‹ Salon de 1833Chapitre 4 sur 16 · J04 LB8 CAI»EI|IE · texte numérisé non relu

J04 LB8 CAI»EI|IE

D'abord^ il a besoin de Féclat que les arts pro-^ curent ; il les exploite à son profit -, et puis y comme il finit qu'il se feisse pardonner ses tyrannies^ il cherche la grandeur, il travaille à éblouir, il donne auï intelligences l'aliment des hautes controverses sur l'art ; enfin, il a une: volonté forte ^ une pensée unique, celle dersa gloire ; il ne compte avec personne les dèni^» de l'Etat^ il peut être grand, magnifique, ou au moins noblement juste avec les artistes. Le pouvoir constitutionnel , tel qu'il est, n'a aucun de ces avantages dans sa position avec les arts; il va plus au positif des choses; il est ^ par nature, utilitaire; il pense à la satisfiiction des besoins matériels avant de songer à celles des besoins intellectuels ; c'est le confort qu'il faut qu'il donne au peuple ; une diminution d'un centime dans l'impôt personnel est pour sa sûreté e* 3^ force plus que ne seraient dix monumens.La gloire n'est pas une de ses^ nécessités} il n'est ni guerrier, ni artiste ^ ni poète '^ qu'on ne lui ait démontré l'urgeuce de l'être; il n'a pas ces instincts chevaleresques , ces sympathies pour le génie que le jpouvoir absolu ^ quand il est aux mains d'un grand homme, peut

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avoir et satisfieiire ; Fintà^ét des citoyoïs est la règle de sa. conduite; aussi > avec lui^ Fart est presque impossible. Vous entende:^ bien que je ne veux pas &ire ici la critique de la forme de gouvernement que je crois la meilleure y sous tant de rapports; mais j'explique la cause de la décadence de la peinture historique, et j'appuie mes prévisions sur l'avenir des beaûx^ arts, d'un fe^it incontestable, l'existence d^un état de choses presque antipathique à leur existence , et, à plus forte raison, à leur progrès.

— ^ Il me semble qu'il y a quelque chose de paradoxal dans^ cette opinion ; car enJBn la ré-* publique. . .

— Oui, celle de Pérîdès ou de là'Conventioh nationale, n'estrce pas? Et vous croyez que cela diffère beaucoup du pouvoir absolu ! Rappele2&-vou»bien Péridès; quant à la répubKque française j si elle fut protectrice, des beaux-arts , elle le fut comme l'empire, non plus pour les arts eux-^mêmes > mais pour elle. ïUle avait déclaré la guerre au principe régnant en Europe ; elle avait des armées victorieuses dont il fallait que le» victcHTes retentissent pour que leurs

mngs^ se recrutâsseat àam la popolatkm ; il M-* lait bien que lesarts Tinssent exciter l'enthou- ^sme : de là ces fêtes renouvelées des Grecs ; de là cette poésie pindarique ^ cette harmonie tyrthéemie, cette peiatare épique qui ««.Iheureureusement ne fiit admirable que sous le pinceau de Gros, Si la république, eut été eu paix^ comme elle aurait eu à combatttre à l'iu'^ térieur les opinions de la société ancienne sur laquelle elle régnait^ il lui serait arrivé ce qui arrive au gouvémement constitutionnel de juillet, qui n'a pu changer la société impériale et royale, et qui hitte contre d'anciennes idées. L'opposition se serait ralliée autour d'une pensée d'économie, et l'époque n'aurait rien produit de grand; elle aurait été heureuse, sans doute , mais elle ne nous aurait légué, en feit d'art, que quelques innocens opéras-comiques, des poèmes descriptife et des portraits. Je ne sais si je me trompe , mais il me semble que le siècle des arts, c'est celui de Léon X. Lexni^ siècle a jeté de l'éclat aussi 3 Napoléon a £^nti le besoin des arts , pour lesquels 41 a dépensé beaucoup d'argeat. Aujourd'hui l'école est plus chercheuse qu'éclatante ; elle use le reste des forces qu'dle

a¥ait prises eion, et que la restaursAion avait aliinentées : car il. tant être juste envers la restânratioa^ elle a fût pour les artistes tout ce qu'dlie pouvait £siîre.

— Ainsi^ Y^^^i^ <^^^y^ V^ ^^^ ^^ perdu pour les Mis élevés?

-^ Je crois que dans la d^>ositiou présente dès esprits^ contre laquelle il serait nécessaire ^e les trois pouvoirs de l'Etat luttasseiit par des eacoui^agemeus nombreux ^ et rartout intellig^is^ il hY a pas grand'chose à espérer. it crois que jusqu'au jour oii la société sera enfin posée ^ ok aura cessé le combat des opinions contraires qui se disputent le monde social^ c'est>À«dire la possession immédiate de l'autorité politique^ il en sera des arts ce qu'il en est aujoinrd'hui.

*^ Mais n'y a-t^il pas un peu de la fiiute des artistes dans cet état de mararaie ? La convi(}tton ne leur manque<rt*elle pas?

