‹ Salon de 1833Chapitre 6 sur 16 · LE0 CAI78MR1S · texte numérisé non relu

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noir f et privé de lumière^ et biilùrre de pose.

-^ Mais la pose est asdez naturelle.

•— Je ne dis pas non ; on pose comme celai devant son apothicaire^ mais pas devant ime femme.

•— Qb! la pauvre enfent ^ qu'elle a de peind à se tirer de ces rochers verts qui l'écrasent I

— N'ayez pas peur^ ils ne. lui feront pas de mal j vous voyez bien qu'ils n'ont pas la moin^ dre solidité.

— ' Un portrait d'ecclésiastiqpie ^ il me semble qu'il est le seul au salon de cette année^

-^ C'est cehiî d'un hoimète vieillard qui est mort tout récemment, M. l'abbé Leclair ^ curé de Notre--Dam&*de-Liorette. Ce bon prêtre- ^tait fort tolérant y fort gai ; on l'aimait dana sa paroisse. Nous étions voisins ; il venait me^ voir quelquefois. Il savait bien que nos opi** . nions differaient sur presque toutes les questions.; mais jamais, quelque autorité que son âge lui donnât , il n'a eheorché à me eonvet^ tir à ses idées. Son portrait est fort ress^n-^blant.

— L'aspect de ce portrait de fermât àVeti ses longs cheveux bouclés à l'anglaise , sa taille

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mince comme des bras y et son teint espagnol ^ me plaît assez.

— Oui, c'est une chose assez originale ; je crois que cela vaut mieux que les peths ta^ bleaux anecdotiques. ou du genre familier de Fauteur, M. Spimïler; cependant: j'y Tondrais quelque peu moins de dureté dans le ton^ H me semble qu'il y a de l'exagération.

— A propos de teint espagnol, ayez-yout remarqué la dame Ândalouze, coiffée de la mantille de dentelle que M. Belloc a exposée*

— Oui, elle est d'un joli ton, d'une exécution fine f mais elle manque un peti de saillie. Je préfère le portrait gras et lumineux de ma*dame Blanqui , qui contraste si fart ayec eehii de M« OdiUon -Bairot à coté duqudi il est placée L'outrage capital de l'exposition de M. BeQœ est le portrait en pied d'une dame en rdbe yerte et na chapeau blanc, qui %ure au grand salon. C'est une des bonnes choses du pemtre, harmoniste, et c(doriste distingué.

— «^ cherchais les portraits de M. Bouchot; en yoici un, je pense.

— Celui de cette dame groupée arec son fils? yott^ ayez raison. est bien, ce ponarah;

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joliment peint > d'un ton agréable^ mais im peu plat ; et puis il ne me paraît pas apparte^ nir en propre à Fauteur ; je trouve là du Belloc y du Decaisne y du Haudebourt y du Saintr- Evre. Le portrait tout simple de madame Despréaux ^ la mère de cette charmante en&nt que Talma fit venir y je croîs y de la Belgique aux Français pour jouer le roi Joas y la petite sœur de la Fausse agîtes et CUstorely et que nous avons vue grandir en talent et en grâce^ à ce point qu'elle est aujourd'hui une des plus agréables actrices de Paris^ au Gymnase^ où elle a épousé Âlldn; ce portrait me plaît bien davantage^ et rien n'y sent la convention ; il est naturel de ton et de pose ; il est modelé sans effî)rt et assez bien dessiné : c'est un ouvrage qui m'arrête toujours au milieu de ce dévergondage de portraits à effet y à gazes y à rideaux^ à oiseaux de paradis^ à toques de drap d'or, que sais-je !

— Retournez-vous donc pour voir ce mon-r sieur, cette dame et leur chien ; je n'ai encore rien vu de plus comique.

— Je ne sais pas s'il £aut jugersur cet échantillon les arts nantais ; mais je suis fôché que

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Nantes ne nous ait pas envoyé quelque chose de moins grotesque* Une gran^Je ville dont toute la peinture se résumerait dans un pareil ouvrage serait bien à plaindre. M. Ducomet, qui peint avec les pieds, est dix fois plus fort que M. Blondel de Nantes. «Voyez ce portrait du très-fin , très-rusé 'Sidi Hamiden , l'ancien aga des Maures d'Alger ^ il a du caractère, et sinon une bien bonne couleur, du moins un coloris raisonnable.

— Àh ! du Kinson ! je n'en avais pas encore aperçu, et cela me manquait.

