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madame de Mirbel^ et .assistent à ces charmantes rémiions des i^^ et i 5 de chaque mois.
Mademoiselle fforiens^ — Âh ! yous vous en allez sans regarder ces portraits.
M. Delanoir. -^ Il arrive à M. Meuret ce qui y dans le monde ^ arrive aux gens d'esprit 2 assis tout près des hommes les plus remarquables de l'époque^ le voisinage les effîice. Donnez un siège à Scribe à côté de M. de Château^ briand^ c'ç^t k peine ^i on s'apercevra qu'il est là.
Mademoiselle Hortense. ^-*- Ces deux petites filles^ dont une joue avec un chat^ . et cette jeune personne 4ebout dans un paysage y aont cependant trèsrjolies.
— Très^gentiUes^ mademoiselle^ Irès^^agréa* blés ; cela vaut beaucoup mieux que bien des choses d'artistes plus renommés que M. . Meun ret.
Deox Tienies dames. '— La bacchante de M. Lesage. — M. Norblin. <* Une bacchante. ~ Érigone. «- M. P. J. Lordon. — les songes de Péris et de Télémaque, ~ M. Ansiaux. — Les Danaides. — La chaste Suzanne, — Mademoiselle de Formont. -^Femmes nues par M. Pfouyière. » M. Delorme. — Le rendez-vous , par M. Bazin. — La mère aveugle , par M. Spindler. — M. Vallon de Yillenenye. — M. Franqudin.
— M. Alphonse Roëhn. — M. Olagnon. — La petite bonne,
— M. Destouches. — La Esmeralda, ^ M. Aug. Couder. — M. Tony Johannot. -* Scène domestique, — Le bal inter^ rompu* — M. J. Petit. — Mademoiselle Marigny. — La séduction au bas de soie, — La séduction au cochon, •* M. Auvray. M. Grenier. ^ M. IKiYal Lecamos. -^ M^ Pupin aine, ^ La princesse SyMle,' ^ MM. Abel de Pujol, Caminade, LatiK
Le ' salon est au moins très - décent cette année ^ disait une vieiMe dame à une de ses
amies assise à côté d'elle sur une des banquettes qui entourent le globe de la grande galerie.
— C'est vrai, répliqua la seconde dame, il n'y a pas de ces vilenies que nous avons vues pendant trente ans au Louvre.
— C'est feu M. David qui avait amené la mode de tous ces gens nus de la tête aux pieds, se montrant de tous les côtés impudemment et sans égard po^r les chastes yeux des femmie»
de Wen.
«-r Que vouleï-vou*^ ma ebère amie ! un révolutionnaire ! le peintre des sans-culottes !
A f^e moment-là, j'inscrivais sur la marge de mon livret le n^ T6i . Cest celui d'un faUeau de M. Duldc, que je voulais joindihe à nia liste où j^ai porté les titres de tous les tableaux dont les auteurs ont en une même pensée de volupté, non pas de cette volupté chaste., si bien comprise par M. Gérard, et si délicat«ment traduite dans le baiser que reçoit Psjchéy mais de celle que les vaudevillistes ont à leur usage pour les couplets grivois, les phrases équivoques et les 9cibûfi» égrillardes. Je me pris à rire mal^é moi, en entendant ces respect
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tables dames se féliciter d'une bonne fortune qu'elles n'araient pas eue encore. Elles s'en aperçurent^ et l'une d'elles , en m'offrant une pride de tabac ^ me dît :
— Monsieur, est-ce que vous n'été» pas comme nous Àiifié de la moralité du salon!
-— Mais ^ madame, r^pondis*je, je ne suia pas &cile au scandale : dans une figure nue , que Fauteur a déshabillée, seulement pour me montrer qu'il sait dessiner et peindre , |e ne Toia qu'mie étude, un objet d'art fort inno^ cent. Ainsi, M. Lesage a pu étendre sa bao* chante sous un berceau de vigne, sans qu'il me soit venu d'autre pensée à Tl'esprit que cdle-qi : « Cette figure de fenotme à la peau griae est une bien médiocre peinture !» M. Norblin a pu endormir la senne après Favoir ^^ vrée, et lui avoir rougi les lèvres d'un vin de Salerne, sans qu'il m'ait pris env^ de l'aller réveiller. Je vdLs là , conome dans soti Engoue 3 une fiUe de campagne solide, bonne pour un garçon de femse qui veut avoir une ménagère, capable de labourer, de '&nre le pain, la le^
me , tA une denu^louzaine d'enfims; fj ^^^ un dessin assez lourd, un coloris qui n'est
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guère plus distingué y mais dix fois plus de talent qu'il n'y en a dans l'académie de M. Levage ^ dans VÊrigone àà M. P. J. Lordon^ dans les Songes de, Paris. et de Télémaque de M. Ânsiaux y dans les Danaïdes de je ne sais par qui y et dans la Suzanne que mademoiselle ^e Formont doit à de vagues souvenirs de Lafesse. M. Nouvière m'a montré des femmes qui se baignent ; je n'y ai vu que des modèles^, dont la nudité est enfermée dans un patron taillé chez M. Ingres; il m'a montre parrdevant une odalisque endormie > et tout ce que j'ai pu dire à cette pauvre fiUe y • c'est qu'elle a tort de s'étendre ainsi pour montrer la pureté de ses formes ^ parce que sa prétention n'étant qu'à demi justifiée, on lui reprochera d'autant plus ses défeuts qu'elle a l'air de se croire par&ite, sous le prétexte assez vain qu'elle a été pétrie d'études feites chez un grand dessinateur. M, Nouvière m'a montré cette même odalisque dans la position oii le roi Candaule voulut que son ami vît la reine y et tout en. avouant qu'il y a dans les reins et tout ce qui les suit, dans les cuisses et les jambes, des choses assez jolies de forme , de modelé et
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même de ton^ je n'ai pas fait le péché de Gygès ? Quelqu'un m'a dit que le sujet de ce tableau est YApoÛiicaire en retard^ et je l'ai cru ; tant il m'est indiffîrent que ce modèle à trois fi:*ancs la séance &sse voir son dos à moi^ ou au clistorel qui doit lui administrer ime douche intérieure. Quand l'artiste déshabille ses figures avec une intention impure^ c'est différent ; mais cette année y comme vous l'observiez très- bien ^ c'est rare. Excepte M. Courte qui dans %&è jeunes filles à perroquet^ a recherché le succès charnel dont M. Dubuffe eut le monopole pendant quatre ou cinq ans ^ je ne vois personne qui ait visé à ce genre de popularité ; car si Sapho et Phaon sont presque nus dans le tableau de M. B^ lorme , ce n'est pas. pour feire venir de coupables pensées aux jeunes gens qui sortent du collège; c'est seulement pour attirer l'attention du public sur le style prétentieusement élégant de l'auteur , le fini minutieux de son pinceau^ l'éclat de sa couleur feusse et brillante.
— Hors ces tableaux que vous venez de nous signaler^ et dont j'avoue n'avoir vu que le
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dernier qui m'a paru bien plus dangereux que vous ne dites ^ sous le rapport des mœurs, parce que les personnages en sont fort séduisans, il n'y a rien ici qui blesse les regards des personnes sages.
— C'est que les personnes sages comme vous, madame, ont un admirable instinct pour fair les mauvais spectacles. Vous n'avez pas regardé en censeur bien austère ; moi , qui n'ai pas cherché , j'ai rencontré une dizaine de tableaux, qui vous auraient prouvé que l'exposition de ^ 831 ne diffère guère des précédentes au chapitre de l'amour profene.
— Quoi ! des nudités !
