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N» iM2. Yae du baptistaire de Pise.
Talent d'une douce température , naïf, exact, aligné, et qu'on dirait avoir été fait tout exprès pour le genre qu'il cultive.
M. Perrot a entrepris de peindre une suite nombreuse et déjà fort avancée de tous les monuments importants de Pise et de Flo^
renoe. Il est vrai de dire qu'il accomplit sa fiche plutôt en architecte et en érudit (ju en véritable peintre ; mais aussi queUe fidélité dans les détails , quelle précision dans les lignes, quel respect pour la forme. Ce n'est pas de la peinture qui séduit, mais c'est de la peinture qu'on ne peut s'empêcher d'estimer et à laquelle , toute modeste qu'eUe soit , nous nous reprocherions de ne pas donner un éloge. On ne saurait trop encourager, par le temps où nous vivons, tout ce qui est vérité et conscience.
N» 1595. Massacre de Nesle (1473).
II s'agit d'une espièglerie de Charles-le- Téméraire, duc de Bourgogne, qui, ayant pris d'assaut la ville de Nesle, en Picardie^ entra à cheval dans la cathédrale où femmeSy enfants et vieillards furent massacrés par ses soldats.
Beau sujet de tableau, ma foi! — £t pourtant je n'ai trouvé sous ce numéro
qu'une grande toile obscure dans un coin de laquelle reluit un beau dos de femme, bien blanc , bien encbair ; un peu plus loin que ce dos un énorme mannequin à cbeyal, bardé de fer, comme on en voyait jadis dans les salles d'armes des vieux châteaux ; au delà quelques formes indécises, puis du noir, de l'ombre et plus rien. — C'est beaucoup trop de toile pour un dos.
M. BCABIXJBAT.
N*" 1485. Les jardins d'Armide.
Paysagiste de la plus belle espérance. Son nom vient ici se placer à propos sous ma plume pour me fournir l'occasion de lui dire une vérité que je crois utile. M. MariUiat se détourne de la bonne voie , il se laisse égarer par la manière. Je le recou* nais encore dans ses beaux ciels si lumineux, dans ses premiers plans si savamment dessinés; pour tout le reste, il se perd; ses feuilles sont lourds et sans caractère , ses gazons sont crus , ses eaux ternes et boueuses, ses arbres ne tiennent pas à la
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terre, et tout cela pour <^uirir après je ne said quelle sévérité de fbrme et de coaletir qu'il espèce obtenir au moyen d'une mal* adresse préméditée. -^ Encore une fois, vous vous perdes, monsieur Marilhat; prenez-y gardé ! ce n'est pas par cette route que vous rejoindrez le Poussin.
Peintre Kollandais pur sang, si ce n'est par la chaire au moins par les instincts; ^talent appliqué, circonspect, laborieux, ne se détachant jamais d^une peinture qu'il ne la croie bien complète , capable comme Gérard Dow d'employer trois jours à terminer un mandie à balai. Son tableau d'un na\^ire de commerce rencontrant une escor dre est un vrai Backhuisen, il en a la touche recherchée et la teinte harmcmieuae. Sa f^ue de Saint-Pétersbourg rappelle encore les vues d'Amsterdam du même maître, et son Étude dun raisin ^ faite en Noruége, est un petit chef-d'œuvre qui vaut presqu'un Ruisdael. Mais que M. Tanneur se
tienne en gurde contre sa tendance à voir la nature par les yeux des maîtres anciens \ je lui conseille de se mettre plus souvent en communication directe avec elle ; son tal^at déjà si remarquaUe ne pourra qu'y gagner encore*
J'oubliais le Soleil couchant aprèa une tempéie. Il y a dans ee tableau je ne saia quelle apparence d'exagération qui me dit que M. Tanneur ne l'a fait que pour répondre à ceux qui, depuis son fisimeax dair de lune , prétendent que sa couleur n'a point assez d'éclat pour lutter avec une lumière plus vive et plus chaude. La réponse est bien près d'^re victorieuse ; mais est-oe que l'eiet ici ne serait pas fidbeté un peu dur ? Je soumets œtte ûmple question au sentiiMpi juAmen de l'artiste.
N» lolB. Parliait de feoMOS*
Belle et froide porcelaine , brillante et polie comme une glace, sans la plus petite touche apparente , sans la plus légère
aspérité. Voilà un portrait prédestiné a un immense succès de famille et de boudoir. La renommée n'aura point assez de trompettes pour publier les louanges d'un peintre ^i fait aux dames une peau aussi unie et des robes de satin aussi soignées. Et que voulez-vous que je fasse, moi, pauvre critique isolé , avec ma voix faible et enrouée contre toutes les trompettes de la renommée? J'aurai beau crier que ce n'est point là de la bonne et francbe peinture , on ne m'entendra pas. — Néanmoins, et pour le bon exemple et Tbonneur de lart, je proteste , de toutes les forces qui me restent , contre cet abus du fini et du léché :
Fais ce que tu dois, adi^ieruie que pourra.