— Moi, j'en ai tant vu, tant vu depuis quinze ans , que je m'en passe à merveille. Je sais par cœur toutes ses poses , ses chairs qui procèdent de sa faïence et du plomb — • matière que je ne saurais définir; — sa couleur d'un gris verdàtre, sa coquetterie d'ajustemens, enfin tout ce qui constitue ses portraits. Je ne. m'y arrête pas cette année -, cependant je dois un regard aux paysans solognais. Je voudrais m'expliquer cette peinture que j'atti*ibuerais à une vieille femme , si je ne la voyais signée du nom célèbre de M. Kinson. C'est petit, mesquin, sans caractère et .sans naturel ; cela veut être

mxii, et c'est commun. Et puis quel coloria!

Mi JCiaéon ne peut être comparé à personne :

aussi ce qui Serait un malheur pour . tout le monde , lui est indifférent à lui. On a placé ses petits paysans au-dessus du portrait de femme qu'a exposé M. Ingves 5 qui pourrait résister au rapprochement? Quel dessin même uii peu solide et fin se soutiendrait à côté de cette tête de femme merveilleuse de pureté , à côté de ces bras charmans de forme et de ton ? Un élève de M. Ingres tomberait^ M. Kinsoù résiste; qui que ce soit ne songe à jBBÔre la comparaison. C'est un peintre fort , un peiiitrê à part; il a une grande renommée ^ une grande clientelle y de grands louangeurs ; j'espère aussi une grande aisance ; je ne veux plus m'inscHre eti &UX contre l'admiration de tous, et j'ai un grand i^egret à l'opinion que j'^ettais il y a d^ox minutes sur lès portraits et sur les solognaisde M. KinsoUé Une chose me frapper, c'f^st que M, Kinson, dont je n'avais jamais vu que dès ipeintures de portrait, s'élève à l'histoiçç^ à l'histoîre^un peu vulgaire si vous voîd^ez^. mai^ enfin à l'histoire. Il a voulu suivlhe l'ixea^tè de M. Paulin Guérin, qui feit de l'histoire à son

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temps perdu ^ et qui la Êdt mieux que M. Kinson ne la fera probablement jamais. Entre le portrait en pied de M. l'amiral Truguet et celui de M. Hyde de Neuville , Fancien ministre de la marine ^ M. Guérin a fait un tableau représentant la peste de Marseille en ^720, et le chevalier Rose enterrant les morts. J'en suis fâché, mais ce n'est paç là de bonne peinture. Sous le rapport de la composition , que dire de tous ces corps coupés par le cadre? Que dire du personnage principal, si mesquin et en même temps si lourd ? Que dire de ce grand cheVal qui vient on ne sait pourquoi sur cette esplajaadé ? Quant au coloris et à la facture , il y a des choses estimables, mais voilà tout. La gloire de M. Paulin Guérin ne se fondera pas sur Be$ tableaux , quoiqu'il ait fait Ciun. Il est portrait tîste distingué. Dans le genre des portraits il a fait de belles choseis : Nodi^, l'abbé de La Men* nais et quelques autres. Son amiral Truguet est bien ; il a saisi à merveille le caractère de ce vieil officier-général , doyen de nos amiraux , jeune et fort septuagénaire, d'une petite taille, droitj brillant de santé, projpre, encore élégant, vif, dispos , à qui vous donneriez soixante ansà

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peine. La perruque soigneusement marronnée de M. Truguet est un peu trop également touchée ; la boucle coquette qui vient au milieu du firont est un peu grosse; il y a trop de perruque enfin dans cette perruque, qui veut être une chevelure naturelle ^ tant l'amiral Fa fait £aire avec soin par l'artiste coiffeur qui a sa confiance! La tête est pleine de force et de vé*rite j le mouvement du corps estnatiurel. L'artiste a fort bien compris son modèle^ et le fait bien comprendre au public. Le portrait de Jtf. Hyde de Neuville me parait inférieur à celui de l'amiral Truguet ; il a pourtant une expression juste ^ de la ressemblance ; mais la coulem* n'en est pas agréable. M. Paulin Gufirin a représenté M. Hyde de Neuville en costume de ministre j il a bien fait : M. de Neuville a laissé de bons souvenirs de son passage à la marine. C'était un homme de bien et de bonne volonté ; il aimait la marine et la comprenait ; il avait des intentions excellentes pour l'avenir de ce a>rps qui lui a gardé de la reconnaissance. M. Hyde de Neuville ftit équitable^ et répara des injustices que l'esprit de parti avait commises au détriment de bons officiers. H ne faut

