‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 89 sur 339 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

lais de Salomon et de leur somptuosité. La complaisance avec laquelle la Bible expose jusqu'aux détails de l'installation et de l'ameublement montre que le roi d'Israël, à ce moment de sa vie, n'avait guère fait que se conformer aux exigences de la cour d'un monarque magnifique. On ne voit nulle part, dans les textes sacrés, l'ombre d'un reproche. Loin delà, le luxe oriental de Salomon y apparaît comme la marque et le rayonnement de la gloire donnée par Dieu à Israël et à son roi.

Cependant de nombreux commentateurs voient poindre ici ce goût du faste , de la pompe et de l'éclat, qui devait un jour être funeste à Salomon ^ Sans doute, si celui-ci s'en était tenu aux trois palais cités dans l'Écriture ; si le palais de la reine n'avait pas pris dans la suite des accroissements exagérés ; si toutes les femmes de la maison de Salomon avaient continué à vivre, ainsi que les commentateurs le pensent, sous l'autorité de la fille du Pharaon et à garder leur rôle de dames de la cour, la gloire de Salomon serait toujours demeurée ce qu'elle fut pendant plus de trente ans. Mais l'amour de la pompe et du luxe entraîne quelquefois fort loin ceux qui s'y complaisent. Si la sagesse de Salomon doit un jour se démentir , on sent dès maintenant que ce sera par ce côté-

Quand un arbre immense, déraciné par la tempête, couvre au loin la terre de son tronc et de ses branches brisées par la chute , on s'étonne d'abord , et on se demande comment le géant aux racines puissantes a pu devenir la victime d'un simple vent d'orage. Mais, si l'on cherche à se rendre compte de

* Cf. Pineda, Bc reb. Salom., 1. Vil, c. ii.

Jo2 LA VIE ET LES ACTES DE SALOMON

cette ruine, on en découvre la cause. L'arbre avait depuis longtemps perdu chaque jour de sa rectitude. L'inclinaison avait fini par devenir sensible : on l'avait souvent remarquée ; mais personne ne la soupçonnait menaçante et dangereuse. Un fort orage s'est déclaré, et voilà que le géant, dépouillé de sa gloire, gît sous les yeux étonnés.

L'arbre tombe du côté où il penche.

Salomon en serait -il un exemple ? Un Sage aurait-il pu entrevoir, dans les trois palais construits au moment où brillait d'un éclat incomparable la sagesse de Salomon, les symptômes de l'orgueil, de la sensualité et de la volupté où devait s'ensevelir un jour l'une des plus grandes et des plus vraies gloires de l'humanité? Aurait-il eu tort, s'il avait estimé ces palais trop somptueux, trop voués à la mollesse, trop semblables, en un mot, aux palais égyptiens ?

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