‹ Salon d'Horace VernetChapitre 34 sur 74 · LE SOLDAT LABOUREUR · texte numérisé non relu

LE SOLDAT LABOUREUR

ScUicct et (cmpus veniet , cUni, /inibiis illis , y^gricola , inciir^^o terram molitus aratro,

Exesa inueniet scabrd ruhigine pila ,

Ânt gravilnis rastris galeas pulsahil inanes , Grandiafjiie ejfossis mirabitur ossa sepulcris.

(Virgile. Gcorg. )

Un jourle laboureur, dans ces mêmes sillons,

Où dorment les débris de tant de bataillons ,

Keurtant avec le soc leur antique dépouille , Trouvera sous ses pas des dards rongés de rouille; Entendra retentir les casques des héros ,

Et d’un ceil affligé contemplera leurs os,

rOELILLE.)

Jetez maintenant les yeux sur ce guerrier cultivateur, (jui , après le travail du jour, poussant au hasard rinstrunient du labourage, heurte et fait rouler sur le sol le casque rouillé d’un soldat français. Que de réflexions s’einparent de son ame ! On sent que le temps n’est pas éloigné où il faisait un autre usage de son énergie, et que de puissans souvenirs le possèdent. La charrue s’éloigne , et le soldat , seul avec lui-méme, les regards arrêtés sur ces débris, ne résiste plus au pouvoir de son imagination.

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