‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 54 sur 339 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

pour Adonias, fut remplacé dans l'exercice du souverain pontificat par Zadoc *.

Azarias, neveu de Salomon par Nathan, fils de David ^, succéda à son père dans la charge de maître de la maison du roi, major domûs. Il était chef des douze nissabira ou préfets, dont nous allons bientôt parler. Zabud, son frère, avait aussi rang parmi les princes. Particulièrement cher à Salomon, il en était le conseiller secret, le secrétaire intime peut-être, comme Ira le Jaïrite à l'égard de David. Ahisar avait l'intendance ou économat de la maison privée du roi. Enfin Adoram était le surintendant des corvées ^, ou oiinistre des travaux publics , comme nous dirions aujourd'hui. Sa destinée ne fut pas heureuse. Le parti hostile à Salomon lui fit expier, comme il est souvent arrivé pour les favoris des rois, les distinctions et la confiance dont son prince l'avait entouré pendant sa vie. Il paya de sa mort sa collaboration à l'édification des somptueux monuments que les mécontents reprochaient à son maître K

Les douze nissabim, que commandait Azarias, avaient des services divers. Chacun d'eux, dans le district qui lui était confié, était chargé à la fois de recouvrer les tributs destinés à l'entretien de la cour, de faire payer les droits de douane pour l'importation des marchandises ^ , de veiller au bon ordre de son district, à l'exécution des travaux pu-

* D'après Théodoret, Salomon ne pouvait le dépouiller de sa qualité héréditaire de prêtre, et il demeura tel, sans fonctions.

« IIReg. V, 44; III Reg. iv, 5.

^ DD, mas, tributum manibus prœstandum (III Reg. iv, 6; v, 14).

* m Reg. XII, 18.

5 m Reg. X, 15.

blics et à l'observation de la discipline chez les troupes ; ils distribuaient l'orge et la paille aux différents postes de cavalerie*; bref, ils étaient, dit l'Ecriture, intendants sur tout ce qui était en la terre de leur préfecture ^. L'argent monnayé étant inconnu, les taxes se percevaient en nature^, suivant l'usage de tous les anciens peuples et même des Orientaux de nos jours. La levée des impôts était plus lente et plus difficile. Aussi lesnissabim avaient sous leurs ordres des officiers subalternes, qui rappellent les collecteurs de dîmes du moyen âge.

Ils étaient, par leurs fonctions mêmes, de grands personnages du royaume. La liste que nous donne de ces officiers le livre des Rois nomme deux gendres de Salomon : Ahimaas, nissab de la tribu de Nephtali, et Ben-Abinadab, percepteur des impôts dans le Naphat-Dor, l'une des plus fertiles contrées de la Judée , s'étendant des premiers contreforts du Carmel jusqu'à la plaine de Saron \

Chacun des douze districts ne correspondait point à la division par tribus du royaume d'Israël; de même qu'en Egypte, leur distinction était basée sur le produit du soP. Les villes payaient la dîme en produits de leur industrie; les terres arables, en céréales; les terres basses, en bétail. On tenait compte de la plus ou moins grande fertilité du pays et de la nature de ses productions. Le partage en

* m Reg. IV, 28. On sait que dans la Turquie, dans la Perse et dans presque tout l'Orient, il n'y a pas d'avoine. On ne donne aux chevaux que de l'orge et de la paille.

2 m Reg. IV, 19.

3 III Reg. V, 2.

4 III Reg. IV, 7.

^ Lenormant, op. cit., t. III, p. 38.

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