‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 80 sur 339 · DEDICACE DU TEMPLE · texte numérisé non relu

DEDICACE DU TEMPLE

Salomon avait commencé la construction du temple au mois de mai 1014 avant Jésus -Christ. Le travail dura plus de sept ans; il se termina en octobre de l'an 1007, la onzième année du règne de Salomon, juste 2000 ans avant l'avènement des Capétiens en France * . Toutes les richesses consacrées par David au sanctuaire de Jéhovah, tous les vases précieux, dépouilles des nations vaincues, furent déposés par son fils dans les trésors du temple, sans doute dans les trois étages de salles qui entouraient le naos.

L'année suivante , au mois de septembre , quand tous les arrangements intérieurs furent terminés, Salomon convoqua les anciens du peuple , les princes des tribus, tous les chefs des familles d'Israël à une solennité nationale. Cette année était d'ailleurs une année jubilaire , l'année sainte , un temps de repos et de réjouissances publiques. Salomon voulut en profiter pour donner à la dédicace du temple plus d'éclat et de splendeur ^

L'auteur du troisième livre des Rois, aussi bien que

* Oppert, Salomon et ses successeurs, p. 91-96. III Reg. vi, 37-38.

2 II Parai. V, 1. III Reg. viii,2.

134 LA VIE ET LES ACTES DE SALOxMON

l'auteur des Paralipomènes , entre ici dans tant de détails, rapporte des faits si précis, des discours où se reflète si bien le règne de Salomon, qu'on ne peut s'empêcher de croire qu'ils ont l'un et l'autre copié et reproduit sans changements les archives de l'ancien temple. On sait que les prêtres les emportèrent dans l'exil et les conservèrent comme de précieuses reliques. Leurs vainqueurs avaient pris pour eux les vases d'or et d'argent, et n'avaient laissé aux Israélites que leurs papyrus, qu'ils dédaignaient. Il apparaît clairement que c'est à l'aide des mêmes papyrus que, à des époques différentes, l'auteur des deux derniers livres des Rois et l'auteur des Paralipomènes ont fait l'un après l'autre, sans entente, sans concert, un résumé des annales d'Israël; abrégeant, retouchant, liant, comme ils l'entendaient, les fragments entre eux; mais se réservant aussi de copier, sans y rien changer, les comptes rendus des grandes cérémonies et les discours recueillis à l'instant même où ils étaient prononcés.

De tous les points de la Palestine, les tribus répondirent à l'appel de convocation. Salomon, escorté de tous les officiers de sa cour et suivi par le peuple, se rendit à la montagne de Sion, au tabernacle élevé par David son père au-dessus de l'arche sainte. Un corps de lévites était allé en même temps à Gabaon pour en rapporter le tabernacle de Moïse et tous les vases du sanctuaire : le temple de Salomon devait être désormais sans rival.

Le cortège sacerdotal, rangé autour de l'arche, se mit en marche , au chant des psaumes , vers la nouvelle demeure de Jéhovah, précédé de Salomon et de la multitude des enfants d'Israël. La marche était lente et solennelle : on s'arrêtait fréquemment

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