CHAPITRE XV
Tout Fédifice formait un parallélogramme de 52 mètres de longueur, 26 mètres de profondeur et 15 mètres d'élévation. Les fondations étaient faites de grandes pierres de prix de 8 ou 10 coudées de long , et supportaient des murs de pierres plus petites à refend et encadrées dans des colonnes de cèdre. Comme un seul bloc formait toute l'épaisseur du mur, celui-ci était, avec un soin extrême, layé sur ses deux faces. Une colonnade intérieure en bois de cèdre se développait au rez-de-chaussée; elle était disposée sur trois rangs de quinze colonnes parallèles aux pilastres engagés dans les murs extérieurs. Des poutres de cèdre de 8 mètres de portée étaient appuyées sur ces colonnes et soutenaient trois étages de quinze pièces chacun, reposant sur cette colonnade. Des fenêtres éclairaient les chambres à l'extérieur ; mais sur la cour intérieure régnait, le long et dans toute la hauteur de chaque étage, une galerie dont les colonnes étaient également en bois de cèdre ; de sorte que , dans la cour intérieure, le palais se composait de quatre galeries superposées ^ Les plafonds étaient en bois de cèdre. Les murs étaient revêtus de marbre et d'onyx en placage étages sur trois rangs. Au-dessus, une quatrième rangée était ornée des plus admirables sculptures, représentant des arbres et des plantes de toutes sortes, aux feuilles et aux rameaux pen-
^ Les Septante paraissent indiquer une autre combinaison (I Reg. vil). D'après eux, il n'y avait au-dessus de la galerie qu'un seul étage comprenant trois rangées de chambres, situées chacune audessus de l'une des travées du rez-de-chaussée. Il paraît en effet difficile de placer, dans une hauteur de 30 coudées (15 m. 75), trois étages au-dessus d'une colonnade. Mais le verset 4, portant « trois i-angées de fenêtres , trois fois une fenêtre sur une fenêtre » , paraît plutôt indiquer trois étages.
dants, le tout fouillé avec un art si merveilleux, qu'il semblait, pour ainsi dire, que les arbres s'agitaient en cachant la pierre qu'ils recouvraient. Le reste de la surface était enduit de stuc et orné de peintures aux dessins variés.
La destination de ce premier palais n'est pas spécifiée par le texte sacré ; mais tout fait croire que c'était le plus important, celui où le roi s'entourait de majesté. La salle spacieuse du rez-de-chaussée ne pouvait être qu'un lieu de réunion ; là peut-être s'assemblaient à l'appel du roi, dans les occasions solennelles, les chefs de tribus et les principaux officiers ^ C'est en avant de cet édifice que Josèphe ^ place une salle immense, magnifiquement décorée, appelée le portique de la Justice.
Le plus bel ornement de cette salle était le trône. L'historien sacré, soit qu'il n'eût pénétré que rarement dans l'intérieur du palais, soit pour une autre raison, ne nous a laissé de l'édifice et de son mobilier qu'une description fort sommaire; mais il se complaît manifestement à faire connaître dans le détail les dispositions du trône. Il en donne la description suivante :
a Et le roi fit faire un grand trône en ivoire, et il le fit revêtir d''or fin. Il avait six marches ; le dais était rond, les bras du siège représentaient deux lions ; douze autres lions étaient placés sur les marches, six de chaque côté. Il n'existait rien de pareil dans aucun royaume •'^. »
Une sorte d'arsenal de luxe était établi dans les
ï lUReg. vm, 1-2.
2 Ant.jud., VIII, II.
3 III Reg. X, 48-20.