‹ Salon d'Horace VernetChapitre 58 sur 74 · VUE DE BOULOGNE SUR MER · texte numérisé non relu

VUE DE BOULOGNE SUR MER

A l’Époque des préparatifs.

Il y a des borames cjui u^admirent pas U grandeur de l’enlreprise , mais îa re'ussite ; ei qui mesurent leur estime d’après le succès. ( Mad. de Staël. )

Le peintre a choisi l’e'poqiie, où les préparatifs d’une invasion en Angleterre tenaient l’Europe en suspens, et où la ville de Boulogne fixait l’attention publique. L’Angleterre, maigre sa jactance habituelle, éprouvait une vive inquiétude ; les regards de nos grenadiers fixés sur ses côtes peu éloignées, troublaient la sécurité de ses villes, et jetaientl’eflVoi parmi ses yeomen. Sa politique habile surveillait tous nos mouvemens;mais .son or remuait l’Allemagne; et les lauriers que nos guerriers espéraient à Londres, furent cueillis à Vienne et à Austerlitz.

LE TABLEAU

V^oici les côtes de France. Vous voyez sur le rivage tou.s ces préparatifs singuliers et terri-

YVK de BOll.OG.NE SIR MER. 1.37

blés : ces pyramides de boulets, ces chaloupes canonnières, ces projectiles, ces radcauv prépares, ces mortiers de toute es[)èce, ees fusées incendiaires , vous annoncent de grands et de ^astes jirojets. Si votre pensée n’aime pas à s'enfoncer et à se perdre dans le dédale des probabilités et des possibilités d’une telle entreprise, et (pie vous puissiez vous livrer à un stricte examen de ce tableau, sous le rapport de l’exécution, vous en admirerez la jiarfaite exactitude, la netteté dans des dimensions fort petites, et l’arrangement pittoresejue, malgré la vérité scrupuleuse d’un site, (pii n’otfrait aucun contraste agréable ou piquant.

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