‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 75 sur 339 · CHAPITRE XU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU

On descendait de cette porte, par sept marches, sur une vaste esplanade demeurée libre , et qui deviendra plus tard la cour des Gentils ^ . On y arrivait, à l'ouest, par les deux chaussées venant de Sion, dont nous avons parlé. Le rocher la limitait au nord. Au midi , un escalier mettait le palais en communication avec le temple. Au levant, Salomon éleva un splendide portique qui couronnait le mur oriental des soutènements ; c'était le célèbre portique de Salomon. Des colonnes de marbre habilement travaillées soutenaient un toit de cèdre sculpté ^. Là on aimait à venir se promener et à chercher un abri contre la pluie ou le soleil. Ce fut ce portique , relevé par Hérode, qui, au temps du Sauveur, fut tant de fois témoin des discussions ardentes des Scribes et des Pharisiens , et des moqueries insultantes des Saducéens.

Le portique était coupé en deux par une porte semblable à la porte Speciosa; plusieurs parties importantes , échappées comme par miracle , en ont été conservées. Plus tard, on donna à cette porte le nom de Dorée. Elle conduisait, par un escalier im-

teur, à l'imitation des pylônes que les Égyptiens construisaient en avant de leurs temples. Au temps de Josèphe, le parvis du peuple était divisé en deux cours : la première, appelée cour des femmes, que celles-ci ne pouvaient franchir; la seconde, réservée aux hommes. Il serait assez difficile de donner la grandeur du parvis d'Israël,

* Il est à croire que ce fut seulement lors des agrandissements d'Hérode que l'on créa l'enceinte des Gentils. Sous Manassé, il n'est encore question que de deux cours (IV Reg. xxi, 5; xxiii, 12).

- Les colonnes avaient 25 coudées (11 m. 25) de hauteur, et la largeur de l'espace couvert était de 30 coudées (11 m. 50). Les piliers étaient formés d'un seul bloc de marbre blanc et disposés sur trois rangs formant deux allées; le sol était pavé de pierres de différentes couleurs. La partie méridionale du portique était nommée portique royal, à cause de la proximité du palais.

mense , au fond de la vallée du Gédron * . En face , c'était le mont des Oliviers.

Le voyageur qui descendait les pentes de cette montagne pouvait apercevoir, à travers les trois portes successives, l'entrée du sanctuaire. C'était là qu'était assis le Sauveur un jour que, sortant du temple somptueux d'Hérode, qui avait remplacé celui de Zorobabel et celui de Salomon , il dit à ses apôtres, en leur montrant la masse imposante qui s'élevait devant eux sur la rive droite du Gédron : « Vous voyez ces magnifiques constructions : il n'en restera pas pierre sur pierre ^ »

Avant de terminer ce que nous avions à dire sur le temple de Salomon , ce monument qui fut longtemps l'objet de la juste admiration d'Israël et de ses voisins, nous voulons mettre sous les yeux du lecteur un passage de VHistoire du peuple d'Israël, dans lequel M. Renan a réuni toutes les exagérations et les dénigrements dont son esprit est capable, contre l'un des symboles prophétiques les plus autorisés des croyances qu'il a abandonnées.

Ce temple l'importune, et son impiété Voudrait anéantir le Dieu qu'il a quitté.

« Jamais édifice ne fut moins national; c'est un temple domestique, une chapelle de palais, non le temple d'un grand peuple... Salomon évidemment s'amusa beaucoup à son petit chef-d'œuvre; il était presque seul à le prendre au sérieux... Nous ne

* Ezech. XL, 6. Lightfoot et M. de Vogué, d'après les Talrauds, prouvent que cette porte n'était pas au milieu du portique, mais plus près du nord que du midi.

* Marc. XIII, 1-3.

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