— Non, madame. Dans les scènes que je veux dire, l'amour est assez décemment vêtu; il a fichu, robe, chemise et pantalon; mais il n'en est pas moins ardent.
— En vérité ! Mais oîi ont-ils donc caché ces horribles représentations grivoises?
— Elles ne sont pas cachées, madame; et si vous voulez les voir je vais vous les montrer tout de suite.
— Ma chère amie , reprit la plus âgée des
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à&MX )>aane$ darnes^ n'acœptez pas ; il fiaut fiiir ces peintures damnahies. Quand vous aurez inoa^ âge, ce siéra sans danger; mais au vôtre !...
— J'ai cinq[uante-huit ans, ma chère, et vous tout au plus soixante-quatre.
— Gbl soixante-quatre! vous êtes généreuse aujourd'hui ; je n'en aurai que soixantetrois, vienne la Saint-Louis. Mais vous, est-il possible que vous ayez cinquante-huit ans.**
— Cinquante-huit.
— Avant-hier, chez madapie de l'Âuiriante, vous ï^m aviez que quaraôite-neuf ; vous l'a^ vez dit.
— Vous savez bien que c'est à cause de cet ennuyeux chevalier de Viloison, qui veut abso^ lument que j'aie été à un certain bal duDirectoire, d'où il m'aurait ramenée, dit-il, dans une voiture de Barras. J'y étais en effet, mais je ne voulais pas y être pour Viloison; il est si fait ce vieillard, que sans le témoignage irrécusable de mon âge, espèce d'alibi excellente, il aurait laissé croire...
— Mon Dieu , mesdames, tout cela est fort simple ; madame était trop jeune pour avoir
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pu assister à une de ces fêtes galantes où l'hon^ neur des femmes courait d'assezgrands hasards; elle est assez raisonnable pour toir reprësçnter au Louvre ce qu'on voyait jadis en réalité au Raincy et à la Malmaison. Acceptez mes deux bras^ et venez tout près d'ici d'abord. Tenez , voici un jeune homme donnant un baiser à une jeune personne.
-~ Oui j un baiser très-positif. Autrefois on embrassait sur le front en peinture.
— L'école nouvelle a changé cela ; elle aime le positif des çhpses. Aussi chez M. Bazin on s'embrasse à ce rendez-^vous , conmie en A 915\ on s'embrassait chez M. Clément Boulanger', dans la chambre de la maîtresse de François P'. Au reste, ceci n'est rien encore. Voilà la Mère aveugle de M. Spindler. Vous savez la chai\son de M. Béranger : Lise , vous nejilezpas !
— Non assurément , monsieur y nous ne la connaissons pas ! Nous prenez-^vous pour des grisettes, ou des ci-devant tricoteuses des sections?
— Lise reçoit son amant en présence de sa mère aveugle; la bonne fenune entend des chuchôtemens , des rires étouffés , > puis des bai-*»
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sers^ et chaque fi>i« qu'elle croit être sûre que sa fille est occupée d'autre chose que de son rouet ^ elle lui £ait part de ses dëcbuyertes et lui répète son re£rain : Lise ^ vous ne filez pas !
— £h bien ! chanson et tableau sont deux horreurs.
— La chanson est ravissante , le tableau n'est pas bon : voilà entre ces deux horreurs ^ conune vous les appelez^ la différence ficheuse. •M. £|)indler a l'exécution aussi molle , aussi tâtonnée^ aussi commune ^ que Béranger Fa ferme 9 sure et élégante. Autre scène de séduction. Celle-ci est de M. Bruyères, et ne vaut guère mieux que celle de M. Spindler.
— ^Ëlle n'est pas moins criminelle* Si ce n'est pas une infeunie de la part de ce voyageur de chercher à séduire une jeune Suissesse !
— Encore , si elle était jolie ! si elle était en chair et en os, et pas en carton ! si cette peinture était bonne ! Parny et Voltaire ont trouvé grâce
— Non, pas dev^t moi, monsieur.
— - Vous les avez donc lus , madame ?
— En cachette, comme tout le monde. On parlait tant de la Jeanne de ce libertin de Vol* taire, et de la Guerre des Dieux de son imi-
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tateur, un homme charmant et plein d'esprit, que j'ai coniiu d'ailleurs beaucoup sous l'empire, qu'il a bien fallu m'en faire une opinion.
— ■' Le tableau de M. VaHou de Villeneuve est plus modeste. Ce couple villageois jaune et mou fondra tout à l'heure au soleil comme une motte de beurre ; aussi je n'ai pas la moindre crainte pour l'avenir de cette fille qui résiste aux désirs de son amant. Celle-ci va céder sans trop d'effroi. M. Franquelîn est fidus séduitônt que M. Valloù^ ' — Et plus dangereux par conséquent. J'ai vu de ce même peintre, je crois, une chose trèsattendrissante : une jeune mère priant la Vierge pour son en&nt malade. Quand on &it d'aussi jolies choses, comment peut-on s'oublier au point de représenter des scènes de boudoir dômme cette Embrassade.
— La jeune mère à genoux devant l'iroagfc de Jésus et Marie, si c'est celle que j'ai vuetlans la petite salle d'entrée , est le chef-d'œuvre de M. Franqueliii. L'artiste s'est élevé là à une énergie de touche qui lui est peu ordinaire. Il n'est pas dur et raide comme M. Génod; ilest moins vrai que M. Alphonse Roehn, auteur de
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la Chute du chai / et de la Declaratiœi pour rire, tableaux amusans où il y a des niayetés de ton^ des finesses de dessin^ des détails spirituels de composition qui les font choses très-agréables dans le petit genre; inais il vaut mieux que M. Olagnon , dont voici ia petite Bonne.
Elle blanchit les buffleteries de son bourgeois^ garde national et employé sans doute , que les occupations du bureau empêchent de bieii soigner son fourniment. H &udra que j'écrive à M. Olagnon pour lui demander l'adresse de ce trésor , moi qui ai été si vertement grondé à ma dernière garde par M. le maréchal^ parce que mes bu£Qeteries étaient jaunes I
— Ce petit tableau est fort innocent au moins; on devrait n'en pas faire d'autres.
— M, Franquelin^ dont je vous parle ^ cherche à s'élever jusqu'à M. Destouches; mais il ep est encore loin. Son Samedi des ouvriers est tout-à-&it dans le genre de la Lettre dor bandon de M. Destouches^ moins le drame à la Greuze qui se déroule chez ce dernier artiste. Toutes les amies de la pauvre abandonnée interrogent bien la figure de lein* compagne évanouie : je ne sais pourquoi aucune ne va \ son
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8ecoui*8 : est-ce qu'elle aurait fedt la fière tant que «on amant lui est demeuré fidèle?
— C'est probable, et on se venge d'elle. Ce tableau est charmant, n'est-ce pas, monsieur?
— Comme tous ceux du même auteur , qui traite le genre familier avec beaucoup d'esprit. M, Destouches n'a cependant pas cette année le succès éclatant qu'il obtint avec Y Amour médecin y le Contrat rompu , et surtout le Retour de la fille enlevée.
— Je me souviens de cela j c'était bien beau.
— Oui, bien joli, madame.
— Il peintl'aniourconvenablement, M. Destouches.
— Attendez, pour dire votre dernier mot , d'avoir vu les Deux rivales et le Hussard en semestre. .^
— Comment! il me JËaudrait revenir de la bonne opinîoiji que j'ai de cet artiste?... En effet, ceci est bien effronté ! Fi! la vilaine! elle se cache derrière la porte pour n^tre pas aperçue de sa rivale fiurieuse, que son amant retient avec peine: c'est de nous qu'elle aurait dû se cacher !
