‹ Salomon, son règne, ses écritsChapitre 95 sur 339 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

ils s'étaient adonnés avec suite aux échanges fructueux. Salomon voulut les imiter.

Il est vrai, comme l'observe M. Munk, que la constitution mosaïque n'était nullement favorable au commerce, dont le développement, non seulement pouvait déranger l'équilibre et l'égalité que Moïse voulait maintenir parmi les citoyens, mais aussi conduire à de trop fréquentes relations avec les nations étrangères, et établir des liaisons dont le législateur voulait préserver son peuple. Aussi le commerce actif eût-il été à jamais impossible parmi les Hébreux, si l'on avait observé servilement la lettre de la loi. Aux époques anciennes il ne put jamais s'établir d'une manière durable, ni prendre cette importance que la situation géographique de la Palestine aurait dû lui donnera Cependant, placés entre deux peuples commerçants, les Phéniciens et les Arabes, et se trouvant en possession d'une des grandes routes des caravanes, les Hébreux ne résistèrent pas à la tentation à laquelle les exposait le spectacle séduisant des opérations commerciales de ses deux voisins. Les relations des Israélites avec la Phénicie durant vingt ans avaient d'ailleurs commencé à les initier aux industries qui, dans nos temps mo-

* Josèphe prétend le contraire : « Pour nous , nous habitons une contrée qui n'est pas maritime; nous ne recherchons pas les affaires commerciales, ni les relations qu'elles servent à établir avec les étrangers. Mais nos villes sont situées loin de la mer, et , ayant en partage une bonne terre, nous la cultivons avec soin {Cont. Apion. I, xii). Josèphe a le tort d'attribuer à la position géographique d'Israël ce qui, comme le dit justement M. Munk, ne doit l'être qu'à la loi mosaïque. La prophétesse Debbora ne reproche cependant pas aux tribus d'Aser et de Dan de s'être livrées au commerce maritime. Elle les blâme seulement de n'avoir pas quitté ce commerce pour combattre avec les autres tribus.

dernes, font des Juifs un peuple de marchands et de banquiers. La magnifique Jérusalem, par son luxe et par l'affluence des Israélites et des étrangers, qu'appelaient à la fois son temple central et ses rapports politiques avec les peuples tributaires , était devenue, par la force des choses, un rendez -vous et un marché permanent pour de nombreux négociants venus de pays lointains \ Pourquoi Israël aurait-il toujours été tributaire de ces négociants^ profitant seuls jusqu'alors des échanges? Une aurore nouvelle allait poindre.

Malheureusement les documents que nous fournit l'Ecriture sur le commerce de Salomon sont fort peu circonstanciés. Il aurait été cependant intéressant d'étudier l'activité mercantile du peuple juif, deux cents ans avant la fondation de Garthage. Mais comme le commerce israélite se trouva, sous Salomon, associé avec celui des Phéniciens, nous pourrons du moins, à l'aide de ce dernier et des études dont il a été l'objet, reconstituer les conditions des transactions des enfants d'Israël.

Quel était le commerce phénicien? Selon M. Lenormant, les peuples avec lesquels les Phéniciens trafiquaient étaient encore tout à fait sauvages , sans aucune industrie. L'état où les premiers navigateurs européens trouvèrent les indigènes de l'Océanie ou de l'Amérique peut en donner l'idée. Les Chananéens étaient industriels presque autant que commerçants. Les produits de leur métallurgie, par exemple, sont vantés dans les textes égyptiens de la XVIIP dynastie. Leurs tissus étaient célèbres dans tout le monde

* Cf. Hartmann, Historisch-Kritische Forschungen ûber die Bildunr/j p. 751 et suiv..

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