— E3ie manque à la plupart. Excepté poui* quelques hommes doués d'une âme vraiment artiste ^ et qui ne peuvent poiat troiiver à développer leur génie parce qu'on leur, refuse les larges pans de murailles qu'on donnait au:ii;

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peintres du seizième siècle , Fart est une pro^ Cession comme une autre ^ un métier qu'on a]^prend pendant tant d'années à l'académie^ ou dans l'atelier d'un peintre > et qu'on exerce easuite dans l'intérêt du bien--étre piersonnel. L'artiste ne peut pas être assez recueilli aujour* d'hui^ pour toutes tortes de raisons. La première^ pttrce qu'il y a tant de gens qui courent la carrière^ qu'il £siut entrer franchement dans la concurrence^ sous peine de mourir de £Bdm . , La seconde^ c'est qu'il feut que l'artiste soit citoyen ; il ne peut £aire abstraction de ses devoirs politiques ; il se doit à la cour d'assises comme jmré^ et à l'émeute comme garde national. Il &ut donc qu'A lise les journaux pour savoir où en est le monde , comme il £aut qu'il aille dans les salons pour se procurer la vente de ses tableaux et le placement de son talent en monnaie de portraits. La troisième raison y c'c^t que la société est aux prises avec des idées dont il est difficile de se désintér^ser y et qui donnent à l'esprit des .préoccupations graves. L'artiste est sou^ l'influence du choc de ces idées ^ et ne sait à laquelle s'arrêter; car, s'il se fixe, par exemple, à celle qui va le miieux à Fénergie

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des âmes fortes et pures^ et si celle-ci est en opposition avec celle de la majorité des cptoyens , il produira des œuvres de conviction, mais qui trouveront tout un pays révolté contre elles. Alors il se prendra de, haine contre le siècle et le pays; il brisera sa brosse ou son aseau, et sera dévoré par le chagrin. Le recueillement nécessaire à l'artiste est presque impossible: aussi ne voit -on, en général, que des œuvres sans profondeur. H y a sur presque toutes ses toiles les preuves d'une habileté mécanique et de l'abseQce de pensées ; la main, mais pas le cœur; le métier, mais pas l'art.

Qu'inyente-tron aujourd'hui ? ce qu'on faisait il y a quatre siècles. On s'évertue à chercher l'originalité, et on la trouve dans la copie du Giotto, d'Alber-Durer, de Primatice. L'art était complet, ce semble, après Titien; on le recommence pour être primitif; on veut à toute force être naïf, et l'on est niais. On se perd dans toutes sortes d'imitations. Un artiste a-1>41 attiré par un ouvrage l'attention du pubUc, qui ne sait à quoi s'arrêter dans ces images kaléidoscopiques qu'on fait tourner devant ses yeuz à chaque salon , vite et vile tout le monde

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court SOS à l'idée qui a réussi ^ à 1» mffigôère^ à re£tet qui ont sëduit. Les peintres sont deve^ nus comme les directeurs de théâtres^ qui s^ar^ rdchent les sfiiectateurs en faisant tous reprëMdenter les mêmes pièces^ et en l^ouilldnt tous les genreiB. Les directeurs de théâtre placardent des affiches gigantesques^ où tous les caractères de l'alphabet grimpent le^ uns sur les autres- en s^enflant^ se grandissant^ se boursouflant poiar produire de» mots qui puissent proidre le passant au collet ; les peintres composent des cadrés guyiochés , ouvragés , om^^ où les fleur»^ les rinceaux^ les arabesques^ sont entassés comine Pâion sur Ossa; des cadres noirs comme les vieiUes bordures des miroirs de Yenise; de$ cadres d'or^comme les encadremensroreroeo deé tramteaux de Louis XV ^ des cadres tricolores^ protestations^ contre le gouvernement ^ ât$t cadres à compartimens, comme ceux du quinzième siècle ; jusqu'à des- cadres en ficelles. Tout cela, Voyez-vous, atteste le malaise, Fincertî^ tùde, k doute, la tendance à la spéculation lu^ cratiw, le bescnn de quêter les regards du public. Tout cela prouve que nous sommes à une époque de transition ; il en sortira quelquecbose.

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quandPje IHgnore ; que sera-ce ? je n'en aais rien. En atteiKhot^ plaignez les arti^tes^ et ne kt accusez pas trop ^ excepté de la manie d'imitaliou qoi s'est emparée de toutes les têtes. Maintenant eampr^cbex-^Tons pourquoi il y a tant de por^ traits ici? et en youlez-vona encore au jury qui lesareços?

— ]&ico?e un pen^ parce que^ malgré toutes ypes raisons^ il y en a de si mauvais...

— Attendez. Le jury n'a pas voulu être in«humain y et sous cette détestable peinture il y a une question d'humanité. Il ^t^ parmi cea portraits si déplorables, des ouvrages doi^ les; auteurs sont professeurs dans des pensionnats ou à doBoieilej rejetez-les, et lès processeurs perdait iau^ élèves. L'admission est un titre decapaeité dont la vanité vous eât-biendémonr trée, sans doute , mais qai sur le vu%aire est si positif^ qu'il y a d'honnêtes, bourgeois qu'on yék «ttesidre le salon pour savoir si le pcurtrai^ qi^ ont. fsàa &ire est bon. Admis , il»: vont dire partout : a Monsieur un tel a du ;talent,. mon portrait est; aux tableaux. )) Be£asé, ilà iraient erîer dans tout leur quartier : « J'ai ét^ tronqpé^ on^in'ii w>lé^ mosk poftxait n'e^t pM

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au Louvre ; c'est qu'il est mauvais ; je rabattrai vingt francs au peintre. » Le jury sait très-bien cela , et il transige avec le pot-au-feu de l'artiste. Ensuite^ vous avez ici plus de cent portraits que les peintres n'auraient pas présentés si les modèles s'étaient fait peindre pomr leurs parens seulement. Mais c'est pour le public que celui-ci revêt son habit d'ex-ministre , celui-là sa robe rouge de conseiller à la cour y cet autre son uniforme de capitaine de la garde nationale. Ainsi l'amomr de l'art, l'état de Fart, le besoin et la vanité y voilà les quatre grandes classifications dans lesquelles il faut ranger les portraits.