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* — La scène est fort gentiment composée et exécutée ; tous les accessoires. ...
— Me feraient rougir si je les regardais plus long-temps. Ce corset , ce lit. . . . Âllons-nous-
en^ monsieur.
— Oui , allons voir le Hussard en semestre.
n est là, suppliant, aux pieds de cette pauvre jeune fille , bien timide, bien tremblante, qui succombera tout à Theurè .
— Certainemeni;; il faudrait un dragon de vertu pour résister à cet impertinent hussard , et elle a Fair sans résolution. Elle ne veut pas encore, mais elle hésite,^ et le n^ilitaire trionaphera. A la bonne heure, cette vertueuse fille de là-haut ! Elle va tirer les yeux à Findigne moine qui lui parle d'iamour.
— Oh ! celle-là, c'est ime autre affaire.
Connaissez- vous Noire-Dame de Paris?
— Je suis allée souvent à Notre-Dame ; j'y vais chaque année £airç ma communion de la Pentecôte j je connais par£^itemeiitFéglise. Après?
— Avez-vous lu le r<^nan qui porte ce nom ?
— Un roman sur une église! des impudicités dans une cathédrale! Mais on n'a donc plus de
t7S L«S CAUSSaiBS
respect pour rien I Assurément non ^ monsieur ; je n'ai pas lu ces choses-là.
—Le prêtre que vous voyez était archidiacre de Notre-Dame, et éperdumeni amoureux d'une bohémienne qui dansait sur le parvis avec une chèvre.
— ' C'est quelque invention d'un auteur révolutionnaire contre la religion et les prêtres. N'est-ce pas cela qu'on s^ crié dans les vues de Paris après les journées de juillet, où il était question d'iuie cpn^ette de femme trouvée chez monseigneur Farcheyêque de Paris?
— Non, madame; rien de semblable. Claude Frollo et la Esmeralda sont des personnages d'une époque reculée , et il n'y a aucune allusion aux feits que vous rappelez. M. Victor Hugo est un écrivain grave qui ne fidt pas la petit;e guerre des libellistes. Son livre est une œuvre d'art s'il en fut, im grand poème, tme peinture sérieuse des moeurs de Paris au quinzième siècle. La Esmeralda qu'il a créée est une ravissante fille, ce dont vous ne vous douteriez pas à voir celle de M. Lordon. L'archidiacre est un être fiital., terrible, puissant, diabolique, maiâ non pas ignoble comme il l'est ici. On tremble quand on
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voit dans le tableau de M. Victor Hugo la bohé* mienne tombée aux mains du moine ^ comme une colombe sans défense aux serres du vautour ; ici on rit et l'on s'en va. Si la Esmeralda haïssait Claude FroUo y elle aimait le cajpitaine PhoebuSj beau soldat^ homme tout matériel; et un jour il arriva qu'ils se trouvèrent dans un lieu fort décrié. Ils y étaient parlant d'amour^ et échangeant les plus douces caresses^ quand Qaude FroUo survint le poignard à la main, Cest cette scène qu'n représentée M. Auguste Couder dans ce tableau j auquel une exécution fine et puissante a manqué pour qu'il eut auprès des amateurs le sucicès qu'il a obteioiu auprès dij^ public^ Si les tètes et les mains étaient de chair, si le drame était mieux compris > si les poses avaient moins de raideur^ si cette couleur^ du« ranent éclatante y était plus harmonieuse y s'il y avait enfin dans ce tableau une partie des qualités solides qu'on aime dans l'œuvre dramatique de M. Tony . Johannot ^ ou les choses se passent un peu comme ici^ M. Couder aurait retrouvé les éloges qui accueillirent autrefois ^n joli tableau de la Mort de Mazaccio, £t puisque je vousai parlé de l'ouvrage de M . Tony Johaimoti
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permettez que je vous mène devant une petite page pleine d'énergie et de sentiment.
— Est-ce que nous allons Voir encore quel* que abomination conoume ceUe de votre archidégourdie d'Esmeralda ?
— M'ayez pas peur^ madame ; en faisant le trajet d'ici au grand salon où est exposé le tableau de M. Johannot ^ je vais vous raconter le sujet. Une jeune fille était d^ns la chaumière de son père, écoutant avec bonheur les propos tendres du garçon que son cœur a choisi. Elle n'était pas seule 3 sa sœur ^tai t là y puis' sa grand' mère, puis une petite sœur encore. La conver*^ sation pouvait être ga.ie, rieuse, animée; les coups d'œil pouvaient s'échapper rapides et in-r teUigens ; mais l'amour en restait à ces' muets truchemens, comme parle Molière. Cependant la jeune fille n'était pas sans crainte ; son père lui avait défendu de revoir celui qu'elle aime : il a deviné peut^tre qu'elle a cédé à de coupables instances... Mais le vieux cultivateur, est allé à la viUe ; il ne doit revenir que demain : on peut donc passer une joyeuse soirée. La grand'mère est indulgente; ses sœurs aiment d'amitié celui que leur sœur aime d'une affiecr-
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lion qu'elles ne croient pas diflerente de la leur. L'amant est donc venu ; et l'on a goûte tous ensemble^ la grand'mère sous le manteau de la cheminée ^ les autres à table. Tout à coup on, a entendu frapper à la porte , et l'on a reconnu le père qu'on n'attendait point. La jeune fille ^ désobéissante et coupable de quelque faute plus grave que la désobéissance^ pâlit .^ balbutie quelques paroles^ se trouve mal^ et tombe sur le plancher. Le cultivateur entre à ce moment; d'un coup d'œil il a tout vu^ tout compris, et, sans hésiter, il s'est précipité sur uû couteau , a sauté, à là gorge du séducteur de sa fille , et si Dieu n'arrête ce bras terriWe , le pauvre jeune homme est mort. En vaia on supr plie , en vain la vieille mère-grand proteste de l'innocence de la visite que le cultivateur inter-prète si sévèrement, en vain une des sœurs est à genoux, priant pour sa sœur qu'on imiùolera peuirètre quand le sang de son amant aura coulé; le père poursuit son projet furieux.
— Et il fait bien.
— Ah ! madame , vous êtes peu indulgente,
— Ma chère amie , monsieur a raison. Il ne
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£aut pas que vosdnquante-liuîtanâ vous fisseat oublier que vous avez eu un coeur.
— Jamais mon père ne m'a surprise ayec un amant. * '
— C'est que nous autres, ma chère, fiUes de la ville ^ nous étions plus habiles que cette pauvre paysanne.
-**• Ne trouvezrvous pas ce tableau très-dramatique?
— Si fait.
— Voyez que la grand'mère, la petite fille à gauche et l'autre à genoux sont de charmantes figures ! Cette peinture est très4K>nne, ime des meîlleiu'es entre tous les taHeaux de genre; elle prouve dans M. Tony Johannot une force qu'on ne lui avait pas supposée jusqu'alors.
C'était un dessinateur plein de grâce, d'esprit et de poérie j c'est aujourd'hui un peintre élevé par l'expression, la vigueur et le colcnris. Sa touche est facile, énergique, vive; il. y a là, sans imitation d'aucun maître ancien , plusieurs des brillans mérites des maîtres hollandais et flamands. Après cela, n'allons voir le Bal interrompu y de M. J. Petit, que pour le sujet qui rentre dam la série de ceux que je doi»
, BU LOUVKK.' US
VOUS faire voir4 En passant^ jetons un coup d'œil sur ce petit tableau du même M. Jo* hannot que nous quittons. H rejurësente^ regardant la mer avec mélancolie^ Minna et Brenda , deux des jolies créations de femmes de Walter Scott. Quel e£fet et quelle délicieuse exécution I Comme elles sont gentilles ces deux tètes ^ si finement touchées ! Comme elles sont bien habillées ces deux élégantes personnes!