Avez-vous quelquefois passé subitement d'un hiver, moscovite à un été des tropiques? voilà justement ce qui m'arrive dans ce moment-ci. M. Decamps est un homme qui ne peint qu'avec force p&te mêlée à un rayon de vrai soleO. La lumière
double 9 la lumière triple , la lumière poussée à la quatrième ou cinquième puissance, comme dirait un mathématicien, tel est lecaractère indélébile, la qualité par excellence des tableaux de M. Decamps. Il y aurait de quoi humilier notre pâle soleil d'avril, s'il avait un peu de vergogne. Je ne parle pas des autres mérites de ce grand artiste, comme le dessin , la couleur, l'esprit de composition, l'intelligence qui sait disposer une scène avec grandeur et simplicité; d'autres peintres peuvent l'égaler et même le surpasser en ces différents points, tandis que pour. la lumière, il n'a pas son pareil. On se chaufferait à son soleil , et ki seule vue de ses tableaux , un peu proloB«gée, serait capable de guérir un poitrinaire. Voilà un remède auquel les méde* cins n'ont pas encore songé. Quant aux moyens par lesquels le peintre arrive à cette chaleur de ton, j'avoue tout naïvement que je n'y comprends rien; je vois bien l'effet, je n'en saisis pas la cause. J'ai grand peur même qu'il n'y entre beaucoup de convention : belle convention , si vous vou-
tas; mais enfin de kr conventiim. Cette )M«itiire est copénite avec tant d^t et de ficienoe, les résultats en sont ai profcmdément calculés et préparés de longue msÂn , que l'observation sarvète avec Tœil à la superficie , sans pouvoir pénétrer plus avant. Ainsi, sous le.ri^por.t du technique, jedédave M^ Decampsun talent iadédiifirable, au moins pour moi, .^jusqu'à nouTd ordre.
Que vous dirais-je , ajurès cela , de chacune de ses œurres en particulier ? Penseadonc qu'il jefta onze au Salon. Je ne .poiiDrais que répéter toujours la même for-mule admirative : lumière hrillonte! lu»
mtèce radieuse l lumière.étiacelante! Vous parierais«jedu Jose|^ et de son ciel ébloinsstfnt , du Samson qui frappe si kvDkcet si dru sur ces enragés Philistins , du supplice des crochets et de ce beau mameluck à che»
val qui en occupe le premier plan, ou de ce ^ury de singes, appréciateurs de tableaux , admirable charge qu'on croirait peinte avec le meilleur pinceaM de Rembrandt? Tout ce que je pourrais vous en dire ne vaudra
jamais un seul coup d'œil que tqiIs polir** rez leur donner. Retournes Jes Toir, et ae vous lassez jamais* de «réjouir vos iregacds de cette splendide lumiâre que Fartiate à su y 'répandre , et que kii seul peut créor.
<— Magnifique , admirable , auperbe con'veniion!
N» 405..i»te dltalîe.
N» 404. tJn soir/ paysage.
On dit que M. Ciorot^dessine àmenreilie ) je 'le crois» bien qu'à cette égard sa couleur me masque une bonne partie deson^talent ; mais , du reste , apprenes que tout ce que possède 'M. Decàmps, des qualités «d'un grand peintre , manque à M. Corot. Vous savez maintenante quoi vous en tenir. Je
n'ai pas besoin d'en dire darantage.
M. 9mMM VUPWLÈ*
Nous 3Vfms de cet artiste sept tableaux de paysages d'une belle couleur , d'itti bon
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choix dans le site» mais traités dans un système tout particulier, et qui, s'il n'est pas le meilleur, a du moins le mérite de TorigiDalité. D'abord, M. Dupré ne fait jamais les terrains de ses premiers plans, il se contente d'y écouler les ordures de sa palette , et le hasard fait le resté. C'est là sou cachet , comme une espèce de signature au moyen de laquelle on peut le reconnaître à vingt pas. Quant aux ciels , aux arbres , aux fabriques, aux figures , il les peint et les touche de tdle sorte , que l'on croirait avoir devant soi une mosaïque de Florence. Voilà la manière assez neuve de M. Jules Dupré. Mais qu'en résulte-t-il ? de mauvais tableaux? non ; mais des tableaux où toutes les qualités qui font le grand peintre sont étrangement .faussées et exagérées. M. Jules Dupré est un homme qui » voulant arriver trop vite au but , a sauté pardessus sans s'en apercevoir , et qui court toujours.
Gourra-t-il longtemps encore, ou aura-t-il le bon sens de revenir sur ses pas? Voilà b question.