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pas oublier ces choses-là. Le peintre a mon* tré dans le fond un bâtiment ^ et a assis le mi^ nistre à un bureau . Tout cet arrangement man-n que de logique : c'est au surplus , un dé&ut qu'on peut reprendre dans plus d'un des por-r traits historiques qui figurent ici. Dans quelle ville est le ministre ? Ce n'est pas à Paris prpbar blement y car tout ce que , de son cabinet y il pouvait voir d'eau , c'était la Seine paisible , portant quelques bateaux de pierres et de charbon. C'est donc dans un port? et le ministre en costume attend donc la visite des autorités de l'eùdroit? Cela avait b^oin d'être éclairci par une date constatant un hit. Je ne crois pas que M. de Neuville ait visité les ports pendant son ministère. S'il est resté à Paris, il fallait le représenter dans spn cabinet et l'entourer de modèles 4^ navires, (fc machines propres au service de la marine, de cartons étiquettes, de budgets. — M, Paulin Guérin a fidt son propre portrait. Je crois que le désir d'arriver à un effet très-feiroe lui a fait exagérer les lur mières blanches qui diaprent la couleur de spn visage.

— Il y a de la vigueur dans les portraits

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de M. Roûillard^ et en général un ton vrai quoique un peu rouge&tre. Etes- voué de ceft avîa?

^^ M. RoniUard a une di^^ bonnes réputations de la peinture de portraits ; il a fedt de bons ouvrages, La tétç fort ressemblante et très^individuelle du maréchal Grouchy est bien modelée et ferme ; mais je trouve un peu d'exagération dans l'ensemble de Feffet. Je n'aime pas le cheval blanc ébouriffé , qui a l'air d'une sculpture du temps de Louis XV; je n'aime guère non plus le ciel de ce tableau ; je trouve la main d'une forme désagréable et durement ombrée de hoir. Un hasard assez singulier a placé le portrait du maréchal Grouchy en face de celui du maréchal Gérard ; quand je les vois là l'un et l'autre ^ j'ai peur d'entendre recommencer cette discussion • qui nous occupa pendant quelques mois avant la révolution de juillet, et partagea l'opinion publique sur la conduite du général Grouchy à Waterloo.

Mais , ici chacun est occupé de son affaire , le maréchal Gérard devant Anvers, le maréchal Grouchy sur je ne sais quel champ de bataille ; j'espère qu'ils ne descendront pas de leurs ca-

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drei. — Le portrait de l'amiral Yerhuell est ime bopne chose ^ simple^ large et solide. P n'y a ni a^ctation de lumière^ ni recherche d'ei^t. M. Camille Paganeï^ le nouvel historien du grand Frédéric^ est par&itement ressem-»

hlant dans cette peinture de M. Ronillard^ qui a toutes les qualités que je viens de vous signa<« 1er dans le portrait du brave M. Yerhuell.

--^Le portrait du maréchal Gérard^ que vous fOgaa^Sesi tout à l'heure^ me paraît un peu n^ou,

'— ^ Phitôt rond que mou ; d'ailleurs ress^n-t blant. M. La^ivière à déjà donné des gages de talent dans sa Peâte de Rome^ sous le ponti^ ficat de Nicolas Y^ exposée eu 485^ . H n'a pas &it de tableau cette année. Encore un artiste qui comprend que la peinture historique n'a plus les grandes chances^ qu'elle avait jadis j il s'adonne au portrait. Ëtait-K;e bien la peine qu'il allât à Rome I

-^ L'école de Rome devient inutile , si les pensionnaires renoncent aux hautes études après leur retour en France.

— Elle est inutile depuis longr-temps. Si le budget peut pensionner quelques élèves qui

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auront montré ces belles dispositions auxquelles on reconnaît les futurs grands artistes ; — et il importe qu'il le fasse — qu'on ne les a^ treigne pas à aller passer cinq ans à Rome ; qu'on leur donne au contraire la liberté de voyager où ils voudront j que celui-ci puisse aller à Amsterdam où à Anvers^ s'il a du goût pour la peinture hoUandaise ; que cdui-là aillé étudier en Espagne ^ s'il se sent du penchant pour Murillo , Yélasquez ou le Ribeira j que cet autre aille en Angleterre voir Reynolds, à Florence ou à Venise voir Raphaël , Jules Romain^ Titien ou Paul Véronèsej mais, pourquoi Rome, toujours et rien que Rome? Cette exclu^on est fâcheuse 3 elle tend à jeter tous les talens dans la même direction, à les containdre, à les modifier, à les abâtardi^*. Cest une mauvaise chose ; il n'y a qu'à voir ce que ce système a produit. Rappelez-vous tout ce qui est allé à Rome depuis vingt ans, et dites ce qui en est revenu? à quelques exceptions près des hommes médiocres. Et c'est la faute de ce mode d'éducation obligée. Apprenez aux élèves à dessiner et à peindre , puis laissez-leur la liberté de la pensée.