Je ne trouve à redire qu'à Féûàrmité de la gorge de Fune d'elles.
— Je l'avais remarquée aussi ; mais je ne le disais point par niodestie.
— Jenesuispasà cekprès^ madame. Et puis^ je vous l'ai dit^ je crois , ceci est pour moi une affaire d'art^ par conséquent de composition , d'ensemble^ de proportion, de drame, d'expression y de couleur , de dessin ; la gorge et le pied me scmt également indiffîérens, quand je les r^aitle comme de» détaik d'qxécution^ Nous voici au Bal de M. J. Petit.
— C'est une autre espèce de peinture .
— Oui, fort différente de celle de M. Tony- Johannot. Une parodie de drame, de couleur et de style. Ces élégans, tout surpris dé l'ar-^
^4 LES CAU8KBIES
rivée (Fun père dans le haï où il vient £afire honte à sa fille de la conduite déréglée.qu'elle
mène à Paris ^ sont à mourir de rire. Quant à la fureur du papa....
<^— Elle est fort naturelle.
-*^ Mais fort peu naturellement rendue, n a l'air forieiix comme une marionnette du théâtre de Joly. Sa fille , en voyant son père qui traîne je ne isais quoi^ que Fauteur voudrait nous £aiire prendre pour un déshabillé de bure rayée , se trouve niai , et tombe à là quatrième position de la danse. Voyez que c'est gracieux! Et ces tétés rondes^ et ces £aices plates^ et ces corps qui chancèleût^ comme c'est bien dessiné et bien peipt ! M. Petit s'est mis à la suite de M. Destouches pour la pensée; il aurait bien dû tâcher de le suivre aussi pour l'es^ution. Ceci n'est guère moins bouffon : c'est une femme surprise au bal masqué par son mari. La tète du mari est délicieuse.
— Moquez-vous; moi je trouve cette peinture très-bonne, parce qu'elle çst très-utile. Elle montre aux femmes qu'en quelque lieu qu'elles^ espèrent cacher l'adultère, au bal. , .
~ Ou dans les carrosses du Directoire.
La -dame aux cinquante-huit ans n'acheva pas. ..
— Le tableau du Mari au bal est de ma* demoiselle Marigny.
— D'une demoiselle! tant pis j j'aunû» voulu que ce fut d'une dame^ c'eût été plus conve^ nable. Mais vous me direz ^ les demoiselles de ce temps-ci sont plus avancées que de notre temps : le théâtre les forme y et Dieu sait les choses qu'elles y apprennent , à ce que raconte le feuilleton de mon journal y car je ne suis pas allé au théâtre depuis dix ans.
— La porte Sainte-Martin aura pu faire l'éducation de mademoiselle Marigny sous le rapport du drame moral ; mais où a-t-elle reçu Féducation pittoresque dont elle £ait preuve dans x;et ouvrage ? C'est de la peinture par brevet d'invention; je n'en avais pas encore, vu de pareille ; M. Petit est dépassé. Âh ! voilà encore une tentative de séduction. Une mère, pressée par son amant y et au momâit de succomber y se jette en pleurant sur son enfant. L'amour maternel la préserve du danger. Ce tableau n'est pas bon^ et, comme il n'est pas (Jrôle non plus, bonsoir^ M. Dulac. Nous re-
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tronvons près d'ici M. J. Petit • Ceci e'eat la Séduction au bas de soie. Une femme élëgaiite^ une Sapho parisienne^ donne des leçons d'amour à un gros benêt de paysan^ espèce de Phaon (Je Saint-Mandé ; pour Félectf isèr, elle lui frotte les tibias avec sa jambe couverte d'un bas de soie à jour , et c'est da cette circonstance que ce tableau a pris dans mon souvenir k désignation que je lui donnais à l'instant^
— Cette femme est abominable!
— Sous tous les rapports^ madame. •
— • Elle devrait être enfermée au couvent dès dames Saint-Michel; et le peintre devrait être puni.
i -^ Le succès de gaîté qu'il obtint doit le • punir assez^ croyez-moi.
— Mais ne finirons*-nous pas bientôt cette revue de toutes les séductions de l'exposition?
— Encore un tableau y madame^ et vous atjtrez fini. Celui-ci je le désigne sous le titre de ia Séduction au cochon. U est de M. Âuvray.
La scène se passe dans une écurie où sont une Jeune fiUe , un cochon et un lapi|:i. Un jeune homme habiUé de gris parle d'amour à la porchère^ une bourse à la main. Le lapin , qu
BO UOOVUBi
remarque la grossièreté de Famoureux ^ ea fidt part au porc, et a Fairdedire, comme k dernier vers de la complaiîite de la belle écail- 1ère: « Ah! £aut-il qu'un homme soit ...... »
Le cochon prendra peut-être mal la compa* raison , et il arrivera de là un incident qui sauvera l'honneur de la pauvre Danaé d'auberge.
Si vous me demandez ce que je pense de l'exé** * cution, je vous dirai que dan» tout ce taMeau je ne vois que le chou qui soit digne d'un pein* tre d'histoire. La séduction au cochon pour^ mit bien être la suite d'un coup d'œil que j'ai remarqué dans un autte tableau de M. Au* vray, la ï/ettrè de recommandation. Une jolie petite paysanne, son paquet sous le bras, vient pour entrerau service d'une vieille^anlef elle lui remet la lettre qui la recommande. La dame regarde ce minois d'un air inquiet, pendant qu'un jeune homme, appuyé sur le fsxh^ tetûl de sa mère , prend soin d^expliquer par un sourire de convoitise lès appréhensions de la respectable maîtresse de la maison. Ce tableau vaut mieux que l'autre, bien qu'il ne soit pas fort. M. Auvray, comme la plupart des peintres qui traitent des ^ets simples, grimace la
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naïveté. Si vous voulez voir quelque chose de naïf ^ de spirituel ^ et de bien peint par-dessus le niarché, voyez le Garde-^champêtre ^ de M. Grenier, voyez ses Petits paysans surpris par un loup; ce sont là des tableaux de genre ravissans. Ce vieux garde, saluant les chasseurs qui viennent de tuer un Uèvre en plaine, et leur demandant s'ils ont un permis de chasse de M. le maire ; la plaine, le ciel, le chien, le petit porteur de gibecière, sont-ils bien ? Et ce brave petit garçon , en garde avec sa cognée contre le loup qui parait inopinément, estril ferme? Il a de Fémotion, mais pas de peur; il couvre de sa main son firère et leur petite soeur , et il attend hardiment que l'animal s'avance encore pour lui appUquer sur la tète un coup de son arme. LéinUeu de. la scène est supérieurement composé : une petite allée dans un bois, des arbres dépouillés de leurs feailles, le brouillard gris du matin , que traverse un des premiers rayons du soleil j tout cdà est virai, naturel, excellent. M. Duval-le- Gamûs entend aussi à merveille le genre naïf. Yous avez vu sa Cinquantaine y scène villa^ geoise pleine d'observation , dont chaque figure
a une intention juste. L'exécution de ce tableau est juste- comme tout ce que fait l'artiste^ comme sa Vieille de Sologne y qui file sur sa porte ^ où s'amusent des petits en£ms^ comme les petits portraits en pied qui sont une des spécialités heureuses de M. Duv/il-le-Camus. Cer* tes^ ces petits portraits ne sont pas des Porb\is ou des Gérard-Do w^ mais ils sont très-bien.
