XXXIV. L'embuscade des Guérillas
Voyez-vous ce passage boisé, cette verdure sombre , ces arbres en ampbithéà Ire, cette croix qui sVlève au milieu de la foret? A ces précipices ouverts , à ces arbres noueux qui penchent leurs tètes sur Tabime , à ces sentiers étroits qui glissent et circulent entre les roches plantureuses^ vous reconnaissez FEspagne, vous êtes dans la Sierra.
Un Français, le fusil sur l'épaule, s"'avance sans crainte; vous le voyez marcher d'un pas ferme; il ne redoute ni les gouffres qui bordent le chemin étroit quM doit suivre , ni ces arbres, ces grottes et ces cavernes qui servent d'asile et d'embuscade à ses ennemis. Il s^avance ; mais il est encore éloigné. Cependant sur le devant de la scène, protégé par un groupe
l39. UNE EMBUSCADE.
cVarbres antiques , un moine prie , le poignard et le crucifix à la main ; un guérillas charge son mousquet; un autre apprête ses armes. Le moment de l'action approche. Le sort de ce brave que vous apercevez au loin , est déjà fixé. La première balle va Tatteindre.
La chanson du paysan montagnard , devenu libre , dira un jour comment ses ancêtres , esclaves alors, se sont battus pour Findépendance ; comment , sans roi comme sans liberté , sans chefs comme sans patrie , un peuple tout entier a préféré , dans son horrible courage , Fassassinat à la servitude; comment le poignard espagnol a long-temps arrêté la foudre des canons français ; comment cette défense désespérée d'une patrie malheureuse , préludait chez une nation asservie, mais énergique et passionnée , cà Famour de la véritable liberté.