‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 62 sur 339 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

rent deux ravins profonds : celui du Cédron à l'est, celui de Hinnom au couchant, et dont le point de rencontre est au sud même de la ville. La cité n'était donc facilement accessible de plain-pied que par le nord.

Un troisième ravin, appelé par Josèphe le Tyropœon ou vallée des Fromagers, et qui semble avoir été nommé le Mello sous les rois, partage à son tour en deux parties inégales, du nord au midi, cet éperon ou plateau. La colline occidentale était l'antique Jébus : elle prit sous David le nom de Cité de David ou mont Sion. La partie orientale, plus étroite et plus longue, porte à sa partie septentrionale le nom de Moriah, et à sa partie méridionale, qui forme une pente assez douce vers la jonction des trois ravins du Hinnom, du Tyropœon et du Cédron, le nom d'OpheP. Vers le Cédron, le roc, dont le pied est maintenant caché sous des éboulis , descendait autrefois presque à pic ; vers le Tyropœon , sans être aussi raide , la roche était cependant infranchissable. Les pentes d'Ophel, moins rapides, permirent aux Israélites d'y disposer des terrasses, où s'étageaient des demeures dont la principale fut le palais de Salomon. Au nord de ces

* De nos jours, on veut que ce soit cette colline qui ait été Sion, la Cité de David, pour cette raison que c'est la colline du temple que l'Écriture désigne quand elle parle de Sion. Pourquoi ne pas admettre que le nom de Sion désigne tout l'ensemble de la cité, comme les auteurs dont nous parlons l'avouent eux-mênies? (Perrot, op. cit., p. 163.) La colline occidentale est beaucoup plus élevée et dépasse de 38 mètres le sommet du Moriah; elle répond le mieux à l'idée que nous pouvons nous faire d'une acropole toute primitive. Nous suivons donc les anciennes dénominations, avec M. de Vogué {op. cit.) et Thenius {Das vorexilische Jérusalem) . Si ce dernier n'a pas vu les lieux, c'est peut-être lui qui a le mieux étudié les textes,

terrasses et les dominant, le temple couronnait le sommet du Moriah, dont Ophel n'est qu'un prolongement ^ .

On devine dès lors les travaux qu'il fallut entreprendre pour obtenir, sur cette cime escarpée, une surface plane assez spacieuse pour placer l'édifice et ses grandes dépendances.

La cime du Moriah n'offrait guère qu'un espace d'une centaine de mètres en long , sur trente de large. A son sommet, nous l'avons dit, était l'aire d'Ornan le Jébuséen. Ce fut autour de ce point central que rayonnèrent les constructions sacrées.

Pour agrandir la place et égaliser le sol, il fallut d'abord élever, à l'est et à l'ouest, du fond des deux vallées, un massif de maçonnerie, et remplir de terre l'intervalle laissé entre les murs et les déclivités du Moriah. Au nord, le rocher servit de muraille ; on dut abaisser le sol , excepté à l'angle nord -est, où un ravin, le Birkhet- Israël, venait du nord aboutir au Gédron. Au midi, à cause de la pente d'Ophel, on exhaussa le sol. On construisit à cet effet comme des caves voûtées superposées, de manière à atteindre à peu près le niveau des deux murs latéraux ^

* Cf. Guérin, Jérusalem, 1889, p. 190.

^ La plus connue de ces salles souterraines est celle que l'on montre aux voyag-eurs sous le nom d'Écuries de Salomon. M. Warren a découvert des passages faits de blocs entièrement semblables à ceux des substructions [Recov., t. I, pp. 132, 134, 163, 164). Ici, dit cet auteur, étaient des égouts par où s'écoulait le sang des victimes; là de vastes réservoirs que remplissaient les eaux de pluie ou celles de l'aqueduc d'Étham; ailleurs enfin des galeries de décharges et des passages secrets. On a comparé cet endroit du Moriah à un gâteau de miel. Le nom de Porte-aux-Chevaux donné à l'extrémité orientale du pont qui conduisait de Sion au Moriah et aboutissait à ces gale-

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