Quelques-uns ont de certains traits noirs dans les têtes y que je n'aime pas; d'autres sont toutà-£BLit bien^ et je vous montrerai entré ceux-là celui de M. Kératry^ où toutes les habitudes de l'homme sont bien saisies ; celui de l'éloquent et loyal Dupin aîné^ fort ressemblant aussi, assez intime même pour quW reconnaisse l'esprit actif de l'orateur .
— Je n'aime pas votre Dupin aîné; mon journal ne Faime pas.
— Je l'aime, moi, qui le connais depuis long-temps. Dupin n'est pas un homme de parti; voilà pourquoi tous les partis le renient. N'ayant pu le conquérir, ils se vengent de lui en le calomniant. Dupin s'appartient; il est consciencieux, il est homme de cœur; il a le courage, rare dans ces temps-ci, de dire
LKft CAUSERIES
la vérité à toutes les hctiomi il ne courtise ni Fopinion qui règne , ni celle qui aspire à régner; aussi n'a-t-^il pas les mjisses démère lui 9 parce que les masses populaires veulent être flattées; on ne les entraine qu'en feignant de se dévouer à elles ^. en les cajolant. Dupin a la parole puissante^ incisive > élevée et bourgeoise ; il commande l'attention ; il domine une assemblée^ dont il ne décide cependant pas toujours le vote ; il exerce une grande autorité sur les esprits qui ressemblent le moins au sien ; c'est un orateur habile y un savant magistrat ^ un législateur profond , uû excellent citoyen , qui paraît mobile parce qu'il est sinjcère^ qu'il ne ment ni à lui ni aux autres ^ qu'il y a du vrai d'ailleurs dans toutes les opinions^ et qu'il ne rejette rien de ce qui est vrai....* Mais, pardon , mesdames , je vous parle d'un homme politique à pl*opos de peinture ; cette digression vous paraîtra déplacée^ c'est que je parlais moins à vous qu'à moi. On a été si long-temps injuste envers M. Dupin- que je n'ai pu voir son portrait sans me demander compte àe cetti^ injustice. Et puis^ je ne suis pas ingl^at: dans un temps difficile ^ Dupin a élevé la voix pour moi
nu Louvas. 291
devant les tribunaux : je lui du8 ma liberté ; je ne peux avoir oublié cela. — Je ne reviens à la peinturé que pour une chose : pour réhabiliter dans votre esprit M. Auvray. Vous aveaf vu de. lui deux petits tableaux médiocres ; en voici un où tout n'est pas bien posé, mais où il y a quelques parties de talent : c'est la princesse Sybille , femme de Robert Courte-Cuisse , suçant la plaie de la flèche empoisonnée qu'a reçue son époux à la terre-sainte. Le Wssin que tient le .serviteur est une chose assez dégoûtante^ mais il feUait expliquer l'action de Sybille. Le pied de la princesse, ses mains, les. vétemens du serviteur , et d'autres détails prouvent que M. Auvray peut foire bien. Il avait débuté avec assez , d'éclat pour que l'on conçût un fevdrable espoir de son avenir. J'aime autant son Robert que h^Riak de M. Abel de Pujol, la Visitation de M. CanUnade ^ la Rébecca de M. Latil, ouvrages estimables sous quelques rapports. Pardonnez4ui la Séduction au cochon en foveur du joli pied de Sybille.
iord G. — Tableaux de genre, paysages, marines» etc. — M. de Forbin. — Vn bazar souterrain au Caire, — M. Granet. ^ La rédemption des esclaves à Tunis. — M. Barbier. — Un rëfeetoire. — M. Bout6n. — La cathédrale de Ckar» très, — m! Boohot. — Saint- Germain-l'Juxerrois. — Yanda- Usme. « Démolition prochaine dHin monument. — M^ Dauzatz. — Le chœur de Sainte^ Cécile d'Alby, — Costumes égyptiens, — M. Gué. — Vue extérieure de Sainte^Cécile ét*Mhy, — Dessins. — MM. Delacroix et Dupré. — Costumes. -r. M. Eug. Isabey. — Marine par un gros temps. ~ Un matelot. — Un Jeune homme. — Plage à marée basse. — M. Camille Roqueplah. — Le billet, — Jean»Jacques Rousseau et mademoiselle Galley. — M. Wattier. — La romance, — Les peintres enrégimentés. — L'ordonnance. — M. Rtcquier. — Le moine médecin. — L'ombre. — M. Lepoittevin. — Une marée basse. — L'escalier de l'orangerie de Versailles. — M. Alfred johannot. — Mademoiselle de Montpensier aux portes» d'Orléans, en 1652. — Annonce de la victoire d'Has* tenbeck. — M. Alexandre Hesse. ~ Honneurs rendus à Ti' tiea. — Le vieillard et ses enfans. — M. Amiel. -»- M. Wateletf — Vue de Savoie. -^ M. Beanme. — Scène d'orage , la balançoire , la main^thaude, — M. L. Garneray. — Pèche de la morue, ^ Vues de l'Escaut et du Texel. ^ M. Gudin. —
LES CAUSKBIEff
M. Tanneur. -^ M. Gilbert. —.M. Gamun. — M. Daboia-Drat bonnet. — fi, H. Ganterey. — Barraqae aux environs de la place Saint'Marc à Rouen. — Barques de pécheurs. — M. Thierry. — Vue de Nantes, vue composée, — Mt. de Triqueti. — Falentine de Milan et Charles VI, — Lm éner^ vés de Jumiège, .— M. Saint-Èvre. -* Jeanne d'Are, — Les florentins, —Madame Deherain. ^Jeanne d'Arc. — Louis XIV et mademoiselle Mancini. — M. Robert-FIeury. — Scène de la saint Barihélemf. ^ Aquarelles. — M. Signol. — Vir^" nie. — M. Roger. — Les religieuses, — Femme d'Ischia, /irsolution de 1793 à Rome, — M. Henry Scheffer. -- La lecture de lafiible, ^ M. V. Bertin. — M. Régnier. — M. M|dlebran-. the. -r M. Joliyard. -^ M. Lapito. — M. Fiers. — M. Quindrand. — M. Giroux. ^ M, André. -^ M. Kfaéàét Faure. —
M. Léon Fleary. — M. J. Goignet. * M. Aligny M. Corot.
^ M. Roasaeau. — ^, Cabat. — M. Delaberge. — M. Haet. -7 M- Jadii^. — M. Brascaasât. — M. Van-Q%.— M. Dagnjin. -n M. Péri^^ — Bladamé de U Perrière. — Ma<)aqie<de Yins- }^9ac^ -^ jttademoisçUe Sfoiidrnx. — M. Storeili. — Df. Fé- X^, -T M. pusaaQce. — M. Qannn. — M. Ciirty. «^ M. Gou-
..f^,i|. — M* Pâriï. — M.^^Pessai». — M. Dteçiay.*— 1M|. Deçi^HB. -7: BL Foaguet. — A|. Jeanron. — M. I#»sore. — ^^ ])|Ouchy. — M. Berthier. — j^. ^adin. — ft(. Justin Ouyné. — M. Turpin de Crissé. — M. Guiaud. — M. Léopold If^ripçe. — ^^, lJlrich« — 9i|. Moziu. — M. Ménéssier. -* M. jf. Perrot. — M. Eu^;. Sue. — M. Vigneron. — M. Auguste pe^moulins. — M. Chasselat 'fils. — M. Léhoux. -^ M. Biard. M, Jolliyet. — Mademoiselle Pages. — Mademoiselle Cogniet.
.— Madame Clerget. — M.^ Cas^ti. — Madame Bçaudin. — M. Harlem— Mademoiselle Jo.umet. — M. B9urdet.— M. Brune. M. Jugeiet. *- M. KttTassec. — M. Layauden. — M. Haatier.
