CHAPITRE XIV
sence , dans la simplicité de ton cœur, comme David ton père, je donnerai à ton trône une durée immortelle. Mais, si toi et mon peuple vous vous détournez de moi et portez vos adorations aux idoles des nations, je chasserai Israël de la patrie que je lui ai donnée, je répudierai le temple que j'ai sanctifié, et Israël deviendra la fable des Gentils. Les ruines de son temple seront un sujet d'étonnement pour tous ceux qui passeront devant lui, et ils diront en sifflant, en témoignage de leur dédain : Pourquoi Jéhovah a-t-il traité ainsi cette terre et cette demeure? Et on répondra : C'est parce que les fils d'Israël ont abandonné Jéhovah , le Dieu de leurs pères, et ont adoré les dieux étrangers. Voilà pourquoi tant de maux les accablent \ »
Quatre cents ans plus tard, la menace s'accomplissait pour la première fois. Depuis, elle a été suivie d'un effet plus terrible encore. Voilà plus de dix-huit siècles que nous en voyons, sous toutes les formes, la réalisation dernière. La ruine et la dévastation sont passées sur le temple de Jérusalem.
Les voyageurs modernes s'arrêtent, suivant la prédiction de l'Ecriture, stupéfaits devant la place où fut la demeure de Jéhovah. La ruine est si complète, qu'à l'heure présente l'archéologie dispute aux Juifs l'authenticité des quelques pierres, reliques douteuses, que l'on croyait échappées aux démolisseurs. Et le visiteur dit : « Pourquoi Jéhovah a-t-il ainsi traité cette demeure sainte? » Les Juifs qui arrosent de leurs larmes sans espérance les murs du Heit-el-Maghreby, et maudissent avec une pas-
^ III Resf. IX, i-10. II Parai, vu.
sion toujours jeune l'attentat de la démolition, vieux de deux mille ans , pourraient donner la réponse : ils tiennent entre leurs mains le vieux texte de la prophétie solennelle des grandes calamités vengeresses des grands crimes *.
* Cf. de Vogué, Syrie, Palestine, mont Athos, p. 209.