CHAPITRE XI
De semblables conslructions isolaient encore plus complètement la ville du temple ; le mur de soutènement s'élevait du lit du Tyropœon à une hauteur de plus de 40 mètres. Et cependant la raison imposait de relier la Cité de David au sanctuaire. Pour y parvenir, Salomon jeta sur le Tyropœon deux ponts ou chaussées. Longue de 91 mètres, la première de ces chaussées, située à l'angle sudouest de la plate-forme du temple, était supportée par plusieurs arches, chacune de 16 mètres, appuyées sur des piliers reposant sur le roc du Tyropœon ^ Une seconde arche, située 200 mètres plus haut vers le nord, formait une autre route de communication entre Sion et le temple lui-même^.
L'angle sud -est du massif, à cause de la profondeur de la vallée du Cédron, présentait la partie la plus considérable du travail. « On ne pouvait, dit Josèphe , plonger son regard dans la vallée à cet endroit sans être pris de vertige ^. »
ries souterraines, confirmerait la tradition qui veut que Salomon ait eu là aussi ses écuries. Pendant le siège de 70, ces souterrains jouèrent un grand rôle.
^ Découverte par Robinson , elle en garde le nom. Cet explorateur a remarqué à cet endroit deux ponts superposés : ce ne serait que le pont inférieur qui remonterait à Salomon. Il conduisait, comme nous venons de le dire, de Sion à la Porte -aux -Chevaux, auprès du palais.
^ Elle fut découverte en 1865 par Wilson. Deux ans plus tard , cet explorateur découvrit , à l'ouest de cette même arche , une longue ga-» lerie souterraine qui avait probablement été exécutée pour permettre de passer, sans être aperçu, de la citadelle de Sion au temple. Jo^ sèphe {Ant.jud.,XV, ii, 2) mentionne l'existence, à l'ouest du temple, de deux autres portes. Barclay a découvert, entre l'arche de Wilson et celle de Robinson , un énorme linteau qui indiquerait la présence d'une de ces portes. La quatrième, bien plus au nord, conduisait par de nombreux degrés dans la vallée.
^ Ant. jucl., VIII, II. Josèphe donne au mur à l'angle sud-est 400
Les pierres de ces murailles puissantes n'ont point été atteintes par la malédiction du Christ. Le temps et les hommes les ont également respectées. S'il ne demeure plus pierre sur pierre du temple lui-même, du moins une partie des murs de soutènement subsiste encore. C'est de pierres semblables, au temps du Sauveur, que parlaient les apôtres quand ils s'écriaient: « Quelles pierres M » M. de Saulcy, M. de Vogué , M. Warren les ont remarquées. Juifs et Assyriens, Grecs et Romains ont successivement couvert ici le sol de ruines. On a rebâti sur les débris ; mais les murs qui soutiennent les terrasses n'ont été ni reculés ni avancés. Les décombres qu'avaient faits les béliers des assiégeants conservaient , en les enterrant, les assises inférieures. Restées en place, elles servaient de base à une nouvelle muraille. Ainsi, du pied à la crête du mur, on voit se succéder des lits de maçonnerie de diverses provenances. L'œil du connaisseur les distingue à la dimension des matériaux et à la façon qu'ils ont reçue ^
coudées (210 mètres) d'élévation, chiffre sans doute exagéré ; car aujourd'hui, du fond du Gédron à la plate-forme du Haram, qui remplace le temple, on compte à peine 100 mètres.
* Marc. XIII, 1.
^ Cf. Perrot, op. cit., p. 175. Le P. Pailloux et d'autres archéologues sont ici en désaccord avec nous. « Il ne reste absolument rien des splendeurs salomoniennes , dit le P. Pailloux, pas une pierre authentique (p. 7). » Ils rejettent les traditions que nous suivons, et attribuent à Hérode l'origine de ces pierres. Ils s'appuient sur un texte de Josèphe (De Bel. jud. V, v, 1), qui semble en effet attribuer à Hérode les murs de soutènement; mais ailleurs {Ant.jud.,X\^ XI, 9) le même auteur dit tout le contraire. Sans discuter autrement les contradictions apparentes de Josèphe, nous renvoyons à la savante étude de M. de Saulcy sur ce sujet ( Voyage en Terre sainte, t. II, p. 60 et suiv.), et nous affirmons avec M. Guérin {Jérusalem , p. 240) qu'on lit bien dans Josèphe que Hérode a reconstruit le