CHAPITRE PREMIER
Aspect général du Ssdon. — MM. Hsessnt et Horach
VERlfKT.
Le Salon de cette année est, de beaucoup, plus nombreux que celui de 1827, et ainsi, à ce qu'il semble, les artistes n'ont pas été surpris àl'improyiste, comme on Va plusieurs fois répété pendant le mois de répit qu'on leur a donné. C'est tout simplement qu'une fois décidés à comparaître devant le jury national, ils ont voulu profiter des derniers instans qui leur étaient accordés pour donner à l'œuvre sortie de leurs mains toute la perfection dont ils sont capablest^ll y a dans cette conduite, si naturellement explicable, tout à
i6 SALON DE 1831.
la fois courage et modestie. Le blâme serait folie, et la louange n^est que justice.
La disposition adoptée pour l'exposition de cette année est de beaucoup supérieure à celle de la dernière* Les jours sont plus habilement ménagés ; et d'ailleurs qui oserait se plaindre en voyant que le portrait ou le paysage qu'ilaenvoyéestattachéprécisément à la même place qu'un Rubens ou un Murillo?
Cependant, dans notre première visite, nous avons remarqué quelques morceaux qui n'é* talent pas vus k une distance convenable , et qui , en raison des proportions données aux diverses parties, devraient être abaissés pour être jugés convenablement. Quelquefois même nous avons vérifié cette observation sur des toiles d'une assez grande étendue , mais dont l'exécution très faite et trèt passée ne permettait pas au spectateur de s'éloigner. D'autrefois , au contraire , des compositions d^une moindre étendue, mais plus hardiment peintes, etd'une couleur plus empâtée, nous ont paru pouvoir impunément subir la critique k de plus grandes distances. Ce sont là, si l'on veut , de minutieuses et subtiles dis*
SALON DE 1831. i^
tînclions. Pour vous qui allez au Salon , à la bonne heure ! mais pour Partiste que la moindre négligence expose k l'oubli, ou condamne au blâme le plus amer , c'est chose sérieuse et grave assurément; malheureusement nous sommes forcés d'avouer que, dans la plupart des cas^ ces sortes de questions seraient difficiles à juger.
Je n'ai pas la prétention d'indiquer aujourd'hui tout ce que j'ai aperçu de remarquable ou d'important dans ma première visite. Mais je puis au moins signaler à l'a« vanceles admirables et naïves compositions de M. Decamps, qui n'ont de modèles nulle part 9 qui ne rappellent rien , et qui n'étonnent pas moins par leur exécution parfaite que par la simplicité de leur invention.
Nous avons vu le Virginias de M. Lethière; depuis quelque vingt ans qu'il en est question, bien des critiquesétaientembarrasses d'en donner leur avis, faute de l'avoir vu.,
M. Gros n'a envoyé qu'un portrait, qui ne ressemble en rien aux toiles que nous avons été revoir au Luxembourg. Nous dirons pourquoi et comment.
i8 SALON DE ISdI.
M. Barye nous a montré des animaux exécatés, à ce qn'il nous semble, avec un grand sentiment de vérité. L^exécutîon est peutêtre un peu sècbe.
Les portraits et les tableaux de genre sont en grand nombre. Nous ayons surtout distingué MM. Champmartin et Decaisne, MM.Granet, Eugène Isabey,Cainilley Roqaeplaii et Paul Huet. Nous appelons surtout fattention sur la Vue de Dunkerqae de H. babej, et sur un grand paysage de M. Paul Huet.
M. E. Dereria nous a donné la Mcrt de Jeamte d'Jrc, et deux tableaux appartenant \ la galerie du Palais-Royal. Nous aurons de lui, dans quelques semaines, une autre composition importante, Pujet présentant son MUûn à Louis XI F, élans t Orangerie de Versailles.
Nous invitons dès aujoord^ui tous ceux qui mettent quelque importance k se former un avis pour le garder, k regarder longtemps la Liberté de M. Eugène Delacroix, et ses Tigres. C'est à eux de voir quel compte le peintre a tenu des critiques <^ l«t ont été faites les années précédentes.
