait arrêter Israël dans le progrès de sa fortune, l'Egypte, allait faire une alliance avec la maison royale de Juda.
Alors régnait dans cet antique royaume la XXr dynastie , résidant à Tanis , au nord du pays , et dont l'autorité sur les provinces asiatiques commençait à déclinera Israël, au contraire, s'élevait incessamment : depuis les jours de Moïse et de Josué , depuis Samuel et Saûl, il avait étendu au loin ses conquêtes et son autorité. Quand le fils de David monta sur le trône, le dernier prince de la dynastie de Tanis, Psousennès*, avait intérêt à ménager le puissant roi d'Israël. Celui-ci voyait tous les jours reculer ses frontières; celui-là les voyait se rétrécir par la formation sur son territoire de royaumes in-
^ Lenormant, op. cit., t. II, 326. « A cette époque, dit M. Lenormant, l'autorité des rois d'Egypte sur les provinces asiatiques commençait d'être bien fictive. Après avoir fait acte de souveraineté et perçu des impôts dans ces provinces, ils n'étaient même plus en mesure d'empêcher sur leurs frontières la formation de nouveaux royaumes. »
^ Chronol. de Manéthon. C'est Psiou-n-Khâ II, suivant Maspero et Lenormant. (V. Lenormant, op, cit., t. II, p. 329.)
dépendants. Psousennès avait besoin de l'amitié d'étrangers puissants.
Or aucun peuple de l'Asie ne pouvait nuire davantage aux intérêts de l'Egypte ou les servir de plus près qu'Israël dominant alors dans une grande partie de l'Orient. Les Philistins avaient perdu définitivement leur prédominance, et même leur influence. Les deux frontières d'Israël et d'Egypte se touchaient. Il fallait se donner la main ou se combattre.
Si on en juge par l'histoire d'Hadad, Psousennès aurait incliné , à un moment de la vie de David , à l'hostilité contre Israël, et plus tard il se serait ravisé. Il accueille avec faveur, sous David, le fugitif Hadad pour s'en servir contre Israël, et, sous Salomon, il refuse au même Hadad la sortie de son royaume et veut le maintenir interné. Il est à croire que, dans les dernières années de David, les rapports des deux royaumes étaient devenus finalement amicaux. C'est alors que durent s'engager entre les deux cours des négociations relatives aux dernières opérations de guerre contre les Ghananéens et au mariage de Salomon avec la fille du Pharaon ^
De ces négociations nous ne connaissons que les résultats. Nous voyons l'Egypte porter secours à Israël et aider Salomon à réprimer les révoltes du sud -ouest, et puis le Pharaon donner à sa fille la forte ville de Gazer.
* Suivant Eusèbe {Prœp, evangel. L IX, c. xxx et xxxi), au but politique que poursuivait Salomon en épousant la fille du Pharaon, s'ajoutait le motif de trouver dans le roi de Tanis un auxiliaire pour la reconstruction du temple. Cet historien nous a conservé des fragments d'Eupolème relatifs aux lettres que s'écrivirent les deux princes à ce sujet.