‹ Salon d'Horace Vernet. Analyse historique et pittoresque des quarante-cinq tableaux exposés chez lui en 1822Chapitre 17 sur 86 · DE BEDLAM · texte numérisé non relu

DE BEDLAM

belle! qiiVlle est triste à voir! Quel spectacle que cette alliauee iFune beauté parfaite, (Fuue passion sans ])ornes et d'une raison absente ! On donnerait tout, pour chercher à rallumer dans cet être malheureux le flambeau tle Tintelligence , éteint par l'amour et le désespoir !.... Mais cela est impossible. On le voit , on le sent , le mal est incurable.

Comme tout est brûlant dans ce tableau ! Suzanne y paraît dévorée d'une fièvre convulsive. Ses lèvres sont à la fois ardentes et flétries. Ses yeux égarés cherchent en vain des larmes. Son sein , ses beaux bras , ses cheveux mêmes , jusqu'à la pourpre de la draperie, et au ciel qui sert de fond, tout, dans cette composition , qui atteint le sublime, par l'énergie simple et la force d'expression ; tout est brûlant comme les passions, tout est aride comme la douleur sans espérance.

Reportez maintenant les yeux sur cette druidesse inspirée , dont l'œil noir paraît , comme dit Milton ^ plein d'ai>ejïir ^ comparez à la physionomie de la folle , la figure toute poétique de cette fille des Gaules : l'esprit, la composition , la couleur des deux tableaux ! quelle merveilleuse variété de talent !

[ No. V. ]

maïUjNE grecque

Page 1