‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 70 sur 339 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

dans un coffre de bois, ayant souvent la forme de la cabine d'une barque richement ornée.

En avant du sanctuaire est l'hypostyle , vaste salle au plafond plat, soutenu par des colonnes qui forment vestibule, ou pronaos, pour parler comme les Grecs; à droite et à gauche s'ouvrent des chambres latérales appropriées à la garde du matériel du culte. a On ne trouve dans le temple égyptien, dit M. Mariette, ni logement pour les prêtres, ni lieux d'initiation , ni traces de divination ou d'oracles. On y célébrait quelques rites; on y emmaganisait les objets du culte , et si tout y est sombre , si dans ceslieux, où rien n'indique qu'on ait jamais fait usage de flambeaux ou d'aucun mode d'illumination, des ténèbres à peu près complètes régnent partout, ce n'est pas pour augmenter par l'obscurité le mystère des cérémonies; c'est pour mettre en usage le seul moyen possible alors de préserver les objets précieux, les vêtements divins, des insectes, des mouches , de la poussière du dehors , du soleil et de la chaleur elle-même*. »

Le pronaos et la porte flanquée de tours pyloniques qui y donnent accès, sont précédés d'une vaste cour garnie d'un péristyle intérieur sur trois de ses faces, cour où l'on entre du dehors par un premier pylône. Enfin , par devant celui- ci et tout autour du péristyle, se trouve une vaste enceinte munie de plusieurs propylones comme entrées.

C'est ici, autour de la maison du dieu, noyau essentiel et primitif, que se développent les somptueuses demeures, les parties accessoires; celles-ci

* Cf. Lenormant, op. cit., p. 362. Nous avons tenu à cette citation, pour répondre aux plaisanteries déplacées de M, Renan, qu'on pourra lire à la fin du chapitre.

s'étendent sans que rien n'y assigne de limites, au gré de la volonté souveraine du Pharaon constructeur et de la richesse d'imagination de l'architecte. On ajoute ainsi les salles hypostyles aux salles hypostyles, les cours entourées de colonnes aux cours entourées de colonnes ; on multiplie les chambres autour du sanctuaire ; ce sont des files de colonnes disposées en portiques et en quinconces. Il faut à la fin chercher longtemps pour découvrir le sanctuaire, et celui-ci n'est pas même la partie la plus élevée du temple; il est dominé par les pylônes et .par la salle hypostyle ^

Si maintenant on consulte les textes sacrés et les descriptions de Josèphe, si on étudie la topographie des lieux où Salomon construisit, si on recherche jusque dans les Talmuds les souvenirs effacés du vieux temple, on ne peut échapper à cette conclusion, à savoir : que le temple juif ressemblait en beaucoup de points au temple égyptien. Dieu non seulement n'y a pas répugné, mais l'a voulu. Il n'y faut donc pas répugner nous-mêmes*.

L'édifice qui constituait le temple proprement dit, la maison de Jéhovah, était située entre la roche Sakrah, qui forme le sommet du Moriah, et le mur occidental. Il mesurait 15 mètres de hauteur, 10 de largeur et 30 en longueur^.

On y entrait, du côté du levant, par un portique

^ Lenormant, op. cit., t. III, p. 355 et suiv. Cf. Perrot, Histoire de l'art dans l'antiquité , t. II.

2 Voir le plan du temple à la fin du volume.

^ Pour plus de clarté , nous évaluerons en mètres les mesures données en coudées par la Bible et Josèphe. La coudée avait une valeur de 0 m. 525, d'après les savants les plus autorisés. (P. Bartolotti, Del primitivo cubito egizio.)

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