Tout le monde a déjà parié de MM. Schnetz, Robert et Delaroche, et rempressetnent public n'a rien qui doive étonner.
Nous quittons bien vite et bien volontiers cette sèche et incomplète nomenclature, pour aborder MM, Hersent et Horace Vernet.
La réputation de M. Hersent date de son Gustave Fasa. Cette composition est jugée, et nous n'y reviendrons pas. Plus tard, si j'ai bonne mémoire, il fit un portrait de madame Didot, qui fut trouvé admirable. Le modèle était fin : on s'y laissa prendre sans peine , et dès ce moment M. Hersent ne fit plus que des portraits. Grande fut la douleur de ses amis. On publia partout k son de trompe que M. Hersent renonçait k l'histoire. Je ne sais pas si c'est dans l'intention d'agraver nos regrets , que l'auteur a remis sous nos yeux tout récemment une bataille, composée il y a long-temps, dans la galerie du Luxembourg. Pour être vrais, comme nous l'avons promis, nous sommes forcés d'avouer que nous lui conseillons au moins de ne plus faire de bataille. Voyons ses por-
Bo SALON DE 1831.
traits : nous avons celui du Roi , celui de la Reine, celui du duc de Montpensier, et d'autres.
* Le portrait du Jtaî est d'un aspect malheureux et pauvre. Le fond n'est pas bien choisi, ni surtout bien disposé. Cest du velours que le peintre a voulu faire, au moins je le crois; mais il a tant jalousé les moindres touches indiscrètes de son pinceau ; il a si laborieusement effacé toutes les étourderies qu'un premier et involontaire sentiment de vérité lui avait fait commettre, que ce velours , à la fin , s'est trouvé comme l'homme entre deux âges, complètement chauve et dépouillé. Il avait cependant deux modèles dont il pouvait à coup sûr profiter : le portrait du petit Lambton, que nous avons vu au dernier Salon, et le portrait du dernier roi, dont nous avons vu à Paris une gravure admirable de Cousins. 11 pouvait trouver là tous les élémens nécessaires pour composer un bon portrait. Je sais bien que notre costume ne se prête pas aussi volontiers aux caprices et aux fantaisies de la peinture que le costume Louis XIII , dont
SALON DE 1831. m
Rubens a fait un si merveilleux usage, ou que le costume Charles I«% auquel Van Dyck â^rlôiiaé une si grande célébrité d'élégance et de noblesse. Mais croj^ez-vous que si Rubens et Van Dyck revenaient, ils ne sauraient pas tirer parti du costume français en 1 83 1 ? Nous renvoyons ceux qui en douteraient à tous les portraits parlementaires de Lawrence, que nous connaissons par les gravures de Reynolds, Cousins et Maile.
L'art, quoi qu'on en dise, trouve à se loger partout; tout lui obéit, tout lui cède quand il commande impérieusement. Mais pour réussir, il faut vouloir. Pour faire quelque chose de complet, il faut, avant tout, prendre un parti décisif; et malheureusement, dans l'œuvre de M. Hersent , il n'y a pas de parti pris. Je n'en sais qu'un qu'on puisse deviner ou soupçonner en regardant son tableau; mais celui-là, il valait mieux ne pas le prendre: c'est le parti de la timidité la plus absolue, appliquée à toutes les questions pittoresques qui ont dû successivement se présenter dans le cours du travail. De près , il est visible que ce tableau n'a pas un seul
défaut, et voilà précisément pourquoi je le trouve détestable. Le dessia n'est pas assez osé, assez détourné de la réalité de tous les jours, pour effaroucher ceux qui croient continuer Raphaël en imitant M. Gérard.
Mais il n'y a pas non plus une telle absence de couleur et d'ornemens, que la toile doive tout d'abord être maudite et réprouvée par ceux qui veulent retrouver Rubens dans récole anglaise. 11 y a dans Tensemble du portrait je ne sais quelle déplorable envie de plaire à tout le monde, qui me déplaît souverainement. Plaignons sincèrement La Fontaine d'avoir inutilement écrit la fable du Meunier, son Fils et VAne. Je crois me souvenir cependant que M. Hersent a fait une suite nombreuse de dessins pour les œuvres du fabuliste.