— M. A. Colin. — M. A. Xeblanc. — Madame Dalton. — M. Polydore. de Bec. — M. J. Dupré. ->.M. Durupt. — M. C. Frands.
— fif. Darcbe. — M. E. Marchant.— M. E. Roger. — Feû Gas- ^ies. -r ^^ Oscar Gué. — M. Ricois. — Mademoiselle* Martin. •^ M. Samson. — M. J. P. Alaux. — Mademoiselle Alaux. •— M. Monyoisin. — M. Naigeon. — M. Célestin NAnteuil. — M. Eug. Lami. — M, Odier. — M. Bellangé. — Madame Rude.
— M. Perrot. ~ M. SchaaL - M. J. L. Petit. - M. Pigal. —
M. Raifort. — M. fUffet. — M. Prieur. — M. Postelle. — M. Rémond. — M. Wachsmat. — M. Regny. — M. Renoux. M. Zieglen -« ^otio, •* Foseari, <-- Un caréUnaL -r M. An* ûaox. La compagnie de Tëtérana. *- Les inYalides.
Js ne doutais pa8^ mJLlord y que je vous ren«« coistrerais ici un de ces joui*6. J'espérais dé vous voir avant hier, A *' mars , à Theure de Touverture du salon ; je y oujS ai cherché à la porte dans ^la foule des artistes et des amateurs ; je vous ai demandé à tous ceux qui ont l'honneur de vous connaître y et lorsqu'à trois heures j'ai renoncé à yoi^s attendre davantage , je vous ai donné un rendez-vous tacite pour hier ou pour ce matin.
Lord G. - — Je suis descendu de ma chaise de poste il y a une lieure,,et me voilà. La journée d'hier m'a paru longue, je vous jure. Je m'étais isurrangé pour arriver à neuf heures, prendre un bain , déjeuner, et venir vous rejoindre à notre rendez-vous de chaque année : les ingénieurs chargés de l'entretien de vos. routes en ont décidé autrement. Une des roues de pia voiture
LliS GAUftBHIBS
s'est cassée ; j'ai chavire , j'ai manqué dé me tue^*. Il a fellu qu'un charron de village réparât nos avaries , qu*un vétérinaire \ le séiil port&-lancette de l'endroit, me fît une large saignée .^Tout cela m'a feit perdre trente heures, quelques guinées, et une petite boîte que je regrette fort. Elle contenait une douzaine de dessins et de vignettes de nos meilleurs artistes de Londres : je me proposais de vous les offrir. La boîte était dans une /des poches de la portière; elle aura sauté dans la boue de la girande route , et quand on a rdievé la voiture on n'aura pas fait attention à die. Ejofin, je ne suis pas beaucoup en retard. ' Nous : ne ferons pas de . découvertes em^einble, car vous savez déjà votre salon par cceur.
— Mais , à peu près , milord ; je connais tous les bons endroits , et puisque vous voulez bien de moi pour guide, je vous y mènerai.
Lord G. ' — Vous savez, point de grands tablèau^; JQ n'en raffole pas. J'aime mieux les tableaux... — Comment expliquez- vous donc cela? — Les tableaux de cheval !
—^ De chevalet, milord.
léord Q> -T- les, de chevalet. Les scènes fà-r
DU LOUVKB. X3fl
milîères^ les paysages/ lès marines / les animaux^ éitc.
— ^ Votre intention est-elle d'acheter beaucoup cette année?
Lord G. — A vous dire la vérité, je n'achèterai que peu de tableaux. IHous ne sommes pas assez tranquilles à Londres. On ne sait ce qui peut arriver; il vaut mieux sa jBoriune en portefeuille qu'accrochée aux murs dé sa galerie.
Nos riches amateurs disent la même chose, milord; ils ont peur aussi, et nos pauvres artistes en souffrent.
Lord G. — Je veux cependant acquérir pour quatre ou cinq mille livres sterling.
Trouverai-je ici à bien placer cette somme?
— Très-facilement, mUord; car l'exposition ne fut jamais plus féconde en bonnes choses dans le genre que vous aimez.
Lord G. — Commençons donc.
^-•Commençons. Ce tableau de M. de Forbiii : un Bai&ar au Caire. ,
Lord G. — Bien, mais trop grand pour moi.
— Ce Grranet : La Rédemption des esclaves^
SM LAS CAUUUUES
à , Tunis .Un beau ton , une grande harmonie , une pantomime juste des parties éclatantes^ des choses un peu sèches^ un peu dures plutôt^ comme toujours depuis dix ans.
.Ij^r4 G. -T« Je prends note de celui-^i. Y a^tnîl autre chose du même peintre? .
V -r— Oui, deux réfectoires de religieux récol- Jets et jfraQcîscains, qiii ont les mêmes qualités et le nième âé&ut.
Lord G. —^ Et ce réfectoire de re]igie\^ses que j'aperçois l;^-ba$? .
— C'est d'un imitateur de. Bouton et de Grançt, M. Barbier. Les muraiUes. les voûtes, les^ colonnea, sont bien j mais il vous faut mieux
que cela. Voilà un Bouton, la Cafhédrah de Cfha^tres^
jLord G, -^ Qh ! ^ort bien cela !
— Mais ce n'est pas à vendre. Le tableau appartient à la liste civile,,
Lord G. -^ Je regretterai , beaucoup la lumière qui passe au lyavers des vitraux.
— Voul^-vous voir, tout de si^ite, ce que je regwde comme le meilleur intérieur du salon, sans en excepter peutrêtre la Rédemp-^ tion de Granet? ^ejx'^z • milord.
BU LqiIVAB. 299
Lord G. — Cet intérieur. 4'4gli8e? m ^
r -—• Non, milcard. G«îi ^^- Ww, 4^ua ton «ûnple et yvbA, d'une- harmonie csdmej Iç $ûkil est là à &be illuâion; c'ert un 4^ bons ouvrages de M. Biouhot; je vous Je recompmude^ Il représen^ d'ailleura la p^che de S«kd>^ermmn-rAuxerFois qui ^l^ur^ peut-être d^pam bientôt > et c'est Une raiaon de plus pour que. vous l'«yez.
• Lord G. — Quoi! on démolira Saint4îer-i main-i-l'Âuxarrois'!
— Je le craiw. On; veut v&ire une rue, et malheur aux mcmuanens .qui se trouveront dans sa vmel Nous abattons beaiicoup, si nous n'élevons guère. Tout ce qu'il y a d'artistes et d'amis des arts ont dëniandé grâce pour ce débris gothique : il est condamné. CH% u'a pas le droit cependant de déchirer ain^i.pieire à pianre l'histoire: d'un - peuple > c'est du vandalisme, comme de brûler des bibliothèques ou de jeter des Uvres à l'eau : n'impc^te , on le fera, n y aura une émeute d'architectes et de maçons contre la vieille église; on brisera cef ogives: qui ont «vu {dosieurs siècles , ça ^era ces petites côlonnettes si élégantes, on abattra
300 tB8 CAUflJBRIES
ces figures^ comme en un autre tempe Fesprit révolutionnaire abattit tou9 les anges ^ tous les saints de nos basiliques; (hi* arrachera ces dalles chargées d'inscriptions et on les rempla-* cera par des pavés de Fontainebleau. Où il y avait une page entière de l'histoire de Fart, une ceuyre merveilleuse d'un âge que nous nommons si dédaigneusement barbare^ il y aura une rue^ avec un ruisseau tin milieu ou le long des maisons! Et nous sommes dans le grand siècle^ dans le siècle de là raispn et des lumières \ noa^ nous appelons les modernes Athéniens dans tous les couplets de nos vaudevilles ! Âh ! milord , cela &it du chagrin \ Ne pensons plus à cela» Yoilà le morceau que je voulais vous feire admirer.