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— • Ce général Rumigny n'est-il pas aussi de M. Larivière?

— Oui , et je le trouve mieux que le maréchal.

— Fort ressemblant , bien qu'un peu trop fleuri; mais Tair ouvert, gai, loyd et bon enfiauit, comme on dit.

— Quel est ce général républicain de l'armée d'Egypte?

— Le général Rampon , au siège de Saint- Jean-d'Acre , par M. Couder.

— La tête est un peu commune et d'une feible exécution ; le reste n'est pas mal.

— Ce M. Couder est>-îl l'auteur d'Un tableau qui a attiré la foule, et dont les sujets sont empruntés au roman de Victor Hugo?

— C'est lui. n partage avec M. Orsel le prix pour la beauté du cadre ; peu^-être même son cadre à ogives, à compartimens , à ornemens gothiques, à figures d'animaux, est-il plus beau que celui de M. Orsel. Par compensation, la peinture de M. Orsel est meilleiure que celle de M. Couder.

-^ Ce n'est pas ce que semble constater la présence des spectateurs devant les deux ou-

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vrage3. M. Orsel est peu couru, on &it queuç devant M. Couder.

— La différencia des sujets fait ce que devrait foire la différence des mérites. M. Or^el, copiste des vieux maîtres, a peu d'attraits, pour cela d'abord, et epsiiite parce qu'il n'y a rien que de très -chaste dans son œuvre j M* Couder a ireprésenté la Esmeralda aux prises avec l'amour brutal du capitaine Phoçbus, et il a attiré tout le monde. Antonj -^ Je nç compare pas M. Dumas , l'auteur le plus réellement dramatique de ce tempsKîi, à M. Couder, peintre froid sous l'effet vigoureux qu'il cherche. ^^ArUony a attiré plus de monde à la porte Saint -BCartii} que ^ritannicus n'en attirera d'ici à quinze àQs à la Comédie française , à mojjis q^'u^ autre Tahna ne sç présente. Notez bien, je vpus prie, que je ne compare pas non plu$ M- Orsel à Racine. — Pans l'ouvrage de.

M, Opsel, il y a des parties estimables ; la figure du père éternel dans le tableau du cintre , celle de la fille arrachée paur le diable de la présence de Dieu; cette même figure dan3 le tableau du cintre ; le reste me semble plus remarquable par l'absence de défouts saillans

que par la présence des bonnes qualités. C'est un tableau de dessinatem* , «et le dessin n'est pas partout d'un caractère assez âevé.

•**- La pensée du poème est bonne du moins.

*-^ Oui, morale, honnête comme une de ces conférences religieuses du carême, oiil'église élève deux chaires l'une en &ce de l'autre, la chaire du diable en opposition avec celle du Christ, à la condition très - expresse que. lé diable ^'arrangera pour donner des répliques aux mouvemens d'éloquence de l'apôtre, et présentera des argumens pfaih)sophiques sans valeur et fatcilement céfiitables. Le tableau de M. Qrsd dont ob n'a pas besoin dans un musée où l'on a quelques vieux maîtres , serait fort hien placé dans le réfectoire d'un pensionnat de jeunes demoiselles. M. Orsel est un peintre consciencieux, dévoué aux études du haut 9tyle; il a le tort de se faire imitateur quand il pourrait être original. Je l'aimais mieux iiir spire par le goût simple de l'école romaine et produisant tout seul son Moïse présenté à Pha^ raouy que copiste des peintres secs du quina^ième siècle , et nous donnant le Bien et le Mal y dont^

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soit dit sans jeu de mots ^ il y a ^ au surplus > peu de mal à dire et assez de bien.

— Nous nous éloignons des portraits ; mais il en est ainsi de toutes les résolutions liumaines : ce qu'on se propose n'est paj» ce qu'on exécute toujours. D'ailleurs, rien d'impérieux ne nous contraint à suivre telle marche plutôt que telle autre. Nous nous laissons aller au courant de la conversation, comme sur un fleuve, à l'aspect des rives pittoresques dont^ chaque canton a son souvenir historique , causant , divaguant , se rappelant, on se laisse aller au iil de l'eau. Se vous demande pardon de la comparaison un peu prétentieuse, classique....

— Et longue , car vous voilà tout essouflé. . . Voulez-vous que nous revenions aux portraits?

— Puisque nous en sommes à la vieille peinture moderne, donnons un coup d'œil aux tableaux de MM. Périnet Dassy .