Avez-vous quelquefois vu un jeune homme de vingt ans en trer pour la première fois dans un salon nombreux ? la figure gauche et em* barrassée , ne sachant que faire de ses bras, indécis sur la personne qu'il ira saluer d'abord, incapable de découvrir d'un coup d'œil i la maitresse de la maison , adressant par mé-
SAISON DE tnU 23
garde ses premiers regards et presque soa premier mot aux fauteuils vides* qu'il rea^ contre sur sa route et qu'il a manqué ée resH .verser? Si quelque ame bieufaîsaiite ne vient pas vers eette ame eûi peine , je ne sais ce qu'il deviendra. Où j'ea veux venir, le voici:
M. Hersen^t, malgré soû &g# et ses lauriers, eoflome dirait VAlmanach de& M oses, M. Hersent est précisément comme ce jeune homme de vingt ans, embarrasse de savoir qui de»
deux il 4oit saluer de la couleur ou du dessin ; il n'aurait pas fait V Odalisque de M. Ingres;» il n'eût pas voulu tant dessiner, il aurait craint de se compromettre avec les colo^ ristes; il n'aurait pas fait la Namance de Henri IF de M. Ë. Devéria ; il n'aurait pas voulu peindre tant d''étoffes si riches et si variées : il aurait eu peur de se compromettre avec les rapbaélistes et l'école de P^vid.
En résumé, \eportraH du, Boijuàx M. Hersent me parah signaler d'une û^n éclatante la nullité de l'artiste. Quelques personnes commencent à, s'en apercevoir naïvement cette année I et à ledire, comme elles le sen* tent, simplement. A celles-là, on ne peut
qu'applaudir; mais d'autres, et en plus grand nombre , s'étonnent et s'affligent des impressions fâcheuses et tristes qu'elles éprouvent en présence du tableau signé d'un nom qu'elles ont si longtemps révéré et admiré sur parole; à celles-ci nous n'avons qu'un mot à dire , c'est que leur étonuement et leur douleur sont de bon augure pour l'avenir de leur goût. D'aujourd'hui seulement elles jugent par elles-mêmes, et nous les en félicitons bien sincèrement. Que de gloires contemporaines viendront échouer contre le même écueil ; que de femmes adorées au bal , à l'éclat des lumières, des fleurs dans les cheveux, riches le soir des cheveux qu'elles ont achetés le matin , animées par la waltz, passent ignorées à l'insu de nos regards, le matin, à la promenade, à la lumière si désespérément vraie du soleil; que de beautés s'évanouissent au grand jour; que de talens prônés disparaissent dès qu'on Veut sincèrement lire dans sa conscience 6es impressions personnelles, ce qui n'est pas si facile qu'on pourrait d'abord le penser. Je m'assure en toute sécurité que, lorsque deux cents per-
SALON DE 1831. a5
soones sont réunies, s^il m'était donné de lire , comme maître Floh y dans toutes les âmes, j^en compterais à grand^eine vingt d'assez osées pour penser à leur manière.
Que dire des deux autres portraits que nous avons nommés, de celui de la Reine et de celui du duc de Montpemier? ce que nous avons dit de celui du Roi , et ajoutons pour celui-ci, en passant, qu'il est presque scandaleux pour un peintre, avec les ressources infiniei^ de son art, dé n'avoir pas atteint si haut dans l'exécution du masque humain qu'un sculpteur, dont les moyens et la puissance sont, à coup sûr, beaucoup plus restreints ; ei cependant personne , sans doute , n'a encore oublié l'admirable parti que MM.
Domard et Barre avaient su tirer du profil royal dans le dernier concours de monnaies.
Serait-ce que l'art, pour s'élever, a besoin de rencontrer sur sa route des obstacles nombreux? peut-être bien ; au moins devons-nous à la complicaUon de notre système musical, d'entendre un moindre nombre d'opéras in-
signifians. Toutefois, il ne faudrait pas conclure de ces lignes- que nous admirons de
36 SALON DE t83t.
bonne foi le buste de M. Caillomtey choisi , parmi trente, par l'Institut pour figurer officiellement dans les préfectures et les mairies. Mais nous croyons que le vaudeville mourrait dès demain, si l'on exigeait que le dialogue fût écrit en français et que les couplets fussent rimes «
Venons à M. Horace Vernet, à Tune des ré-* putations les plus populaires de la France.
