CHAPITRE XII
OU pylône \ en avant duquel se dressaient, à droite et à gauche, deux splendides colonnes d'airain, œuvre d'Hiram-Abi \
Le portique formait le vestibule du temple ^ ; l'entrée en était toujours ouverte; et, après l'avoir traversé, on pénétrait directement dans le Saint ou hékal, SsM, par une porte colossale en bois de cyprès recouvert de lames d'or et d'argent ''.
Le Saint avait 20 mètres de longueur et 10 mètres de largeur et de hauteur. Les murs étaient entièrement recouverts de lambris de bois de cèdre sculpté, de chérubins , de palmes , de coloquintes , de corolles de lotus. La cloison occidentale était ornée d'une façon toute particulière. De petites baies grillagées,
* Ce portique avait 5 mètres en profondeur, 10 en largeur et 60 en hauteur. C'était une sorte de tour quadrangulaire trois fois plus haute que le temple. Des auteurs ont trouvé là une disproportion trop considérable avec le bâtiment, qu'il aurait écrasé de sa masse, et, avec MM. de Vogué et de Saulcy , ils réduisent cette hauteur de moitié. « Cependant, dit M. Perrot, tout le plan d'Ézéchiel suppose cette hauteur de 60 mètres donnée par les Paralipomènes (II Par. m, 4). Si Josèphe l'a mentionnée, c'est qu'elle était restée dans la mémoire du peuple et surtout des prêtres. »
^ Ces colonnes étaient striées, creuses en dedans et surmontées d'un chapiteau orné de grenades. Le métal avait 86 millimètres d'épaisseur; leur fût avait 13 mètres de hauteur. On s'est demandé si elles soutenaient l'architrave du portique ou si elles étaient isolées, comme l'Écriture semble l'indiquer. Cette dernière supposition est plus probable. La Bible aime à parler de ces colonnes (III Reg. vu, 15-21; Jerem. lu, 21-23). Elles portaient chacune un nom, Yachîn et Boaz, dont la signification nous échappe.
^ En hébreu, houlam. Pour y entrer, on gravissait un escalier de douze marches , qui élevait ainsi le temple de 2 m. 70 au-dessus du sol de la cour des prêtres, et de 9 m. 90 au-dessus du sol de la porte orientale.
^ Ces lames étaient fixées au bois par des clous en or, ce qui écarte toute idée de dorure appliquée selon nos procédés actuels. On peut se faire une idée de la richesse d'une pareille décoration.
placées au haut des deux murs latéraux du nord et du sud, au-dessus des frises, jetaient une lumière tamisée dans le lieu saint ' .
Dans le hékal, devant l'entrée du Saint des saints, se trouvait l'autel des parfums, en bois de cèdre couvert de lames d'or ^ Deux fois par jour, le grand prêtre venait y brûler de l'encens devant Jéhovah ^ A chaque côté de l'autel des parfums, à droite et à gauche, étaient placés les cinq candélabres à sept branches et les cinq tables des pains de proposition^.
Du Saint ou hékal on pénétrait dans le Saint des saints, lui, débir, oracle. Le Saint des saints, situé à l'occident, occupait la troisième partie du temple, c'est-à-dire 10 mètres, sur les 30 qui formaient la longueur totale de l'édifice. C'était Yadyton des Grecs, le lieu impénétrable. Le grand prêtre seul avait le droit d'y entrer, et seulement dans les cérémonies très solennelles. Une porte en bois d'olivier sauvage, à deux battants, sculptée et dorée comme les lambris des murs, ouvrait sur le débir.
* Elles avaient deux mètres en hauteur et s'ouvraient à l'extérieur au-dessus des chambres adossées au temple, dont nous parlerons bientôt.
^ Il formait un carré d'un demi-mètre de côté; sa hauteur était d'un mètre. La table formait saillie et se terminait en une pointe redressée, que l'Écriture et les anciens appelaient cornes de l'autel ou acrothères.
3 III Reg. VI, 20-22; vu, 48. I Parai, xxviii, 48. Cf. Ex. xxx, 4-5, 7-8. Lev. IV, 7. Talmud Babyl. Joma, fol. 33, 2.
^ Tous ces objets étaient en or pur. Les branches des candélabres, ornées de fleurons, portaient à leur extrémité des lampes où brûlait sans cesse une huile très précieuse. Des mouchettes d'or étaient suspendues aux branches par des chaînettes. Les tables étaient de la même forme que celles des tables de présentation des temples égyptiens.