— M. Périn est plus fort que M. Orsel; M. Dassy a un talent qui ne le cède guère à celui de M. Périn. Tous deux marchent dans la voie des imitations serviles , et s'ils la suivent avec cet amour, cette bonne foi qui les y a poussés , ils ne laisseront aucun nom dans les arts.

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Un avenir leur était promis cependant à cette époque où la passion de la couleur a mis le pin*ceau à la main de tant de jeunes gens qui n'ont fait aucune étude. Les pochades ne peuvent avoir qu'un temps ; on reviendra — et déjà la réaction s'opère — on reviendra de ces échantillons depalette qui fioiscinent l'œil, et ne parlent en définitive ni à la raison , ni au goût , espèce de prismes solaires qui brillent , éblouissent , mais qui échappent par la forme à toute analyse , ne laissant d'autre trace dans la mémoire que celle qu'y laisserait un feu d'artifice. Tout homme qui a un talent solide , un style pur et éleyé, de la philosophie, de la gravité > doit avoir- une action prochainement sur l'école et le public , mais il £aut pour cela qu'il ait une originalité réelle. Le public aime les vieux tableaux qui sont vieux , mais non pas ceux d'hier. Toute grimace , toute affectation , lui déplaisent ; il court volontiers au nouveau, mais il faut que ce nouveau ne soit pas un réchauffe de quelque vieux système. Les conventions, qui ne sont qu'un retour à d'anciennes formes , à des idées dépassées, n'ont et ne peuvent avoir qu'un moment. Voyez ce qui est

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arrivé aux artistes dont la mame^ plutôt que la vocation , fût de reprendre Fart à son enfance en lui donnant un accent coloré : ils empruntèrent aux manuscrits des quatorâème et quinzième siècles le dessin et le style; leurs figures^ pastiches grotesques des peintures de ce moyen âge y qui n'avait pas la sdence ^ mais au moins la naïveté ^ ils les chargèrent de coctleurs systématiques, volées aux Vénitiens, aux Hollandais, et aux Anglais modernes. Leur ton plut d'abord beaucoup ; mais ensuite on voulut voir ce qu'il y avait sous ce masque, et l'on y trouva en général des formes maniérées, affectant la simplicité qu'elles n'ont pas, et dénonçant l'ignorance du dessin. Le public ne lait guère de différence entre les gauches imitateurs de Giotto et d'Albert - Durer et leurs plus habiles copistes; il s'éloigne des uns et des autreé. Ainsi, les derniers qui savent dessiner, et ont fait de sérieuses études, peuvent le rappeler à eux en prenant le sage parti de devenir individuels ; les autres qui ne savent rien , et presque tous les exagérateurs de Delacroix «ont dans ce cas, disparaîtront successivement de là scène sans laisser aucune médioire. Quand

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MM. Périû et Dassy voudront faire autre chose que Tobie et la Charité ^ ouvrages où \e mérite est incontestable^ ils prendront une belle place dans les arts. Hâtons-nous mainte* aant de terminer notre revue des portraits.

^— Celui-ci me paraît à merveille.

— D'abord il est fort ressemblant j c'est celui de feu M. Schœlcher, le marchand de porcelaine de la rue Grange-Batelière, le père de M. Victor Schœlcher, dont vous avez vu le portrait peint par M. Decaisne , et dont voilà contre la porte du salon un charmant portrait dessiné par M. Henriquel Dupont.

— Charmant en effet , large et plein de caractère ; moins fin cependant de dessin que les deux jolies têtes de femmes au pastel qui figurent à cèté sous le nom du même artiste*

*— Le portrait de M. Schœlcher est de M. Sigadôn* C'est de la peinture large, ferme, d'un ton simple et vray J'y reprendrais un. peu de Mdeur et quelquiès touches dxires dans les ombres les plus fortes ; mais elles dispiui'aissent quand on regarde à l'effet ciet . ouvra^ • ^i présente un bel ensemble. Aveat^vous reiÉiar^ que, en entrant dans le salon carré, le [tt^mier

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tableau à droite^ où un jeune £aune caresse une nymphe étendue sur le gazon ^ et rit des mines fâchées que £eiit l'Amour enchaîné près d'eux?

— Sans doute; mais les sujets erotiques, anacréontiques dans le style de FÀlbane ou du Corrège, ne me captivent pas long-temps. J'ai regardé, et la seule impression qui m'en est restée, c'est que ce tableau vaut mieux qu'aucune des choses nues qui sont ici. H me semble qu'il y a plus de vie et de charme.