La plupart des tableaux que nous voyons au salon cette année étaient connus à l'avance.
On se rappelle que Jemmapes et Falmy furent proscrits sous la dernière restauration , et que le public, toujours empressé de manifester son opposition aux craintes si souvent et si ridiculement niaises du pouvoir, ne manqua pas de se porter en foule à l'atelier de l'artiste. Tout a été dit sur le mérite de ces compositions ; mais tout ce qu'on a dit ne serait plus bon à dire aujourd'hui. Le mérite politique s'est complètement évstnoui. Voici que la statue de Napoléon va remonter sur la colonne* Voici que les campagnes du duc d'Angouléme descendent de l'arc du Carrousel , où l'on avait essayé de les greffer violem-
meni entre les grenadiers et les aigles de Tempire. Le patriotisme de Tauteum'a plus rien à faire avec son mérite pittoresque. La gloire de nos trente dernières années n'est plus proscrite : on en parle à son aise. Le roi, dans les solennités où il s'adresse directement k nous, n'hésite pas à rappeler les beaux faits d'armes que M. Hortce Verne t a retracés. Comment les a-t-il retracés? voUk l'unique question qu'on puisse poser aujourd'hui ; toute autre serait oiseuse et inutile. Or, si nous rapprochons ces deux batailles des trois pages gigantesques et homériques de Gros , qui se promenait , il y a quelques mois , au milieu de nous , pour entendre autour de lui le murmure et les applaudisse^ mens de la postérité , pour jouir de l'extase muette d'une génération qui n'est déjà plus la sienne , pour assister vivant à la résurrection de son immortalité que notre frivolité dédaigneuse avait presque oubliée , que plusieurs même avaient blasphémée et méconnue , dans quel étonnement et dans quelle confusion ne devons -nous pas tomber?
Avouons -le franchement : le souvenir de
a8 SA.LON DE 18S1.
l'empressement avec lequel nous avons consenti ou concouru au succès de M. Horace Yernety fait honte à notre goût. Nous Tavons applaudi, adoré, préconisé comme un pamphlet. Mais où est le style du pamphlet , maintenant que nous n'avons plus sous les yeux celui que la satire devait atteindre?
Maintenant que l'épopée impériale ne doit plus faire rougir personne, il convient d'examiner Comme il a traité ces deux épisodes.
Ce n'est qu'à cette condition que nous pouvons accepter la popularité de M. Horace Yernet. Or, le problème, une fois réduit à ces termes, se résoutfacilement. En mettant Gros hors de question, pour éluder d'une seule fois toutes les objections tirées des ressources que le peintre devait naturellement trouver dans les dimensions d'une toile' de trente pieds , 'Sans nous arrêter à compter toutes les difficultés sans nombre qui naissaient des dimensions même de la toile, sans insister sur l'impossibilité absolue de rien escamoter dans de pareilles proportions, nous demanderons à tous les hommes de bonne foi, à tous ceux qui ont des yeux pour voir et qui
savent s'en servir, y a-t-il dans Jemmapes et Falmy deux soldats ou deux chevaux qui se puissent comparer sans un amer ridicule aux chevaux et aux soldats de Géricault et de Charlet? la réponse se devine sans peine.
M. Horace Vernet, qui, avant d'être peintre, est homme d'esprit, a paru comprendre que sa popularité patriotique tirait à sa fin, et pour faire tête à cet orage imprévu dUngratitude qui menaçait d'engloutir sa gloire, il a voulu changer sa première manière qui, envisagée sous le rapport de l'exécution, était tout simplement moins sèche et moins pauvre que celle de Carie. 11 est parti pour l'Italie, et là, au milieu des élèves qu'il dirige, il a fait de nouvelles études. Peut-être même a-t-il étudié pour la première fois.
