DÉFENSE D’HUNINGUE
APPARTENAINT A M. DE MARIGNY.
Ostendimus fjuantus sibipatria wiros .«<*-
posuerit.
Nous avons montré quels hommes la patrie avait en réserve , pour défendre son territoire et, sa liberté. (Tacite. )
Le général Barbanègre coininandail clans Huningue, lorsque les alliés occupaient une seconde fois Paris. Il obéit à son devoir, qui lui faisait une loi de conserver au gouvernement français , quel cju’il fût , la place cju’il avait reçu l’ordre de défendre. Il rejeta les propositions de l’archiduc Jean , qui le pressait d’accéder à une capitulation. Bientôt la ville d’Huningue lut investie par une armée nombreuse, et se vit exposée au feu de quatre-vingt-dix ou cent pièces d’artillerie de siège. L’archiduc Ferdinand vint joindre son frère, et le bombardement d’Huningue fut ordonné. La défense fut aussi vive que l’attaque; long-temps les efforts de l’ennemi
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lurenl inutiles ; mais enfin il l’allnl eéder à la fortnne et aeeejiter une honorable eapitnlation.
L’armee ennemie, ayant j'isa tète deux archiducs, est ranoce en bataille pour voir dcfiler cette garnison qui s’est couverte de gloire. Quel spectacle ! deux jielotons de canonniers , un peloton de soldats de ligne et cimj gendarmes, guides |)ar le general Harhanègre , sortent de la [)lace, tambour battant, et passent devant la ligne ennemie ipii ne peut retenir sa surprise et son admiration.
Le générai liarbanègre est aujourd’hui sans emploi.
LF. TABLEAU.
Lf, premier bataillon de la Haute -Saône fait une sortie. On voit, à gauche, ses premiers rangs, et sur le devant du tableau, deux oüiciers, dont l’un reçoit de l’autre le commandement militaire. Leurs attitudes sont admirables de vérité. Ce premier plan occupe une hauteur. L’œil descend et s’enfonce dans la vallée qu’elle domine. Là, on aperçoit une tour à mtâchicoulis , que nos braves viennent d’emporter, et où leurs bataillons entrent au milieu des coups de fusil et de la fumée. A droite , un monument fu-
DÉFENSE d’hUNINGUE.
nëraire frappe les regards. C’est celui d’un guerrier mort pour la France. Abatucci repose sous cette terre que défend Barbanègre et qu’arrose le sang des défenseurs d’Huningue. Noble souvenir! noble tombeau ! Fête sépulci-ale, digne des mânes d’un béros mort pour la patrie!
La coideur de ce tableau est très -remarquable. Jamais M. Horace Vernet n’a saisi avec plus de vérité la pose et la physionomie du soldat en campagne. La perspective est profonde; les détails du fond se dessinent nettement , sans choquer la vraisemblance ni détruire l’idée de l’éloignement où ils se trouvent. On reconnaît ici , mais dans un plus petit cadre et dans une espèce de calme qui convient à la défense d’une place forte , le beau talent qui a tracé la bataille de Jemmapes.
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