— A la bonne heure.

-^ Vous voilà plus calme. Voulez -vous à présent que nous regardions quelques-uns des portraits devant lesquels nous ne nous sommes pas encore arrêtés ensemble ?

— Remettons/ s'il vous plaît , à demain. Je suis bien fatigué d'être depuis deux heures sur mes jambes y allant et venant d'un salon dans l'autre y d'un cadre à un autre cadre y poussé à droite , repoussé à gauche , soulevé par le flot des pronienemrs k la porte de chaque salle y et étourdi par les* rumeurs diverses qui couvraient

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souvent votre voix , respirant un air empesté et avalant force poussière.

— Eh bien donc! à demain. Mais de bonne heure ! A neuf heures précises ; nous serons plus tranquilles pendant les deux premiers tiers de la matinée.

— A neuf heures, soit.

Vn trè^fOk hamki€ espagnoi. -• M. G. hMvee, — ^t préère espaçai, — M. Louis Boolaitger. -^ ^assassinai du duc d'Orléans. -^ Aquarelles. ^ M. Ghampmartin. — Xe due Deeazes. »^ Le baron Portai. -^ Le maréchal (Mauzel. • L'a^ mirai Duperré. — M. Court. — Châtelaine. — Jeunes filles jouant avec une perruche. — Beissy d'Anglas, -^ Le mare" chai Lobeau. — M. Ary Scheffer. — La reine des Belges. — Le Giaour. — Marguerite à l'église. — M. Horace Vemct^ ~ Raphaël au Vatican. -^ Tableau de |^nre colossal. — Portrait de Louis-Philippe^ — Le maréchai Mciitor. — Une dame romaine amusant son enfant. — Madame Fould. — Le duc d'OrUAns allant à l'Sâtehde^ Fille. - M. Lepaolle. *^ Le duc de ÇhoiseuL -^ Madame Schctder^ Décrient. — Maàemoiselh Ê. t. -^ Boules^Dogues. — Chambre de homs XIV. ^ M. 9çlrwi|ep* ^ Portrait de maéemoiseltt Pierret. ~ M. Brune. -^ Une rkulâtresse, •& M. de Creuse.

— La famille noire. ^ M. Dulac. -- M. bupuls. — Jeune fille de, Suisse. — M* Dec^sae.. «- Portrait de M. V. Schal^ cher: — Madame Damoreau. — Mademoiselle de MontpénsieA — 3htdiame Àmédée Pichot. — Madame Jàl. ^ Anne de Bofejcn. — Le duc d' Orléiiins. — Xa princesse ClémenUine.

— M. Van-Ysendick. — Le duc de Nenwurs. — M. A. DcdKftmXi^^ Lé dut d*Otléam. ^ ht càeval fkiitasti<{iie. ^

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M. Lecurieux. — Portraits de M, Robert, de madame Baron, de madame Lecurieux. — M. Cadeau. — Le docteur T. — Madame Saint-Omer. ~ Le docteur Bégin, ^ M. Souchon. — L'abbé Lcclair. — M. Spindler. • M. Belloc. — M. Bouchot.

— Madanfe la comtesse de — Madame Despréaux, —

— M. Blondel de Nantes. — M. Ducornet , né sans bras. — Sidi'Hamden. — M. Kinson. — Paysans de la f*ologne. — M. Paulin Guérin. — Le chevalier Rose. — L'amiral Truguet, M. Hyde de Neuville. — M. Rouillard. — Le maréchal GroU" chy. ^ L'amiral Verhuell. -^ M. Camille Pagarel. — M. Larivière. — Le maréchal Gérard. — Le général Rumigny. — L'école de Rome. -> Son utilité. — Ses produits: — Le général. Riimpon. — M. A. Couder. — La Esmeralda. — Le cadre de M. Couder ; le cadre de M. Orsel. ^ Le bien et le mal. — M. A. Perin. — M. Dassy. — Copistes. —Une réaction. —Vieux tableaux tout neufs. — Feu M. Schœlcher. — M. Sigalbn.' — Sujet anacréontique. » Portrait de. madame Rouget. — Hf. Rouget. — abjuration d'Henri IV* — Les stationnaires.

Neuf heures sonnaient à Fhorloge du Louvre, que nos deux interlocuteurs d'hier arrivaient à la petite porte du Musée. Ds se pronaenèrent d'abord, jetant des regards Tagues à tous les tableaux, puis ils en vinrent aux portraits.

-^ Par où commencerons-nous? dit le défenseur des peintres réduits à Fart constitution-

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nel ; puisque nous trouvons d'abord cette tète coiffée d'un chapes^ii ppintu , jetonsr.y- un coup d'œil.

— Elle, n'est pas mal peinte^ assurément; mais cette extrême. propreté, > cette recherche dans, l'arrangement de la barbe et des cheveux ne me plsiisent pas. Ce très-joli homme espagnol m'a l'aur d^un petit-maitre ^ d'un daQseur de l'Opéra déguisé en galant torreador ; c^ qui ne veut pas dire que l'ou^vrage de M. d* Lefèvre soit sans mérite ; mais il y . a coquetterie y e^rit j où je voudrais force et caractère.