— Il y a de la grâce sans afféterie, quoiqu'on ait compai*é cette peinture de M. Sigalon à celle de Boucher ; il y a surtout une charmante couleur, solide et brillante, pleine d'agrément et de goût. Si le dessin était plus pur, si le contour n'était pas vivement cerné par des bandes colorées, il n'y aurait aucun reproche à adresser à cette production d'un de nos artistes les plus origig^aux, qui a le. sentiment des arts élevés et ^ui ne s'est pas fiait coloriste parce que la mode était à la couleur.

— Le portrait de femme qui nous présente «es deux en£ans me parait vrai.

— C'est celui de madame Rouget avec sa

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jeune &mille^ par M. Rouget, Madame Rou:get est une belle personne^ dont le peintre a peut-être chargé le caractère pour lui donner Fair grave et sévère. Ce morceau présente de belles parties d'exécution^ de la finesse dans la couleur ; mais il manque de distinction dans la forme. C'est aussi le déàiut capital de l'immense tableau^ pâle et blafard de ton^ où M. Rouget a représenté X Abjuration d^Hen-* ri IV, Ses figures sont d'un style trop bour^ geois j elles ont de la lourdeur, une expression vulgaire. H en est quelques-unes cependant qui sont fort bonnes ; celle de l'archevêque de Bourges, par exemple. M. Rouget a une main très-habile , m^is son imagination cahne n'enfante pas ces œuvres chaudes qui vont à un temps d'agitation : ce serait le peintre d'une époque heureuse; il est trop bon honmoie^ maintenant que les arts se débattent au miUeu des opinions violentes , et que, pour se faire remarquer ils sont obligés de se passionner , et de jprier haut et fort. Et puis il faut dire une chose vraie , la peinture a fait des tentatives ; \ elle a marché , et M. Rouget , comme M. Mauzaisse et d'autres artistes de la même école , en

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sont restés où ils étaient arrivés en i Si 9. Je ne sais s'ils ont eu* tort ou raison ; mais ils parlent une langue qu'on ne parle plus guère, et ils s'étonnent qu^on ne les comprenne pas ! Dans les siècles de transitions, il n'y a que deux partis à prendre : marcher quand tout le monde cherche en marchant, ou demeurer stationnaire , et contraindre tout le monde k venir tourner autour de soi. Ce dernier est le plus fier , le plus courageux , mais il faut être d'une forte constitution de talent; il faut avoir du génie pour s'y fixer avec espoir, de succès. — Notre séance a été longue ; il faut que je vous quitte. A demain , s'il vous plaît.

Le maréchal Ney, — M. Martin Langlois. — Madame Haadeboart. — Madame Desnos. — JH. Cornu. — M. Genod. — Il est sauvé. — L'école de Lyon. — Lyon ne peut avoir une école. — M. Bonnefond, que fait-il à Lyon? — M. Guindrand. — AL Biard. — Les comédiens ambulans. — L'antiquaille. — Le Semoum. — Le repos du moissonneur. — M. Vienot. — M. Derottge. — M. Rousseau» — M. Yàuchelet. — Scène familière. — M. Merlin de Thiomùlle. — M. Sentis. -:- Ma-

demoiselle — Madame Tripier-Lefranc. — M. Etéx. —

M. Bourdon. — M. Amaury-Duval. — M. Brémont. — M. Pcrlet. — M. Poppleton. — La queue de M. lu gres.~ Mademoiselle Sophie Allait. — M. D'eviiliers. — M. Délavai. — M. Fourmer de Berville. — M. Magimel. — M. Maricot. — M* Charon. — Madame Hugo. — Une jeune grecque. — Madame Rang. — Madame Servi ères. — Madame Dabos. — Mademoiselle G. Gérard. -- Mademoiselle Godefroid. t~ Rendez-moi M. Gérard! — Mademoiselle Pages. — uinne de Boleyn. — Mademoiselle Swàgers. — Mademoiselle Marigny. — Le mari au bal. — M. Petit. — Le bal interrompu. — Mesdames Devins-Peysac, Sarrazin de Belmout, Clerget-Melling et Empis. — M. Keller. — M. Gros-Claude. — M. Gosse. — M. Delorme. — Un condamné. — M. Demoussy. — M. Aiffre. — M. A. Faure. — M. Etienne Arago. — M. Steuben. —

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M. Arago atné. ~ M, le capitaine Paure. — M. Gigoox. — Madame Marie Ménessier. — Le général Dwernicki, — Le comtelOsirowscki. — Le lever de madame Dubarry, — te maréchal "ferrant, — Henry IV chez Gabrielle d*Estrées.

Les deux mêmes interlocuteurs.

