‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 81 sur 339 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

pour immoler des victimes au Seigneur. Enfin Tarche franchit le portique sacré. Quand les prêtres la déposèrent , avec les tables de la loi , dans le Saint des saints, sous les ailes d'or des chérubins, les chœurs des lévites , Eman , Asaph et Idithun à leur tête, tous vêtus de robes de lin, attaquèrent avec vigueur l'hymne de louanges composé par David : Confitemini Domino quoniam bonus. Les trompettes du jubilé, les cymbales et tous les instruments de musique à la fois , répondirent en accompagnant les voix. Mais voilà que tout à coup le temple se couvre d'une nuée épaisse. La multitude s'étonne, les chœurs s'arrêtent. C'était la nuée de Jéhovah , « sa gloire, » comme dit l'Ecriture, qui consacrait son nouveau temple, comme elle avait jadis consacré le tabernacle de Moïse ^ . Le peuple , immobile , attend et demande l'explication du prodige : « Jéhovah n'at-il pas prédit qu'il habitera dans la nuée? » s'écrie Salomon. Puis, gardant la parole, il rappelle comment , avec l'aide de Dieu , il avait enfin exécuté le projet conçu par David son père, en bâtissant un temple à Jéhovah et en y plaçant l'arche sainte.

Le roi s'agenouilla alors sur l'estrade qu'on lui avait dressée, à l'entrée du parvis des prêtres, et, les mains tendues vers le ciel, il fit à Dieu cette magnifique prière : « Jéhovah, Dieu d'Israël, à qui nul dieu n'est comparable ni sur la terre ni au plus haut des cieux, nous vous remercions d'avoir maintenu votre alliance et votre miséricorde avec vos serviteurs qui marchent devant vous dans toute Fardeur de leur âme, et d'avoir accompli aujourd'hui toutes vos promesses envers David, mon père et votre

• III Reg. VIII, 10-11. II Parai, v, 7 et seq. Cf. Exod. xl, 32-36.

fils. Et maintenant, Jéhovah, Dieu d'Israël, achevez votre ouvrage. Vous avez dit à David : S'ils continuent à marcher comme toi en ma présence, tes descendants se succéderont sans fin sur ton trône. A vous maintenant, Seigneur, de tenir votre serment. Voici le temple que je viens d'élever à votre gloire ; bien que l'immensité des cieux ne puisse vous contenir, vous voulez bien cependant en faire votre demeure. Daignez, Seigneur, entendre l'humble prière de votre serviteur. Que vos yeux soient jour et nuit ouverts sur cette demeure élevée à votre nom. Quand les fils d'Israël viendront ici vous adresser leurs prières, exaucez -les du haut des cieux. Si, oubliant la justice , quelqu'un de vos enfants viole votre loi , que votre puissance atteigne le coupable et fasse retomber sa faute sur sa tête. Mais si le peuple entier, si les enfants d'Israël vous offensaient; si en punition vous les livriez aux mains de l'étranger, oh! que, repentants de leurs fautes, ils viennent en ce lieu s'humilier devant vous et implorer votre clémence, et alors vous accepterez leur pénitence et leurs larmes, vous leur rendrez vos bonnes grâces avec la liberté et le retour au pays de leurs aïeux. Si le ciel reste fermé, et qu'en punition des péchés la pluie cesse d'arroser la campagne , quand votre peuple affligé, converti par le malheur, viendra ici déplorer ses fautes, montrez -lui la route de la justice, et fécondez la terre de votre héritage. Si la famine vient désoler le royaume, si la peste le dépeuple; si la grêle, les sauterelles, la rouille, menacent les moissons; si l'ennemi assiège les cités, enfin dans tous les fléaux, dans toutes les calamités, dans toutes les douleurs privées ou publiques d'Israël, quand, le cœur contrit, un affligé élèvera vers vous

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