— Retoi|rne?-vous, et regardez cette foce de 4ogue de mauvaise; htumeus : c'est celle d'un prêtre espagnol q^i n'a rien de la minauderie de son élégant . CQmpatriote. Vous ne reprocherez pa^ à, celui-là d'être propre.

— Non , mais je l'aime 5 il est lui, tout simple,, bon homme.

— Je ne trouve à cette bplle et solide peinture de M. Louis. Boulanger , ^i peu st^blable, heureusement, à. celle qu'il fyàt d'ordinaire, que le tort de jouer au Rembrandt. M. Boulanger, imitateur de Delacroix, imite cette fois Rembrandt, pourquoi? ne saurait -il être

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lui? B vîae à reMraordmaîrc^ et, pc/ùf^V^&ist, il néglige 81 souvèot la forme, qu'où répugne à regarder ses personnages laids, contredits ^ ttce hideuse qui V6us feit Wgïimace, et vous empêche de chercher à l6iàt dans toutes ces diaHeries les qualités de Vharmomste et dn colaris^Voyez ce meurtre de la rue Barbette y hors la tête du jeune homme mort sous le duc d'Orléans, que terrassent les assassins, que pcùt-oii''regarder avec plaisir? H y a un sentiment juste de l'effet, mais cela repousse.

M. Boulanger a été plus heureux dans ses des^ sins ; il y en a de soutenus , et qudques^ns de très-beaujc. lYseùlt et Lancelot ^est une ^x)mposition du goût des vignettes anciennes , fort l)ien exécutée sous tous les rapports. La lec-ture dans le parc, la prière à la madone, ont le même charme et le même attrait. Daas les scènes , en assez grand nombre , que l'artiste a empruntées à la t*avissante histoire poétique de la Esrheralâa , vous en trouyerez qudiqttes» unes planes d-intérêt et de vigueur j-maK le laid domine dans la plupart > un laid de convention , plus fâcheux cent fois pour Fart que le beau convenu. Au surplus, h EsmeràUa

Xov$,fykk slpeu Jolip, qu!il n'y» g^ère moyen d'ep deyeQîpiimwreut. E^ qui n'^ a été épris après ravoir vue dans le tablemu du. poète !

— Je reviens au pwtrait de M. Bovdanger pour uneAsetile ^phaeryatio». J'y regrettera lunÛQpe. Ufii pQrtrait doit lêtre feit dam la lur- «ai^e^ je le 90utiçiis^;mal|^é les sublimes démàitis dominés à c^tte opinion par Rembrandt* Tous les çffçts cberdiés tendant à altérer la itatune qui doit être fe i^expUer mérite de la repriéaentatiion d'une téte pôrtraite.. Indépesadammeut des. autres qualités qu'ils ont^ c'est pour J^ Itispère où Us se montrent que j'estime iwt les p^oirtraits de M. Ghampmartin. Voyez cette dfone coiffée d'une mentonnière de gmze ist vêtue d'une rpbe noire; elle illumine le cwi du salon pu elle est. en pendant au por- Utmt de ramiral Yerhuéll par M. licmillard* Ne 'préfâi'ez-vous pas ^a aux combinaisons •violentes cpii ont enfoncé si profondément les ^fm de M» Armand - Garrel,, ,et la pensée de JkL>Odillon-*arot?

— • ;¥ou6 avez raison , ce portrait, de femme ^t tiè&rbien/ J'aimt tiS^Wioup aussi celui /de

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cette dame à la robe violette^ dont le modelé ù'a peut-être pas toute la fermeté désirable^ mais qui, aussi bien que Fautre , est d'une charmante couleur.

— La fermeté est en effet ce qui manque , même à la peinture la plus vigoureuse de M; Champmartin. La forme y perd un peu de son charme et de sa finesse ; cela se remarque dans le portrait historique de M. le duc Decazes, d'aiUeurs beau par le ton, rajustement lai^e et la disposition des accessoires. H me semble que c'est moins sensible dans les trois têtes desen&ns de madame la baronne de S***. Le défaut (^iqparaît tout-à-fait dans le portrait de feu le baron Portai. Le vieux docteur est Wen comme nous l'avons connu dans les derniers jours de sa vie, avec sa perruque blan<ehe, son vaste habit noir , donnant une apparence d'ampleur à ce cotps si grêle , ses culottes d'autrefois, ses bas noirs cachant des jaipbes minces , de l'espèce de celles qui portai^at le bailli de FerrètCc, dont le prince de Tâlleyrand disait : (( C'est l'homme le plus courageux de l'Europe , que M. de Ferrète , de marcher avec de pareilles jambes! » Rien n'était [du&

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à redouter pour Partiste qu'un modèle comme le nonagénaire M. Portai. Là caricature était si près de la véi^ité! M. Ghampmartin est resté dans la vérité; il n'a rien outré et rien dissimulé. Il a été naïf avec une sorte de dignité sans apprêt. On retrouve dans cette image de l'ex-doyen des médecins de Paris, toute l'habitude du corps de ce spirituel et malin vieillard. La tète est par&ite d'expression et de simplicité. Cet ouvrage est un des meilleurs de M. Ghampmartin qui occupé sans contesta un des premiers rangs parmi les portraitistes de l'époque. Son talent est encore grandi depuis deux ans oii nous avons eu de lui le si* bon portrait de madame de Mirbel.