— Il nous reste encore bien des choses à voir, monsieur; hâtons-nous. Ne nous arrêtons pas long-temps au portrait du maréchal Ney , par M. Martîn-Langlois ; je Fai bien vu : je le tiens pour un des meilleurs portraits historiques de cette exposition. Dessin noble et solide^ expre^ion, mouvement; je loue volontiers tout Cela. Il n'y a qu'une chose qui ne me paraît pas bonne : c'est le cheval grisrose que je vois dans le fond. Je suis £àché aussi que le peintre ait fait nues les mains du maréchal; il fait bien froid là pour que cette dénurdation soit raisonnable.

'\ — Vous avez raison; mais M. Langlois n'a pas tout-à^feiit tort. Il trouvait une occasion

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de dessiner des mains ^ il l'a saisie^ et je ne lui en sais pas mauvais grë^ au contraire^ car elles sont belles. M. Langlois est un élève de David. Il a entendu dire par les élèves de M. Ingres que l'école de David ne dessine plus , et même qu'elle n'a jamais dessiné j il a voulu prouver qu'un tel jugement est passionné ou aveugle, et il a &it le maréchal Ney dans la donnée du dessin.

— Cette grosse dame en manchon est bien,

— Elle est de madame Haudebourt-Lescot, qui cette année n'a donné que des portraits; mais ces portraits sont bons. Voyez là -bas cette dame âgéç avec son petit^fils j voyez ce jeune homme qui rappelle un peu par la pose et l'éclat du ton le petit Lambton de Lawrence; cela est tout-à-feit digne d'éloge. Madame Desnos n'a pas le talent hdle et brillant dfi madame Haudebourt; mais vous ne passerez

pas devant le portrait de madame G sans

y jeter un regard de satis&ction. Simple et vrai, voilà ce qu'on peut dire de cet ouvrage. Ne regardez pas ce portrait de femme en bon-r net rond et en robe vert foncé ; c'est commun , et la peinture commune n'affriole pas les gens

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de goût. M. Cornu a cepeadant &it des progrès ^ depuis qu'il s'est détaché de cette pauvre école de Lyoïir^ dans les voies de laquelle marche encore , mais je crois tout seul y M. Genod qui a £ait une petite femme de fer-blanc peint^ priant pour un en&nt de marbre colorié : triste firuit d'une mauvaise éducation pittoresque et d'une ville d'où le sentiment de l'art est toutà-«fait absent.

— Je croyais que l'école de Lyon s'était modifiée.

— Une nouvelle succédera peut-être à l'ancienne^ si M. Bonnefond réussit à planter la £ai à Lyon; mais j'en doute. Lyon n'aime pas les arts ; c'est une ville vaniteuse qui est un peu comme étaient les fermiers-généraux autrefois^ riche, et pensant avoir dés produits d'art y seulement parce qu'elle est riche ; mais ne s'y connaissant pas du tout, aimant le pelit , le poli, le léché, le maniéré, l'étroit, le fini j ne comjH^enant pas le grand , le large , l'élevé j assez semblable d'aiUeurs, sous ce rapport, à presque toutes les villes de France. Lyon est fier d'avoir un^ école; mais à l'exception de deux ou trois amateurs éclairés, personne n'y

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juge fiagemitot les produits de cette école.

Quand Bonnefond y qui avait un pied dans le précipice ^ ^'en retira pour aller à Rome , on ûe comprit pas cet accès de bonne résolution ; on le taxa de folie. i< Un homme qui est par&it y disait Fun ^ il va se gâter à Rome ! C'est une envie de découvrir, disait l'autre : ces peintres sont àe» mauvais sujets qui ne peuvent tenir m place ; il faut qu'ils trottent et dépensent de l'argent. Bonnefond est devenu fou ! » A Rome, il a pris un corps , il s'est fait peintre. On n'a pas senti cela à Lyon. On a vu ses tableaui:'^ on les a trouvés jolis, voilà tout. Et c'est tout simple; Lyon a d'autres idées. C'est tme ville importante pour le commerce et l'industrie :

n'allez pas chercher plus loin son éloignement pour les arts libéraux. Lyon i^ peut pas plus avoir de peinture que de littérature ; elle peut avoir des journaux bien faits , une polémique utile , des savans , des hommes habiles à dessiner l'ornement , les fleurs et le papier peint : des peintres , des poètes , des gens de lettres , point. Il n'y a qu'un foyer pour les arts en France; c'est Paris. La faute n'en est pas à Paris , mais aux départemens qui s'enferment

