‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 68 sur 339 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

Que le lecteur ne nous blâme pas trop d'entrer dans le domaine de Fart et de nous montrer trop technique : qu'il pense plutôt à l'importance messianique du temple de Salomon. Dieu a voulu, par l'art du constructeur et la magnificence de l'édifice, signaler cette importance.

Lorsque les murs de soutènement furent construits et que le terrain fut nivelé, on se trouva en présence d'une plate-forme offrant la figure d'un trapèze, dont les côtés les plus longs, à l'est et à l'ouest, mesuraient 462 et 491 mètres ; ceux du sud et du nord, 281 et 310 mètres*. C'est à peu près au milieu de cette surface que l'on éleva le temple lui-même, le naos.

On se tromperait grandement si l'on se figurait le naos construit à la façon et dans les proportions de nos grandes églises, et comme un lieu ouvert à tous, pour servir aux réunions, aux prières d'une foule, aux cérémonies du culte de Jéhovah. « Il faut se garder, dit Auguste Mariette , de confondre le temple égyptien, semblable par sa petitesse au temple de Salomon, avec l'église chrétienne ou la mosquée musulmane. Le temple antique n'est pas un lieu où

auteurs reconstituent , eux aussi , d'après Ézéchiel , l'architecture du temple; Keil, Fergusson, Warren, etc.; enfin V. Guérin, Jérusalem , qui donne lui-même un excellent résumé de ces divers travaux. Après avoir consulté tant d'auteurs, il nous a paru que ceux qui, comme Thenius et dom Galmet, s'attachent avec plus de soin au récit de la Bible, sont, dans leurs conjectures, plus près" de la vérité. * D'après le colonel Warren, les cours du temple de Salomon n'auraient occupé de cet espace qu'un rectangle de 270 mètres de l'est à l'ouest et de 180 mètres du nord au sud. Les palais, d'après cet explorateur, occupaient la partie sud-est, laissée libre depuis le portique d'Israël jusqu'à la muraille actuelle du Haram. Le temple d'Hérode recouvrit cet emplacement. (Cf. King, Récent discoveries, pp. 193 etl96.)

les fidèles se rassemblent pour la prière en commun; on n'y célèbre aucun culte public; personne même n'y est admis que les prêtres et le roi. Le temple est un proscynème royal, c'est-à-dire un monument de la piété du roi , qui l'a fait élever pour mériter la faveur des dieux ^ . »

L'édicule appelé naos était un symbole, un signe visible de la présence de Jéhovah au milieu de son peuple , et dans cette maison était écrit le nom ineffable de Dieu. Les prêtres et les lévites formaient une garde d'honneur autour de la sainte demeure; le peuple se tenait plus loin , dans les parvis. « C'est seulement , disait Salomon à Hiram , c'est seulement pour faire brûler de l'encens devant le Seigneur que je lui élève un sanctuaire. » L'arche et l'autel des parfums devaient donc seuls remplir le temple.

Tout l'édifice était bâti sur le modèle du tabernacle de Moïse, tente portative, dont la disposition n'était pas sans rapport avec celle des temples égyptiens. Dieu voulut que les Hébreux empruntassent la forme du tabernacle et du temple au peuple au milieu duquel ils avaient vécu. Le temple égyptien était, pour les Israélites qui l'avaient vu de si près, un type plus facile à exécuter. Dieu n'avait-il pas choisi l'Egypte pour en faire , à plus d'un égard et dans l'ordre matériel, l'école de son peuple? Ce ne fut pas seulement dans le but de nourrir et de multiplier ses enfants que la Providence avait choisi cette vieille nation pour berceau à Israël. Elle voulait aussi l'instruire au spectacle d'une civilisation très avancée , et par là servir grandement à Téducation du peuple choisi. Le premier martyr, saint

* Cf. Lenormant, Hist. anc. de VOHent, t. III, p. 361.

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