— N'y a-t-ilpas de la lourdeur dans le buste et les jambes du maréchal Clauzel , dont la tète est fort ressemblante ?

— En général , le portrait est un peu lourd ; mais enfin vous ne le comparerez pas à celui de l'amiral Duperré !

— Je connais l'illustre maréchal d'Alger.

Cert^ , ce n'est pas ce qu'on appelle un joli homme ^ un feshionable à l'air gracieux ; mais il y a du caractère dans sa tète ferme et un peu

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i^efroga^e. Je lui en d^nidod^ biei^ p«r4cna ; il n'a f^as d'élégance dana ssl taille ;n2di8 enfin il n'ja pas cette tournure Tulgaire que lui a prêtée M. Courte L amiral de M. Coui^t e^ quelque chose de commun ^ de déisagréable.^ de ridicule; nu charbonnier ou un gros matelot déguisé pourle bapténie du tropique, et non un officier ^nérjal dans la grave fonction oit le peintre 9 .voulu représenter M. Duperré.

— M. Court n'a pas été heureux cette année.

3es portraits sont durs et Ibrunsj se$ châtelaines sontdures^ et ont cette b^uté bourgeoise qui plait aux spectateurs deé faubourgs ; jses deux filles nue$ qui jouent à une fenêtre avec une perçuche , et dont l'ui^e va , laisser tomber ^^n sein gauche daiislji rue peûdantque Tantre, -en regardant çocot(e> oublie d'al W &ire sa barbe^ sont du Dubuffe renforcé.. Qudnt k son tableîsm 4^ JBoisfij^d'Anglas^ c'est un grwd pêle-mêle .d'e^res^Qns forcées^ de pei^opnages jouant la pantomime d'atelier , de têtes ignobles ^ défigures ^deufes^ (jle no^^^en^ pittoresque^ ou philoisopl)iqûe$». (lieipnncip^l .açte\ir' du dran;ife est d^juu} dessin rond; ;au$si bien que l^.plupai*t des ipQnyentipnnels ^ qui resse|nblent à ces poupées

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remplie» dé aoo y qu^ûn do]iiie:ftiiK denâois^Que tout cel« soit sans talent^ je sôiftloinde le pr^ tendre ; il y adu métier, des téte8 Inen ftdtes^ jecrous', vûsm une: fôcheufle dtf&ision de lu<* ^nière y de l'eiKagératioiidaiis la kideur des sanh ^113 héros de la journée du \ ^' prairial an III, et une complète absence d'intérêt. Il y a loin , bien loin de cet ouvrage, à la mort de César , qui avait &it concevoir de si hautes espérances popir Tavenir du jeune peintre. Attendons ce* pendant sans désespérer. •

— . Passons de ramîral Dupfsnré au marédbal iiobau. Jeletrouvetrès-Inen.

—Oh! oui, c'est le vieux soldat, bien droit, bien jficelé, connue on dit^ pcn^tant la tête haute et le col agrafé , qui ne connut que Tordonoance 9 qui n'a pas de plu^^^nand plaisir que de coinmander des mancmvares d'iniinterie ; vrai Coupler, mipe sévère, lâchant un propos facéti(^ix ;Sans.rire, le petit doigt :sur la ^couture de la .culotte , et les talons rapprochés autwt que kconfennal^iqnde l'homme le permet : il y a dans ce |¥)]tti$dit;> ;v^ité> :ind^ ressena-

Uance de la tètci aux .|ûeds.

— J'aime n^iew ç^ jEuarfâ^al liofew que la

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pt*inçe8se Louise du même M. Ary Schœffer: il a de la simplicité ^ mais peu de grâce. La jeune reine des Efelges m^a paru plus agréable que son portrait ne le fait supposer : c^était un modèlepourLawrenee. A propos de M. Schœf- &r , je ne vois de lui aucun de ces charmans petits tableaux qu'il nous donnait autrefois, et qui plaisaient tant par l'intérêt ou la philosophie du drame que par le charme de la couleur. Son Oiaour me rappelle le Faust de i 831 j ce sont les mêmes qualités.

— Oui 3 Texpression et la vigueur du ton.

C'est une belle chose, mais ce n'est pas Pteuvre capitale de M. Sthœflfer à cette exposition j allons^ voir sa Margueriie à F église.

- — Beau, en effet j pourtant je suis fâché" que la tête de Marguerite exprime plus Fènnui que la lutte contre une tentation diabolique ; il me semble aussi qu'eUe enfonce dans le banc de bois sur lequel elle s'appuie, au heu de s'en détacher convenablement. Cela nuit beaucoup au rehef du tableau , qui a un peu l'air d'uae as» vieilles peintures romaines de 4>100.

— Ici la couleur a plus de puissance que dans aucun des ouvrages auxquels vous faites

0U LOirVAB. 126

allûMoii. Je ne conteste pas^ au sarplus^ votre observation ; mais je passe là-dessus volontiers, parce que je trouve du charme , de la douceur^ de la mélancoUe dans cette 'figure. La pose est de l'école de Miss Smitson et de madame Allan^ Dorval. J'aime beaucoup l'expression des deux bras et des mains qui se joignent avec douleur; la forme et la pakur ih^en plaisent aussi ; je vou-> drais que la tète eût la méine fermeté au lieu du vague dans lequel elle nage. La petite fille qui est derrière Marguerite y à la place où devait être peut-être Méphistophélès, sous quelque trave»* tissement de religieux ou de vieille femme, cette petite fille est bien ; cependant je lui préfère toutes les figures du second plan. Ce second plan est à merveille sous le double rapport du dessin et de l'harmonie. H y a là un progrès véritable, de la forme sans sécheresse, de la couleur sans recherche d'oppositions tranchantes , de l'exf^ression et du calme : cela sera toujours bon ; la mode ne peiit rien contre une pareille chose.

