UNE MARINE
.... Siduole, et siconsuma ed ange,
^ La bclla donna j e nons^acchcta in freiia: Talor si batte il W50 , e il capel frange y E.... contra se stessa cerca ^endetta.
La belle et malheureuse victime pleure , se ' désole , se consume en gémissemens -inu-
tiles. Elle frappe son beau visage , elle prie , elle se lamente et se punit en vain elle-même de la violence qu’on lui fait.
( Ariosto, Orlando Fur. )
Ces côtes pittoresques sont sans doute celles d’Italie. De vastes roches brunes et rougeâtres, juxtaposées et battues sans cesse par les flots de la mer, ont acquis cette teinte verte, cette forme ronde et cet aspect spongieux, que laisse pour trace la mobilité orageuse des vagues. Un sentier court entre ces roches, et, du bord delà mer, va gagner l’interieur des terres.
Quels sont ces brigands dont l’air est si barbare et le vêtement si singulier ? Les uns vont pousser à la mer xme petite barque dont la forme est inconnue dans nos ports : ils ont pour tout vêtement de larges camisoles brunes , bor-
l'NE MARINE. IIQ
tlces (le rouge; les autres aux aguets tireut des coups de fusil, cutoureut leur prise sur le rivage : eette prise est une jeune l'emiue ! Lu seul voile Ic'ger couvre et indique la grâce de ses formes. Elle joint les mains ; elle prie le ciel de l’arraclier aux barbares qui l’ont eidevec jiendant son sommeil et qui reutraîneut sur des côtes (étrangères.
Du haut d’un fragment de roche , un Algèri(m la soutient et la passe à un autre brigand qui semble toucher avec respect et embrasser mollement ses jambes délicates. Uu homme dont le visage est beau et terrible, et (jue les brillans orneniens (jui le parent me désignent pour le chef de la troupe, tourne les yeux vers le sentier qui fuit vers les terres, et charge sou fusil d’un air caime et farouche. Un autre, dont je vois le dos et qui se trouve à peu près à l’endroit oii le sentier tourne et échappe à la vue, tire uu coup de fusil dont le feu va sans doute atteindre l’un de ceux (|ui se sont mis à la poursuite des ravisseurs.
Au loin j’aperçois une plage sans accirbms, et une ville ([ni, par ses constructions plates, me jirouve ({uc je ne me suis pas trompé et ([ue ces Ilots sont ceux de l’Adriatif[uc. Le ci(d est pluvieux , et le soleil (|ui ne tardera pas à se lever aura peine, à percer tant de nuages.