CHAPITRE XI
fils dans un langage imagé : «. Omnia venerunt scripta de manu Domini ad me ;. C'est Dieu qui est l'auteur de tous ces plans ^ . »
David avait aussi fait l'acquisition du lieu où le monument devait s'élever ; c'était l'aire d'Oman le Jébuséen. La conquête juive n'avait point dépossédé ce riche propriétaire^. Sur la crête du Moriah, au milieu de sa culture , il possédait un large espace où l'on dépiquait le grain sous les pieds des bœufs ^ Tout autour croissaient l'orge et les oliviers. Le prix de 600 sicles d'or, attribué au champ du Jébuséen, indique que la propriété avait une assez grande étendue ^. Une apparition avait sanctifié ce lieu, lors de la peste qui suivit le dénombrement d'Israël "".
David avait eu recours à Hiram pour la construc-
* I Parai. XXVIII, 49 : «Tout m'est venu tracé de la main de Dieu.» Ce qui signifie, disent Théodoret et Procope : « David n'a point tracé les plans d'après des raisonnements humains, où XoycaiJLo; àv- Opcouivo;, mais l'inspiration divine était avec lui. (Theodor. Quœst.in Parai, c. xxviii.) Selon Théodoret et Procope, nul plan ou dessin matériel n'a été communiqué à David, mais Dieu lui a inspiré comment il fallait tracer les plans.
2 Ce fait seul prouve qu'il faut chercher Sion ou la cité de David sur la colline occidentale. Le sommet et une grande partie du mont Moriah étaient des terrains livrés à la culture jusqu'à la construction du temple. Ce n'est donc point sur le mont Moriah que se trouve la cité de [David construite au temps de ce roi, sur les ruines de l'ancienne Jébus, mais bien sur la colline occidentale, appelée colline de Sion.
3 En Orient, c'est toujours dans l'endroit le plus élevé du domaine que l'on place Faire ; là le jvent souffle le plus fort, et enlève mieux les enveloppes des grains ; les hommes et les bêtes ont aussi moins chaud.
4 Cf. II Parai, m, 1; I Parai, xxi, 15-28; II Reg. xxiv, 48-25. Si l'on évalue le sicle d'or à 39 fr. 75 , il faudrait estimer l'aire d'Oman à 23000 francs. L'attelage de bœufs que David acheta en outre lui coûta 50 sicles d'argent, ou environ 440 francs.
^ Il Reg. XXIV, 46; I Parai, xxi, 46.
tion de son palais ; le fils allait imiter le père pour la construction du temple.
Dès les premières années de son règne, Salomon transmit un message au prince tyrien : « Vous savez, lui disait-il, que David mon père n'a pu réaliser, à cause de ses guerres continuelles, le grand dessein qu'il avait conçu d'élever un temple à notre Dieu-. Mais aujourd'hui Jéhovah fait régner la paix et la victoire sur toutes mes frontières. J'ai donc résolu d'exécuter l'œuvre conçue par mon père, et d'obéir à la parole que Jéhovah lui a dite : «. Votre fils qui vous succédera sur le trône aura la gloire d'édifier un temple à mon nom. » Veuillez donc, ô roi, donner des ordres à vos serviteurs, pour qu'ils abattent sur la montagne du Liban et préparent les bois de cèdre, de citronnier et de pin qui me sont nécessaires. Mes ouvriers se mettront aux ordres des vôtres ; car personne mieux que les Sidoniens ne sait travailler le bois. Je donnerai à vos serviteurs la rémunération que vous aurez vous-même fixée. Choisissez aussi un artiste qui puisse être à la tête des ouvriers déjà réunis par mon père à Jérusalem , pour surveiller la fonte et la ciselure de l'or, de l'argent et de l'airain, et diriger la fabrication des tentures de pourpre, d'écarlate et d'hyacinthe. Enfin, ô prince, souvenez-vous que j'ai besoin de tout votre concours le plus bienveillant ; car cette maison doit être grande, parce que notre Dieu est grand par -dessus tous les dieux. Qui jamais aura la puissance de lui bâtir une maison digne de lui ? Le ciel et les cieux des cieux ne peuvent le contenir; qui suis-je, moi, pour lui élever une demeure ? Aussi n'est-ce que pour brûler de l'encens devant lui. » Hiram , flatté du message de Salomon , lui répon-