— Si vo\i8 trouvez qu'il y a prc^ès chez M. Schœlfer , ne trouverez-vous pas qu'il y a décadence chfâç Horace Vernet ?

t2li LM GitUMUSs

•^ La^ vérité est i|u'Horàce eèt cette fofe in- £àrieiir à Iiii-i^méme ^ mai» ce n'est pas le signe oeitain* d'iuie* décadence. Horace cherche antre choâe que ce qu'il cherchait autrefois; il est entré dans les voies (k la graïide peinture; il a vouln £aire de la <|ouleur vénitienne et dtt style brge} quelquefois il a.aë8e£})ieiii réussi^ cette année îi a été moins heweox; nims il faut lui savoir gré de ses efiorts. Ses premiers penohansysa première éducation^ luttent contre sa volonté n<mvdle^ et le peintre actuel est s6uvent^ vfiâncu par le peintre ancien ; le peintrede genre perce sous lé peintre d'histoire^ maiS' dans tout ce que produit Horace^ il y ^ dé si bonnes qualités qu'il feut se montrer facile aux défentSi On ne doit pas oublier surtout que dans le genre des batailles il fut sans rivaux y et que c'ete im grand peindre des petites choses.

— I^o«rquoi alors feit-il de grandes choses an risque d'y être petit ?

— Il veut tout embrasser^ parce qu'il à le cœur vraiment artiste j et puis , il sait que plus d'importance el de conskiération s'attache aux tableain de grande dimension^ aux sujets graves de l'histoire qu'amt ouvrages du g^^are hmv^

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lier. Après avoJr, éput«é radmi];atiou dans la cairfère d^ l'esprit et du drame miKtaire > il a aEibitioima d'autres succès , il a mis au service de riû^t<»re.sa [M?odig^use &cilité^ son talent plein de verve et d'intelligence, son ; esprit fin et ingénieux^ et il a produit EdUh au col de cjgney »w pl;a£cmd de Jules II, Ph^ippe- Ai^^usie aJBtwineSy Judith^ et cette Rencontre de Rûphqst Avec Michel-Ange^, que voUs voyex ]à4iajat. Vouer ne nierez pas qu'il, n'y ait beaur 00^' de v^éxïM^. dans les quatre prieniier$ ta*^ bleaux, ,<{|içl(^aie» critiques justes qu'on ait pu en,&ii?e} yow conviendirez «aussi qu'il y a du mérite dans^c^ dfirnier.

— i As^firém^ait. M^ûs eslHCe bien, une consH position bistprique? Ces ti'ois^ étages. d'acteurs sont^ils d'ui^.boi3t.efiBe;t? AiniiQz-y6us ce Michel* Àngé coupé. èA deux, par le* cadre ^ et d'un ca->^ rac^esliCaïQiaun? Baphaël^ coifuet est mà^ itîéré, yom |>ai{aîtr-il feiire une cbose raison-ii9bl|&^. (j^apd, ii de^râe wr l'estomac d^un de ses olèves, debout, eonmite i]^ voudrait pas £^e, xok ingépie^u* q[ui n'auirait que de&.triangles à tft^^çer.? I#0. p^pe^ qui met scw doigt siur sa bQUfitie.{M)«** &îre dbut;I ai|x. courtiswA qiii

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Fentourent, nejoue-1>-il pas là une mesquine comédie? H imposerait bien autrement silence s'il écoutait gravement la dispute entre ces deux grands artistes qui viennent de se heurter daas le Vatican?

. — Ces défauts m'omit choqué comme ils choquent tout le monde; mais ji'aimez-'Vous pas cette femme oii Raphaël trouve lé caractère d'une de ses vierges divine^ ? N'est-elle pas charmante^ joKe, belle, quoiqu'un peu blanche ? Le vieillard qui dort derrière elle n'est-il pas un bon Saint-^Qseph? Et puis, pris à part ^ le groupe de Raphaël et de ses élèves n'est-il pas une ^hose estimable? Celui des paysans qui occupent le premier plan à droite n'est-il pas d'un beau ton et d'une fectUre large? Dans le plan supérieur, n'y a-t-il pas. quelques jolies figures? Tout cela manque d'unité, de Haison, d'intérêt surtout , j'en conviens ; mais cela ne manque pas de talent. Je crois que, réduit au huitième de ses dimensions , ce tabltôu de genre serait beaucoup mdlleur, serait même peut - être excellent ; mais je ne crois pas que tel qu'il est il soit absoluijient mauvais^ comme je l'ai aitendu dire par beapcoup de

nos amateurs^ si difficiles quand il s'agit des anciens artistes.

— Défendrez-vous le portrait de Louis-Phîlippe^ qui est dans cet angle ?

— Non; je vous l'abandonne. L'arrange^ ment m'en paraît aussi répréhensible que la forme. Je ne sais pourquoi Horace a appuyé le roi sur un' grand sabre de cavalerie ; cet équipement de cheval ne va pas avec la couronne de diamant et le livre vert de la Charte. Ce portrait me parait tout-à-fedt manqué j il est loin de valoir celui du maréchal Molitor. Ici je retrouve l'auteur du portrait de Grouvioh- Saint-Cyr y que nous avons vu il y a quelques smnées; je le retrouve pour l'exécution ferme et vive, et pour l'effet.

