‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 55 sur 339 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

douze sections était basé sur la division de Tannée en douze mois, chacune des douze sections devant entretenir pendant un mois la maison et les écuries du roi * . On ne pouvait se régler sur la division en tribus, la population et les revenus de chacune des tribus étant fort inégaux.

Outre la levée des impôts, les nissabim avaient dans leurs attributions la haute inspection des travaux publics. Cinq cent cinquante officiers étaient spécialement chargés de la direction des corvées, impôt du travail, toujours odieux, même en Orient. Les monuments d'Egypte et d'Assyrie témoignent par leur importance des labeurs imposés aux corvéables par les rois de Tanis, de Babylone et de Ninive. On voit sculptés sur les bas -reliefs qui nous sont parvenus des centaines de manœuvres attelés pour le charroi de pierres immenses.

La corvée, en Egypte, était imposée principalement et presque exclusivement aux étrangers : Israël le savait par une dure et cruelle expérience ^ Les princes, assurés de plaire à leurs sujets, et pour leur faire agréer les monuments les plus somptueux, aimaient à écrire sur les frontispices : « Aucun des indigènes de ce pays n'a peiné pour la construction de cet ouvrage. » Telle est l'inscription que l'on a trouvée souvent gravée sur les temples et les palais des Pharaons ^ Salomon se conforma à cet usage; il ne voulut pas qu'aucun des enfants d'Israël servît comme un esclave, dit l'Ecriture; mais il les réserva pour l'armée et les charges publiques *.

* IIIReg. IV, 7, 27.

^ Exod. II, III, V.

3 Diodor. , 1. I.

^ IIIReg. IX, 22. Il est dit plus haut (III Reg. v, 13) que la

Sous Josué, Samuel, Saûl et David, on n'interdisait pas aux étrangers d'habiter parmi les Israélites : un grand nombre d'anciens habitants du pays, Chananéens ou autres, étaient demeurés fidèles au sol après la conquête. On n'aurait ni pu ni voulu les anéantir. La loi d'extermination portée contre ces peuples ne s'appliquait qu'aux guerriers et aux insoumis : dès lors que les indigènes laissaient Israël posséder en paix la terre conquise, ils n'avaient plus rien à craindre. Leur nombre s'accrut considérablement sous David et Salomon. On suppose qu'on leur adjoignit des populations arrachées à leur patrie après avoir été vaincues. On leur imposa une discipline et les coutumes d'Israël. Ils furent, sous Salomon, traités comme prisonniers de guerre, ainsi que nous le verrons plus tard ^ C'était d'ailleurs une mesure de précaution nécessaire pour prévenir les soulèvements qu'ont souvent occasionnés les différences de races. Les plus faibles, les gens impropres aux travaux trop fatigants, parmi les étrangers, payaient, pour en être exemptés, un tribut au roi.

Sous Salomon , les esclaves , malgré les dures exigences dont ils furent l'objet, bénéficièrent de la douceur relative des lois mosaïques. Jusque dans les

corvée « porta sur tout Israël ». Nous verrons, au chapitre suivant, 30,000 Israélites travailler à la construction du temple , mais comme surveillants, et non comme manœuvres. Il est possible qu'après avoir essayé d'imposer aussi cette charge aux Israélites , Salomon y ait renoncé, à cause du mécontentement qu'elle causait.

1 II Parai, ii, 17 et 18. Leur sort, nous l'avons déjà remarqué, était bien plus doux que celui des esclaves des autres pays. Un grand nombre de ces étrangers revinrent de la captivité avec les Juifs. Les Chroniques les appellent prosélytes (I Par. xxii. II Par. ii, 17), et Esdras, esclaves de Salomon (I Esd. ii, 55 et II Esd. vu, 60^.

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