‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 85 sur 339 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

struire cet édifice montrent que le travail fut d'une importance considérable. Nous savons d'ailleurs qu'il était merveilleux. Malheureusement les renseignements fournis par la Bible sont fort obscurs et incomplets ^ Josèphe s'étend davantage sur ce sujet'^ , mais on ne peut le suivre qu'avec réserve. Cet historien, comme nous l'avons déjà dit, a souvent amplifié les traditions favorables à sa nation, ce qui nuit beaucoup à l'autorité de ses écrits.

Pour éclairer et compléter les données bibliques et pour contrôler l'historien Josèphe , on a eu , dans ces derniers temps, recours aux palais retrouvés de la vieille Egypte , à laquelle , comme on sait , Israël fut souvent redevable dans le domaine des arts. Les palais égyptiens, que les modernes explorateurs ont après tant de siècles dégagés des sables qui nous les ont conservés , permettent de comprendre ce qui jusqu'ici restait obscur. Répétons- le en passant : nier le fait qu'Israël a , sous le rapport des arts , fait des emprunts à l'Egypte, par cette raison que l'Egypte était idolâtre, c'est, selon nous, commettre une erreur et faire preuve d'étroitesse d'esprit. Dieu, qui ne multiplie pas sans raison les miracles, avait providentiellement envoyé dans le pays des Pharaons la famille de Jacob, comme à une école où son peuple naissant devait beaucoup apprendre ^

Formons-nous donc une idée nette des vieux palais en Egypte.

« Le palais égyptien, dit M, Lenormant après M. Perrot, devait être une maison d'agrément.

^ m Reg. VII, 2-12. II Parai, ix, 17-20.

2 Ant.jud., VIII, II.

•■* Gen. XLV, 5. Act. vu , 22.

un lieu de repos. Or était-il rien qui pût être mieux approprié à ces fins que des édifices légers et spacieux, situés au milieu de jardins amples et touffus, où des canaux apportaient Fonde et la fraîcheur? Des balcons, des galeries hautes, des terrasses couvertes, l'œil se promenait sans obstacle sur les plantations voisines et les montagnes qui bornaient l'horizon. Les chambres avaient de larges fenêtres. Des volets mobiles, que l'on distingue dans certaines peintures égyptiennes, permettaient d'ouvrir les appartements à l'air et à la lumière , ou d'y faire la nuit pendant les heures chaudes de l'aprèsmidi. Cette ombre, qui dans les pays d'ardent soleil est le plus délicieux de tous les biens, on la trouvait encore à l'extérieur, sous les sycomores et les platanes, autour des bassins où s'épanouissaient les brillantes corolles du lotus ; on la trouvait, embaumée d'odeurs printanières , sous les berceaux de

feuillage ou les treilles chargées de fruits

(( Depuis les siècles les plus lointains dont nous ayons gardé la mémoire, l'Orient a bien peu changé. Or on sait quel nombreux domestique y suppose la vie royale , telle qu'elle y a été entendue et pratiquée de tout temps. Le konak du moindre pacha renferme toute une armée de serviteurs , dont chacun rend bien peu de services. C'est par milliers que se comptent les domestiques qui peuplent le sérail du sultan à Constantinople ou celui du schah à Téhéran. Ce qu'il y a d'eunuques et de palefreniers, de balayeurs et de cuisiniers, d'ateschdjiks, de kafedjis et de tchiboukdjis, personne n'en sait le chiffre exact. Une telle extension de la domesticité suppose d'amples communs, où cette multitude puisse se loger, tant bien que mal , avec femmes et enfants.

Page 1