‹ Salon d'Horace VernetChapitre 49 sur 74 · I.A REDOUTE · texte numérisé non relu

I.A REDOUTE

Laug-Furh. Le ciel était obscur, et le vent venait du côte de l’ennemi; circonstances qui favorisaient singulièrement les approehes de la redoute.

La compagnie infernale est parvenue au pied de la redoute ; (ihambure a franchi la première palissade; ses soldats le suivent et se précipitent sur l’ennemi avec une impétuosité qui ne lui permet pas de se reconnaître; les Russes s’enfuient dans les secondes lignes et dans la redoute oii les nôtres entrent avec eux : une centaine d’hommes sont tués sur la place; un plus grand nombre est blessé, le reste se sauve à la faveur de la nuit.

LE TABLEAU

C’est au milieu de ce carnage, éclairé par un grand feu allumé à gauche , au milieu de la redoute , que le capitaine dépose sa lettre dans le mortier , après avoir étendu à ses pieds, d’un coup de poignard, un olïicier russe qui se précipitait sur lui : un autre soldat ennemi avance son fusil sur la poitrine de Chambure ; un des siens , nommé Paul , passe sa baïonnette à travers le corps du soldat russe, et sauve ainsi la vie à son capitaine.

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C>ette scènr terrible, qui a besoin d’èlre vraie pour paraître vraiseinblal)le, u’est ]>as représentée avee moins dVnergie , avee moins de chaleui' qu’elle Ji’a etc exéeutee dans la redoute de Kabrunn : le sang-froid d’un courage surnaturel est personnifie sous les traits rcssemblans du chef de cette compagnie de héros: les cinq figures dont le tableau se comj)Ose, concourent et sidîiscnt à l’intcu'êt de l’action : le soldat (jui cnclouc le mortier on le capitaine Chambure dc'pose sa lettre , est jeté vivant sur la toile.

Un philosophe grec niait le mouvement. Un autre répondait en marchant devant lui. Quelques personnes nient le mouvement en ])einture. M. A'ernet pourrait se contenter de leur montrer ce tableau pour toute réponse : tout y est mouvement , tout y est action commencée et non finie. La main de (ibambvire est levée pour placer la lettre dans l’obus ; celle du grenadier l’est aussi pour enclouer la pièce. La baïonnette du volontaire français va percer une seconde fois le Lusse qui chancelle et ne tombe pas encore. Enfin, dans l’obscurité générale du tableau, un trait de feu ([ui sillonne le ciel ne peut être qu'une bond)e, (pii tiécrit sa courbe et qui est sus|)endue dans l’espace.

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