— Et le portrait de cette dame romaine jouant du piano pour amuser son enBmt ^ qu'en dites-vous? H me plaît assez.

— A moi aussi. Je trouve d'un beau caractère la tète principale; mais j'y voudrais un peu plus de fermeté. Ce n'est pas que cela soit £âhle^ mais ce n'est pas assez'fin. Le ton de la t^ de k domestique est solide; mais celui de l'^n£mt ne l'est pas assez; Le petit bonhomme

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e^ transparent comme une lanterne. Ce portrait est bien^ mais que j'aime mieux la àéiStcietise paysanne ^Aricia, une de mes paissions du salon dernier ! H y a de belles parties aussi dans le portrait de cette dame qui brode ^ naadame Fould^ je crois. Le front et le^ yeiix 9Qnt trèsrbien. H y a un peu d'a£fectatioil da»^la largeur de la facture des linges ; vus de prèsy ib sont désagréables. L'uni des chairs appelle le spectateur près du tableau y les aspérités desr étoffes le repousèe.

* — ^Yoilà un tableau de l'ancien goût d'Ho-^ race»

— Hais malheureusement pas de ssi mc^^ leure masfiçre. H y a six luis > qu'il aiuraît bit de cette scène pittoresque mL che^^ceuyrj&jde nlouyement ^ d'énergie et d'esf^^t} il 6|i a fiait à Renne une chose médiocre^ lourde^ fiictice* Horace n'a pas vu les joui^nées de juillet : ^'il avait été à Paris ^ le peuple l'ainrût: lyouyé par^ tout ^ se batlairt m brare > et. p^fidp^t les repos> rçproduisttQit pour k postérité les betles^ af^kms de e^tte guerre de trois jours où Vo^ abattit tni tf ône et une dyûastie^ comme s'ils n'avaient piÈ» poussé de racines sur le sol français depuis plu-

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sieoi^ sîède». A« lie» de peiadiie d'ajpcès Éattnre^ il a peint ^n^ des récité^ et 8on taUieau reeiseiiïbleà ces feuilletons de journaux rédiges par des critifpies qui n'ont point assisté à la représen-* tation de la pièce dont ils parlent.

« — Parbleu! voilà un portrait du duc deOioiseul qui est d'une psur&ite ressemblance. .

-^ n est sur que le noble duc n'y est pas flatté : cependant c'est aussi loin de la charge que du mensonge flatteur. Il y a de la vivacité et de la couleur dans ce portrait qui atteste les progrès de M* Lepaulle. La seule chose que j'y reprendrais, c'est la main gauche , noire et lourde, qui devrait être beaucoup mieux dans la demi-teinte. Croiriez-vous que l'auteur de ce portrait de M. de Choiseul a &it cette femme lourde et commune qui se dçsole conune la veuve d'un marchand de bois ou d'un febricant de. bretelles; cette femme doiit la gorge se ballotte de l'épaule droite à la gauche et vous écrasera de sa masse si elle échappe à la robe noire qui la retient à peine? Et cette femme) c'est la bdle madame Devrient, que vous avez vue au théâtre Italien ! Et c'est madame Devrient dan^ le rôle d'Anne de Bolœyn ! Anne de Bolœyn avec

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si peu d'élégance 1 Est-ce donc parce que Henri y ni était gros ^ que .M. Lepaulle lui adonné cette massive maîtresse? Au reste^ il y a beaucoup mieux que cela dans la collection de portraits qu'a exposée le jeune peintre ; car il n'en a pas accroché &u Louvre moins de quinze : ce qui est beaucoup trop pour plusieurs raisons ; et la première , c'est que c'est prendre pour soi seul une grande partie de l'espace limité réservé à tous les artistes j la seconde^ c'est qu'en mettant tout son fonds de magasin en montre^ on étale à côté de ses bons ouvrages des choses médiocres. \- ■

— Voilà un portraitdë femme^ mademoiselle E. L. ^ qui est étrangement diapré; la luniière y est par itouches égales de ton et de valeur ; ce qui^ dans les cheveux surtout^ n'est pas d^unbon effiet.

— La couleur de M. Lepaulle est assez large, maisagathiséeet chatoyante; cequil'alourdit un. peu et la rend quelquefois louche. Où je latrouve charmante, c'est dans cette £euaiille de boules^ogues, dont les plus jeunes sont gras, laiteux, blancs et roses. Cette étude, qui a l'accent de la nature, est d'un coloriste vrai; il n'y

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a rien de ces conventions dans lesquelles nos ar-< tistes ne se jettent que trop souvent. M. Ler paulle devrait essayer le genre proprém^it dit; il est probable qu'il y réussirait. La chambre de Louis XIY au château de Pontchartraia lui donnait l'occasion de &ire. deux figures; il les a itrop négligées^ bien que je les. trouve touchée» avec assez d'esprit. Ce qui est estimable dans ee petit tableau^ c'est la couleur brillante et harmonieuse de l'intérieur. Son rendez-vous de chasse , où le peintre rappelle la manière d'Horace Vfârnet encore plus que, d^ns s^, autres productions^ a de bons détails d^ chiens^ mais un peu de lourdeur.

, — Oht la jolie chose que cette jeune fille en chapeau de paille y modestement, cachée près de la colonne !