— ' Lord G. — Admirable ea eÉfet ! Et de qui est cela?
— De M. Dauzatz^ un jeune homme plein de talent dont je vous ai montré, je crois, en ^ 83^ , une mosquée du Caire et un ,cafe turc , ouvrages chauds de soleil, d'une fine et spirituelle exécution.
Lord G. — Je me rappelle parfaitement ; mais ceci est bien mieux, plus grand, plus
ou I^OIfVlUB. 301
complet ^ plus fort. Le bois des stalles de ce chœui*^ les dalles de marbre > les sculptures dont est entourée cette partie de l'église > et jusqu'aux peintures qui surchargent la voûte ^ tout est par£siit d'imitation.
— = La lumière est large ^ abondante; l'eâet ne devient pas piquant par l'opposition forcée du noir au blanc : c'est un portrait vrai et pittoresquement entendu. Les personnages^ qui dans ces sortes de tableaux ne sont guère qu'accessoires^ ne sont point sacrifiés ici. Yous les voyez fermes et non pas secs. Celui qui est agenouillé sur le. devant^ avec une ample robe noire, me rappelle la figure de vieille femme que Jouvenet a placée près de la balustrade du maître-autel de Notre-Dame de Paris , dans son tableau de la messe de l'abbé Delaporte.
Ne trouvez-vous pas comme moi que cette vue intérieure de la cathédrale de Sainte-Cécile d'Alby est le meilleur morceau de ce genre qui soit au salon?
Lord G. — Assurément, et un des meilleurs que j'aie encore vus. Ayez la bonté de prendre note de ce tableau .
— Après avoir vu l'intérieur de Sainte-Cé-
cile d^Alby, je veux voù» montrer r^xtérieur bastidnhë de cette dàtbédralei . . ? . . .: - > Lord Gi — Pto le même- artiste?
— Non, milord; par son mtedtre, M. Gué.
Lord G. — Ôb! je connais beaucoup le tablent de ce peintre, et je Feêtitne grand^n^at ; c'est rhomme de la vérité ompiev Je me soâ-iviens -de ses chaamlans paysages exposés à votre
dernière exhibition 1 • j ;
— Voyez en pântsânt cette Cour à Rojat. Lord G. — Je l'aurais reconnue entre cent
tableatix pour un Gué.-La jolie lumière l Et ees détails de mur ailles et de terrains, comme ils sont bien. ' . . , , ^, v^
' -^ Cette grande vue du Ptij'-en^f^eUj est belle aussi. ' «^ ./ .
Lord G. — L'effet est moins fi*alic que dans lés ' ouvrages que j'airiie dé Gtié. Ces devants", traités avec finesse, ressefeiblent àtetix d'uni tableau, dôftt te' teii**dh' cahoté comine les lames de la mer , étaient si curiemi de fdtnieiei si nàïÉs de i^epréseiltation . - » >
^ — ^^ Nous votll à la Cathédrale.
Lord G. — Bien l)eau, bien original ! Excellente chose! Quel malheiir que èek^lie soit
DV UHJtBti.
pà» smA grand que le Dauzatzl ça £^ait deux pendant précieux pour une galerie*
— Si vous. voulez de belles aquarelles , dans les meilleures conditions de la vérité^ adressezvous à Gué ; il est maître passé dans et genre, qu'il traite grandement^ et auqud il donne la puissance delTiuile. Vousne pourriez acheter aucune deicelles qui sont ici, parce quetoutesappartiennent à MM . Guyet notaire^etBeaubœuf ^ mais allez visiter ses portefeuilles, et V6us serez dans l'embarras du choix ati milieu des molife channans qu-U a à exploiter. < ^ /
Lord G. — - J'irai.
"^ Si vous voulez augmenter la collection précieuse de costumes que vouaavez à L(Hi(kes, je voua^ engage à vous aller compléter chez Eugène Delacroix , qui a rapporté de beaux dessins de son voyage à Maroc, et chez DauzatZj^ qu'une longue promenade en Egypte, fedte avec le baron Taylor , a enrichi des plus belles étudiSS'de figures» orientales qu'on puisse voir, sous le rapport de la toiw^nure et de la coyleur. Yous aurez des Grées et des Turcs chez L . Dupré ; c'est moins cbaud que Dauzatz, moins ài€irgique^e mouvement que Ddliaroix^
304 Lit CAtJssanBs
moins coloré. que tous les deux ^ mais exact , fidèle et élégant •
Lord G, — J'y penserai. Ah! Isabey ! Trop grand pour moi; et puis je n'aime pas beaucoup cela ; c'est lourd : cette mer. . .
— n y a de la poésie^ milord^ dans cette peinture.
Un Matelot. — Pardon^ monsieur, qu'èque vous dites de c'te mer ?
— Je dis qu'il y a de la poésie.
Le Matelot. — Je ne sais pas ce que c'est qu'ça, de lapoésique ; ça n'est pas là un mot du métier. Moi, voyez-Vous, je m'y connais ; et si c'te mer-là c'est de la poésique , comme vous dites, ce n'est pas de l'eau. Elle est bonne, c'te femme à la fenêtre, qut retire sa pièce d'étoffe rouge; laissez^la, mon ancienne,: aile ne se mouillera pas,, n'ayez peur! Ah! quej'voudrionsbien, noi^s autres les matelots , que la mer fussaitengros flocons delaine cpmme cell0ci, on n'aurait pas' tant de, peur d'y tomber dans les mauvsfis temps! ,
— Cette manière de rendre la meip, le ciel et les maisons, est une donnée d'art.
< Le Matel(a. — Sauf votre respect; je ne com-
DU LOI7VBS. 303
prends: pas ce que vous voulez dire par une donnée d'art ; mais y me paraît que ça veut dire que vos marins de Pigris ont une mer à (^^a:^, un ciel à eux, et des maisons à eux. À 1q bonne heure ! Tout ce que je puis bien jurer> moi qui suis ce qu'on appelle un ancien de la cale y un cul goudronné y un vieux bouUneur de la Man-*die, moi qui ai vu FOcéan-z et la Méditerranée^ et toutes les autres mers , n'importe pas le^ quelles, sans exception, qui sont connues, je n'ai jamais eu l'honneur d'^i rencontrer une qui soye cardée comme c'tte perruque jaune.
— Mon ami , vous ne vous connaissez pas beaucoup en peinture à ce que je vois ?
: — Le Matelot. C'est véridique , messieurs , que jamais je n'en ai tant vu depuis que je suis quitté de chez nous, où ce que, dans la chapelle de la Vierg#il y en a beaucoup en manière de prières, de dévotions , d'eo: . . •
— Ex-voto. .
Le Matelot. — ; C'est ça : ex-veto. J'ai si peu l'habitude de parler la messe , on exerce si rarement dans notre état ! On sait quelques chansons gaillarde^ qui vous emporteraient la bouche, tant c'est salé et poivré en -5,^en jP, en 5,
et enmfe «utraoïeiit ! maûr du langage étranger de» càlcrtuia^ on n^en «ait pas ua traâtf e mot. -^ Pour revmry je di^iâ ddàc que je ne me connm pàê ed peintore^ mm je mè connais en eaii de met*^ et <^ n'en est pas.
Un Jeune hùfnme^ ^^ Tout cet ouTrage ese d'une beQe cotdeur, d'une feicture large.
