‹ Salon d'Horace VernetChapitre 68 sur 74 · DE M. MACHADO · texte numérisé non relu

DE M. MACHADO

COI^SUL-GÉNÉRAL D’ESPAGNE , Représente à cheval.

Voyez ce fier coursier , noMe ami de son maître; Son compagnon guerrier , son servileur cliampêlre.

(Delille )

M. Machado m’est inconnu; il me semble toutefois que j’ai fait, d’après ce tableau, connaissance avec lui. Il s’appuie si bien sur son cheval; il a l’air si vivant, si parlant, si anime, qu’on l’arrêterait volontiers, en le saluant, pour lui demander des nouvelles de l’Espagne et des Cortès.

Mais on admiresurtout ce beau cheval. Quelle fierté ! comme il va partir, s’arrêter, fuir avec rapidité', si son maître commande ! Le lustre de son poil , le feu de ses regards, le caprice et la forme des taches de sa croupe, la finesse de ses jambes prêtes à commencer une course rapide, tout donne lidee de celte noble conquête f sur la-

PORTRAIT DE iM. MACHADO. l65

quelle la famille Vernet semble avoir usurpe' un droit exclusif.

Dans ce tableau, les vètcmens sont supe'rieurement traite's, sans être minutieusement de'taille's, comme dans certains tableaux flamands.

[ JV‘> L. ]

L’ATELIEK

Tous les goûts à la fois sont entres dans son ame.

(Voltaire.)

Je ne connaissais pas encore M. Horace Vernet , et j’avais le désir de me lier avec un artiste dont le pinceau brillant et les plus simples croquis attiraient déjà l’attention de tout ce qui , parmi nous, aime encore les arts et la patrie. Un de ses amis , peintre estimé , me donna pour lui , il y a quelques années , une lettre de recommandation. Je ne perdis pas un moment pour en faire usage , et, à mon grand étonnement, je pénétrai sans peine jusqu’à l’endroit où travaillait ce jeune peintre.

La solitude, la tranquillité, le mystère même, m’avaient toujours seinblé nécessaires aux méditations du talent. Je m’étais fait d’Horace Vernet l’idée d’un homme absorbé dans l’étude de son art , recueilli en lui-même, plongé dans un profond oubli du monde extérieur , et accu-

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