— ^ Vous avez bien raison. Cela ressemble à du Reynolds : finesse de ton , expression naïve ^ pose simple et natui*elle , jeu de lumière agréable; voilà tout ce qui recommande ce portrait, cil je ne voudrais, trouver qu'un dessin plus-pur •

— Parmi toutes les choses que j'ai entendu louer y pourquoi n^ai-rje rfen entendu dire de cette tête de mulâtresse ?

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— Parce qu'il n'y a qu^eur et malheur dans cemcmde. You« avez raison de remarquai' ce portrait bien modelé^ touché avec farmeté y qui prouve du talent da^s.^n auteur^ M. B^une^ dont je crois n'avoir jamais rien vu avant cette exposition. Cette mulâtresse meplait beaucoup plus q^e toute la &mille si noire^ si sècheipeiit pmte par M. de Grç^se : c'est de la peinture Ibrt d^aisante à mon goût.

-^£t au mien ^ mais non pas à celui de tout le monde ; car j'ai vu bien des promeneurs s'arrêter devant ce trio taille dans du bois d'acajou^ et s^en aller ensuite fort contras^ le rire sûr les lèvres.

— Si vous voulez un portrait amusant ^ regardez là -haut cette femme aux; petits yeux à demi fermés ^ le nez et les joues rouges^ totite la figure enluminée; on dirait une de nos Bai^hantes éjdbauffîe de vin de Gham-* pagD^e.

-*^ D n'est ^[uèro posâbie de feire plus laide une femioie qui doit être jolie,

•*- Retournez-vous et regardez cette fille de Suisse à sa fenètre^par |»I. Dupuis.

— Mais^ ce n'est pas mal.

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— "- Imitation un peu rèche de la jeune fille à l'oiseau^ que M. Decaisne exposa^ je crois y aa

~ Puisque le nom de M. Decaiene vient de 6e présenter, à nous , âdtes-moi voir ses ou-vrages. •

— Volontiers^ allons chercher au bout de la galerie un de ses meilleurs portraits ; celui de Mv Victor Schœlcher... le voici.

—Gela doit ress€»nbler. Il y a dans cette tète de la méditation.

— M. Schœlcher est un citoyen grave , un critique sérieux^ un philantrope^ non par état^ mais par conviction, ; un écrivain loyal et consciencieux^ qui espère un temps meilleur , le temps de la vertu publique et celui de la morale particulière. Cest un homme plein de cœur et de véritable sensibilité ; j'aime à vous fidré son éloge parce qu'il est^ aitre mes ' amis^ un de ceux pour tjui j'ai le plus de goût. M. Decaisne a très-bien saisi sa physionomie caractérisée, n l'a fidt calme , réfléchi , vêtu avec une élëgaiice qui n'a rien d'affiecté , tel enfin qu'il est réellement. C'est une très-bonne chose que ce portrait ; je le préfère à celui de Damoreau,

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qui.est d'une couleur brillante^ mais qui a outré peutrètre un peu la. tournure du modèle.

M. Decaisne en a fait un milord.

— n ne &ut paa se plaindre de Texâgération du bien ; c'est rare. J'ai vu dans le grand salon un portrait de madame Damoreau qui ne m'a pas paru très-ressemblant.

— C'est dommage , car il est d'une charrmante exécution . Laphysîonomie douce^ bonne^ gaie^ fine; aimable^ de madame Damoreau^ est apparemment bien difficile à saisir ; car de tous les portraits qu'on a £aits sur ''cette jolie femme, je, n'en connais qu'un qui soit parfedtement ressemblant : c'est un buste de M. Des^ prez que vous verrez dans la salle des sculptures. Voilà un portrait historique de M. Decaisne ; il représente mademoiselle de Montpensier écrivant, ses, mémoires. L'arrangement ea est plein de goAt j et il faut dire que c'est un des talens de M. Decaisne d'hsJ^Uler très^rbien les femmes qu'il peint,: c'est un art assez difficile que celui-là j peu de peintres le possédait : rcrgardez plutôt autour de vovs! il n'y a que les hommes de bonne compagnie qui y réussissent.

La tète de mademoiselle de Montpensier est jo^

DU LOfTVRB. 137

lie et d'un ton fort agréable ; je voudrais que les chairs en fusseijt Un peu plus souples.

— Dans cet encadrement rond > voilà une bien joUe femme ^ par M. Decaisne.

— Et elle n'est pas flattée. Cette dame est la femme de M. Âmédée Pichot. Ce portrait, de Favis de beaucoup d'artistes, estle chef-^lVeuvre de l'auteur. Je ne me prononcerais pas aussi absolument , mais je le range parmi les trèsbons portraits de M. Decaisne^ aussi bien que celui de madame Jal, que vous voyez là en robe orange. La tête et la poitrine sont d'un modelé fin et d'une jolie couleur ; se&mains sont dans une demi-teinte que j'aimerais moins bleue. Si ce portrait, que tout le monde a trou véressem* blant , avait un défaut , ce serait celui de n être pas assez complètement dans le caractère de la tète italienne du modèle. Mais il y a du charme> de la grâce , et cette manière de voir la nature vaut peut-être l'autre.

— Ceci doif être un tableau de M. Decaisne ^ je reconnais son harmonie et son style.

— Le groupe d'Anne de Bolœyn et de sa fille Elisabeth qu'elle presse sur son cœur avant d'aller mourir , est très - expressif. Il y a quel—

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