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dans un positif desséchant ^ et ne donnent que le moins qu'ils peuvent à l'imagination. Aussi ^ quand un honune de province se sent une faculté d'art, il fiiit sa ville natale et vient à Paris ^ oii il trouve des intelligences ouvertes pour le comprendre^ des connaisseurs pour l'apprécier^ des âmes ardentes ou tendres pour se plaire à sa poésie ou à sa peinture ^ des gens riches et amateure pour l'encourager. Bonne^ fond ne restera pas à Lyon, ou U y végétera, y perdra son talent si courageusement acquis , et finira par y vieillir oublié. Il a cinq mille francs pour diriger l'école ; mais l'école est un non sens dans une ville qui a si long-temps adoré celle de M. Revoil, et qui, au fedt, n'a besoin que d'un proiGesseur de dessin appliqué à l'industrie manufacturière. Cas cinq. mille francs attachent le peintre à un emploi qui lui devient déjà onéreux. Voyez, cherchez partout, furetez dans ces vastes galeries, pas une toile au nom de Bonnefônd : voil^ donc dix-* huit mois de perdus , et après ceux-^là d'autres. H faut qu'il vienne ici plus tôt que plus tard , ou je crains pour lui. Il faut aussi que M. Guindrand, — vous voyez là un grand pay-

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3age de lui^ dont les devaos sont largement traités^ •*— il &nt qu'il quitte Lyon aussi. Jedirai la même chose à M. Biard , qui a £ait de grands progrès^ parce qu'il est sorti de Lyon pour aller étudier la nature, puissante de l'Orient. Â Paris ^ il perfectionnera son talent; peintre de genre spirituel , il apjirendra ici à proportion-^ ner sa toile à l'importance de ses sujets^ à renfermer dans une petite page , comme faisaient Bamboche et Témers^ ces épisodes burlesques de la yie des comédiens, amhulans^ qu'il a rendus avec une grande verve comique ; à ne pas donner au spectacle d'une mai-^ son de fpus^ l'Antiquaille de Lyon, un développement qui met en lumière sa fecilité et son esprit^ mais qui divise le drame; à agrandir au contraire certains sujets sans élargir la toile, en supprimant, par exemple, deux ou troia figures dans son tableau , d'ailleurs fort bien , du SemouBy afin que le danger paraisse d'au^ tant plus réel que l'isolement serait plus grand. Des avis ne lui auraiaoLt pas manqué ici pendant, son travail ; il était presque seul à Lyon , et il a Êdt épouser toutes ses idées à ses amis, M. Biard s'est très-bien placé cette année dana

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Topinion des artistes et des amateurs: on a remarqué la mérité de sia couleur dans seê scènes empruntées à l'Afrique y son dessin assez correct, ses groupes bien . agencés , son coloris simple dans son tableau de FÂntiquaille, la vivacité de son imagination , éveillée par Callot et le Roman comique de Scarron dans ses comédiens ambulans ; on le compte enfin parmi les hommes de talent qui ont tm avenir, s'ils veulent. M. Cornu, dont je parlais tout à l'heure , est auteur de tleux petits tableaux ; je n^en ai trouvé qu'un dans ce grand chaos numéroté : c'est le Repos du Moissonneur, lourd et gris, sans qualités saillantes comme sans défauts essentiels.

*^— Je vous demande à rire un peu avec cette jeune dame qui réfléchit gaîment aurles poésies qu'elle vient de lire .

— - Et moi, je vous demande la permission de ne pas regarder ce portrait maniéré et vulgaire tout à la fois, cette figure couperosée , tachetée , qui ne me donne pas l'envie de faire connaissance avec le talent de M. Vienot. Vous n'avez pas la moindre espérance de m'arrèter non plus devant les cinq grotesques peints par

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M. Derouge ; il est impossible de voir rien de plus laid qae les cinq £aces humaines inventées d'après nature par cet artiste. Ce quintuple portrait déparerait une loge de portier de la rue du ColcNtnbier.

— Un regard à ce vieillard assis, v^u du petit costumede pair.

*--' C'est un poiH^it fort estimable de M.

Vauchelet; il représente M, Rousseau, le doyen des maires de Pans , octogénaire encore ]^ein de vigueur.

— M. Vauchelet! l'auteur d'un certain Adam à la feuille de chou^ ! .

— Justement , il a lait cette année un tableau du genre familier que je vous recommande comme une jolie chose. L'expression en est touchante et l'e^t simple. C'est un drame intéressant , dans le goût de celui de Is^ pauvre famille de Prudhon , et bien exécutée. Trois figures : Une jeune fiUe sou£Ërante étendue dans sonlit ; sa sœur assise sur une chaise, où elle dort , après avoir passé la nuit auprès, de la malade; un en£ant, la troisième sœur sans doute, donnant sur les genoux de cette^ dernière.

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