Car ses premières et rapides improvisations ne révèlent pas un désir bien sincère de reproduire fidèlement la nature, telle qu'on la voit ou qu'on la rêve. Ce sont des indications plus ou moins incomplètes, plus ou moins ingénieuses; mais de l'art sérieux, de la vérité intime et profonde, il n'y a nulle trace.
Zo SALON DE 1831.
Il a essayé de se corriger. A-t-il réussi?
Nous ne le croyons pas. Cest à la seconde manière de Tautëur qu'il faut rapporter le pape Léon XII et la Judith. Et ces deux compositions ne rappellent en rien les maîtres italiens que M. Vernet a sous les yeux.
MM. Schnetz et Robert ne sont pas directeurs d'académie, mais ils profiten t sans cela , peut-être à cause de cela, du climat et des galeries de l'Italie ; la première impression produite par le Léon XII ^ c'est une douleur vive aux yeux. Et ici je prie qu'on me considère comme fidèle historien : car je ne raconte pas seulement ce que j'ai éprouvé, mais je parle aussi d'après de nombreux témoignages qui m'ont été transmis. H y a dans les draperies et même dans les figures une profusion si indéfinie de rouge, de bleu, de violet, qu'on est presque aveuglé au bout de quelques minutes. Il y a dans la galerie des trois écoles , un portrait de Catherine d^ Aragon^ par Raphaël , vêtu de velours écarlate , mais je ne sais pourquoi je l'ai toujours regardé kmg-temps sans fatigue et sans douleur. Je veux croire que cela tient, non pas à la quan-
SALON DE 1831. li
tite^ mais à Pemploi de la couleur; car les Noces de CanUy de Paul Véronè»e, n'aveuglent personne ; et Dieu sait si la couleur y est épargnée ! Je me souviens d'avoir entendu au Luxembourg une mauvaise langue dire , en parlant de Léon XII: Âh ! mon Dieu , qu'esi-ce donc ? des homards et de la raie* Ceci n'est qu'une mauvaise plaisanterie; mais au fond il y a bien quelque chose de vrai. J'ajouterai que toute la toile manque d'air et de vie ; le pape est d'une vieillesse parée, adonisée, presque transparente. Quant aux têtes placées au bas, elles sont luisantes et lisses comme une porcelaine de Sèvres.
La Judith est moins crue de ton, moins plate d'aspect, mais beaucoup plus maniérée.
J'imagine que si le drame traité par M. Ver* net était mis en opéra , l'héroine ne manquerait pas d'étudier et de reproduire son tableau. Il y a dans le sourire d'Holopheme endormi une lubricité vulgaire et triviale ; sa tête manque absolument de grandeur, n'inspire aucun effroi, et ne permet pas de trembler un seul instant pour celle qui va si hardiment et si brusquement rompre son
39 SALOM DE 1831.
sommeil : je ne lis sur ses traits qu'une débauche et une ivresse comme on en voit tous les jours : la poésie et l'art n'ont pas passé par.lk. Quanta Judith, dont tout Paris connaît le modèle , copiée presque littéralement sur une actrice mêlée à de funestes souvenirs, on peut assurer que W^^ P. avait et conserve encore une majesté imposante et grave qu'on chercherait en vain sur la toile de M. Vernet. A quelque foi, à quelque incrédulité que l'on appartienne, en dehors de tous les systèmes mystiques ou sceptiques que l'on peut avoir adoptés, la Bïble est un ensemble de magnifiques poèmes , el quand on s'avise d'y toucher, et d'en vouloir Urer et détacher quelque chose, il faut le faire large;nent,liardiment, mais simplement. Voyez Milton, Klopstock, Raphaël, Michel-Ânge, ils poétisent et agrandissent les paroles délai Bible; mais s'ils vont plus haut, c'est en suivant la même route. Ils n'ont pas, comme Horace Vernet, la prétention ou le malheur d'enjoliver el d'enbourgeoiser le drame biblique en essayant de le renouveler, de l'habiller en costume moderne.
<^'%<%/«%%^<V%l%<%<Vy^^%^rf%/»^<V%'%<»<^^>%r^»%/^%«^V*^^^»^^^^^^<^i^^<%^^^^»»^>^»^^^l^»^^^«X%