Lôfd O. -^ Je trouve que c'est une chose pieimf de talent ^ mais d'un takapitdeeônTéntîon. le n^akne pas k manière.
-^ B est Tfâi qu'il y to a dans tout ce que JBedt M. Isabey ^ mais le talent...
Lérd G. -^ Le talent qui ment est œnt mille fois moins estimable qiie le talent qui sait être \fèi ; et puis il est phis fecile de se jet^ dans Uiié doiinéé fttuàsé et séduisante y que de suivre la nafUrè pas à pas. Le fentastique prouve^ quand il eM hiéb mëUié ^ un peintre habil^y un homme d'imagination ; mais il délions un artiste qui n'a pas su être vrai. Etre vrai, tfest être rcdletneint fort. On ne péift l4en inventer dé mieux qiie k nàtUrë^ je pense ; c^opiisr la natm^e sans lié» ajouter à éoh ëxiiéûi^ é'^t te eoml^ de l'art, droyéz ÏAén (fàé tëm qu^è vous tof» nrrafig^ poUi" eux «gié nature, so^s prétfeKte d'orîgifiÉ^
mv bttUYjuE* ao?.
Ihé^fontamoipwce qu'ils n'ont pasla
luâVe qu'il hat avoir pour rendbre simplemeni
la natiu'e de tout le monde. M« Isabey a du tiH
leut ; il en a dq^uis long-^temps : sa main est
peut-être plus habile aujourd'hui qu'elle n'était
il y a einq à WLans; mais sa peinturé est moins
enraie.
Le Jeune homme. — U y a dans la galerie une plage à marée basse y où il y a des poissons feits à rayir^ des terrains larges et vigoureux^ des pilotis tou<îhés avec une adresse ! .« .
— T- De l'adresse y je le sais bien. Ce n'est point d'adresse que manquent nos peintres : ils ont le piticeau d'une incroyable fiicUite; rien ne le» arrête ou ne les £ait broncher seulement ; ce sontdes presûdigitatemrs qui font de petits miracles^ à émerveiller tous les yeux ; ils savent le métier à fond ; ils connaissent toutes les finesses ; il en est peu qui , avec un godet desepia ou une pa-^ lette bien chargée^ ne fessent des chefMi'œuvre de premier aperçu; ils poussent à la couleur^ dont ils empâtent la toile ou le papier de Hol-^ lancfe^ si bien que leur id^^ quand ils en oUty leurs formes , quand iU daignent les àccus^y on est oHigé de les aller dbercher à la nage au
308 IMê GAU»BRIB8
fond dé l^(>cëan des besux tons qp'ik prodiguent* Comme dit monsieur^ dans cette (Jage à marée basse ^ il y a des poissons très-bien £aits ; mais il.iaut que ee soit une af&ire dont le sect*et a été éventé ^ car j'ai vu partout des poissons bien faits depuis quelques années. Quant aux t^srains et aux pilotis , il est vrai qu'ils sont touchés avec vivacité et adresse.; mais c'est toujours la même chose ; et puis les maisons y vagues de forme, et de ton : elles sont pourtant tout près du spectateur . Tenez^ il n'y a pas dans cettepeinture assez de conscience; tant de fougue arrangée n'est là quepourmasquerFimpuissance.de âiire^es choses c(»nplètes. Je suis de Favis de milord : le vrai^ c'est la force réeUe ; aussi ^ voyez les Hollandais et les Flamands ! il n'y a pas de mode pour eux; le temps a consacré les suf&ages de leurs contempc»rains. Ss sont admirable ^ -parce qu'ils sont vrais > fidèles à toutes les lois du dessin , de la perspective et de l'hannonie des tons naturels. Ils n'ont pas cherché à peinjdre dans des gammes extraordinaires dont les brillantes disseiiiblances avec ce qui est en général frappassent les regards ; ils se. sont contentés d'être simples dans leur couleur pleine de finesse ,
.BD LOUVJtS. 3û9
d'être sincères dans la représentation des êtres animtés on des objets morts ^ d'être observateurs exacts de la forme. M. £ug. Isabey est bien loin de cela ; il vent créer à côté de cette création qui est une mine inépuisable^ oit toUs les bons esprits trouvent de quoi se satisftiire ; il à beâu*r coup de mérite , mais il l'emploie mal.
Le Jeune homma. — D l'emploie bien, monsieur.
-^ C'est une question de goût pour vous et de conviction pour moi. Â nous deux , milord.
Lord G, ^-r- Oh! le ravissant petit* taUeau!
c'est de Roqueplan, n'est-ce pas?-
— Oui y et ce qu'il y a de plus complet de cet artiste fin et original. Cette £emme qui écrit un billet que le page attend est charmante.
Voyez comme tout cela • est précieusement &it! Le dessin est pur, le ton fin, les acces^ soires sont touchés avec esprit ; tout cela est large, simple, et peut soutenir un long exa-^ ^ men. Il n'y a pas de ces dâ)aucfa6S de pinceau qu'on nous donne pour du génie; c'est du tal-^ lent aident comptant , c'est de la vraie ori^ ginalite. , ,
Lord G. — Ce petit tableau est ime perle v
3K) LIS 0AUSBHIE8
-<- Voyez-^en un plus grand , milord > et réconnaÎMez-^y à peu près toutes les qualités 4jue TOUS admirez dans le billei. CeluiHcn eA phis dramatique. Vous avez lu les Confiesâons de J.«»J. Rousseau ^ et vous vous rappelez cette page pleine d'innocence spirituelle où le philosophe raconte les impressions du jeune homme un certain jour de sa vie, celui oii il rencontra mesdemoiselles Graffenried et GoUey fort embarrassées sur des chevaux qu'dles ne Àvment pas conduire , et qui ne se souciaient guère de passer un ruisseau. Elles riaient^ les petites folles^ d'elles, de leurs montures , de leur embarras, du ruisseau oii elles allaient tomber peutrétre; Rousseau leur offîit 9e» services qu'on accepta en riant encore. prit la l»dde du dieval de mademoiselle Galley, entra dans l'eau jusqu'à mi-jaîtnbe, et le cheval de mademoiselle Graffenried suivit tout de suite, dette scène est charmante, et rendue avec înfinintient de talent et d'esprit. Voyez la bonté . de Rousseau , la gaîté railleuse des jeunes filles^ la lourdeur des chevaux, le joU goût des étof^ fes„ la simplicité du paysage, la grâce chatoyante de la couleur, la vivacité de la touche.
Iford Q. — Oh ! c'e«t un bi^na talbiew ; le croyez-vous à veodre?
— fl H^y a pas d'appareuee. ftoqueplan est trop eouru pour qu^un morceau capital dé lui attende le jour du salon pour trouver un acquéreur. Je vous montrerai la Promeruuie dans le parc; vous y verrez de jolies figures vêtues à la Louis Xm, un paysage qui a l'air d'une vue du parc de VersaiHes et un ciel cjbiarmajit. La sûreté du pinceau est prodigieuse câiez Roqueplan; vous la trouverez presque e£Ërontée dans une étude d'après nati»re fetite d'un Moulin à eaUy à Gisors y que vous rencon^^^z 4out à l'heure.
Lord G. — J'aime beaucoup Roqueplan ; il est bien lui. S'il a quelques points par lesquels il ressemble à quelqu'un^ c'est par les qualité qu'on estimait le plus dans Bon ingt<Jh. Il a aussi des rapports avec votre coloriste Watteau , le coquet promeneur de filles dans les bosquets d\i dix-huitième siècle.
qbfwd@piçnl^40iQet^ pyresté #.vc»c W*ittc»u \ il 4i^it oe fxwni^tte ce peîs^tre que par VEmr